Hydromorphone : cet opioïde augmente le risque d’endocardite

Selon une étude publiée le 28 janvier 2019 par l’Association médicale canadienne, l’hydromorphone, un puissant opioïde utilisé en cas d’échec ou d’intolérance à la morphine augmenterait les risques d’endocardite infectieuse, une maladie cardiaque grave.

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Le risque d’endocardite infectieuse (maladie rare mais grave liée à des bactéries qui touchent les valvules cardiaques) serait lié à une utilisation d’un opioïde : l’hydromorphone, démontre une étude canadienne publiée dans la revue de médecine de l’Association médicale canadienne le 28 janvier 2019. Cet opioïde s’injecte par voie intraveineuse, il est généralement utilisée lors de douleurs d’origines cancéreuses lorsque la morphine ne peut pas être prescrite.

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En 2011, le marché canadien, l’oxycodone, un autre opiacé, suite à de trop nombreuses prescriptions et des cas d’overdoses, de surdosages et d’infections. Il a donc été remplacé par l’hydromorphone. "L'hydromorphone représentait 16% de toutes les ordonnances d'opioïdes au début de la période d'observation en 2006 et 53% à la fin en 2015", explique les auteurs de l’étude. Les chercheurs otn alors soupsçonné un lien de cause à effet entre la hausse du risque accru d’endocardites infectieuses et l’augmentation des prescriptions d’hydromorphone.

Des ordonnances prescrites en trop grand nombre

Pour approfondir leur hypothèse les scientifiques ont recueilli des informations sur 60 529 admissions dans les hôpitaux et les services d'urgence de l’Ontario (Etats-Unis) entre 2006 et 2015. "La population étudiée inclue les patients âgés de 18 à 55 ans qui ont été hospitalisés au cours des 6 mois précédents et qui ont reçu un diagnostic d'abus d'opioïdes, de stimulants ou de médicaments combinés, ou d'infection par l'hépatite C" . Parmi les admis, 733 patients ont présenté des signes d'endocardite infectieuse liée à une utilisation abusive ou par traitement par voie intraveineuse. Même si le taux d’admissions de consommateurs d’opiacé est resté stable au cours de la période de l’étude, le risque d'endocardite infectieuse est passé de 13,4% à 35,1% des admissions tous les trois mois. Cette augmentation coïncidait parfaitement avec le nombre plus élevé d’ordonnance d’hydromorphone. "Bien que nos données montrent une association temporelle convaincante entre l'utilisation de l'hydromorphone et l'endocardite infectieuse, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour établir un lien de causalité", conclue l’étude.

Un des gros problèmes de santé publique

Le Monde a publié les 15 et 16 octobre 2018, une série d'articles mettant en exergue la fulgurante augmentation de la consommation d’opiacés par les français, devenue la première cause de décès par overdose en France.

Les chiffres ne font qu’augmenter d’années en années. En effet, la France a connu depuis 2004 une explosion de près de 88% de la consommation pour ce qu'on appelle les opioïdes forts et de +1950% pour l'oxycodone explique Le Monde. Même si les prescriptions sont plus encadrées en France, les antalgiques les plus puissants sont néanmoins classés comme stupéfiants.

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