Infarctus : les médicaments qui augmentent les risques

Publié le 15 Mai 2019 par Pauline Capmas-Delarue, journaliste santé
Prendre des médicaments n’est jamais anodin : tous ont de possibles effets secondaires, plus ou moins sévères. Et certains pourtant courants et en vente libre s’avèrent dangereux pour votre cœur, s’ils sont pris dans les mauvaises conditions.
Publicité

Anti-inflammatoires (ibuprofène, diclofénac) : à utiliser ponctuellement

Infarctus : les médicaments qui augmentent les risques© Istock

Une étude publiée dans le British Medical Journal en juin 2005 suggère que la prise régulière d’anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS), tels que l'ibuprofène ou le diclofénac, pourrait augmenter le risque d’infarctus de 24 %. Depuis, l’Agence de santé américaine a demandé l’ajout d’une mention des risques cardiovasculaires sur les médicaments de cette classe, à titre préventif.

Publicité

A la même période, le Groupe européen de pharmacovigilance a engagé une évaluation des AINS. Néanmoins, celle-ci n’a pas pu mettre en évidence un sur-risque de maladies cardiaques dues à ces médicaments. L’Europe n’a donc pas modifié leurs autorisations de mise sur le marché.

Publicité

Le Dr. Gérald Roul, cardiologue et professeur au CHU Strasbourg, membre de la Société Française de Cardiologie et de l’Alliance du Coeur, rappelle que l’étude de 2005 était d’ordre observationnelle. “Le problème avec ces études d’observation, c’est qu’on ne maîtrise pas tout, et elle ne permettent pas d’établir un lien de cause à effet”. Les auteurs de ces travaux reconnaissent eux-mêmes de possibles “biais méthodologiques”.

“Néanmoins, l’utilisation des anti-inflammatoires doit être encadrée”, souligne le professeur Roul, qui déplore leur accès en vente libre. “Le lien entre ces médicaments et le risque d’infarctus est possible, en particulier chez les patients les plus fragiles. Mais il faudrait le vérifier par le biais d’une étude clinique spécifique. Et aucun laboratoire ne voudra investir des millions dans des recherches qui pourraient générer un retour sur investissement nul, voire surtout négatif”, ajoute-t-il.

Le cardiologue rappelle que “ces médicaments sont déjà interdits à l’emploi chez les insuffisants cardiaques”. Selon lui, “il faudrait supprimer la vente sans ordonnance des anti-inflammatoires, car ils sont dangereux”. Et mieux encadrer leur usage, avec “une utilisation très limitée dans le temps et en termes de dosage - ne serait-ce que pour ne pas abîmer ses reins”.

Une recommandation qui rejoint celle de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), qui souligne que “le traitement doit être administré à la posologie minimale efficace, sur la durée la plus courte possible” et “tenir compte des risques liés à [son] utilisation, notamment digestif”. En 2018, une nouvelle étude britannique, plus spécifiquement axée sur le diclofénac, montre que cette molécule augmente l’incidence des événements cardiaques majeurs de 50 %...

La rédaction vous recommande sur Amazon :
Recevez toute l'actualité chaque jour GRATUITEMENT !
X