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L'insuline : des risques de coma hypoglycémique

L’insuline est une hormone naturellement sécrétée par le pancréas. Elle permet au glucose (sucre) d’entrer dans les cellules du corps. Celles-ci utiliseront le glucose comme énergie ou le mettront en réserve pour une utilisation future.

Chez les personnes non diabétiques, l’insuline est sécrétée de façon continue. L’organisme produit alors la quantité nécessaire d’insuline en fonction de ses besoins et des aliments consommés.

L’injection d’insuline

Si vous êtes diabétique de type 1, vous devez vous injecter de l’insuline artificielle dès la découverte du diabète et si vous êtes diabétique de type 2, l'insulinothérapie devient nécessaire après une certaine évolution de la maladie (lorsque l'insuline n'est plus produite en quantité suffisante par le pancréas).

Pour y voir plus clair, on peut classer ces injections d’insuline en 4 catégories :

  • Les insulines rapides;
  • Les analogues lents;
  • Les insulines retard;
  • Les mélanges d’insulines.

Elles diffèrent en fonction de leur durée et rapidité d’action et sont prescrit sous différentes formes : injections (avec une seringue ou un stylo), pompe à insuline, ou encore appareil portable (ou plus rarement “implantable”) destiné à administrer l’insuline en continu.

L’intoxication sévère par l’insuline : des risques de coma

Bien que l'insuline permette à de nombreux patients de vivre normalement, un surdosage est vite arrivé. Et il n'est pas sans risque : il peut provoquer une hypoglycémie sévère, pouvant se prolonger et menacer le pronostic vital de la personne.

Anne-Christine Della Valle confirme ce risque : “l’insuline surdosée peut provoquer un coma hypoglycémique”.

Cette intoxication, très rare, peut être observée à tous les âges de la vie, du nourrisson à la personne âgée, sans oublier les femmes enceintes. Il s’agit le plus souvent d’intoxications accidentelles ou volontaires.

Les symptômes sont principalement neurologiques : coma agité, convulsions… mais des formes de manifestations psychiatriques ou cardiovasculaires peuvent apparaître plus tardivement. Un œdème cérébral et des troubles du rythme (tachycardie ventriculaire ou bradycardie) peuvent aussi apparaître.

C’est pourquoi il est important de surveiller l’apport glucosé des personnes prenant de l’insuline, sans quoi des risques de coma prolongé et des séquelles cérébrales invalidantes peuvent apparaître, surtout après une hypoglycémie prolongée (altérations des fonctions cognitives, troubles de la mémoire pouvant parfois prendre la forme d’un syndrome de Korsakoff, syndromes déficitaires moteurs, états végétatifs persistants...).

À noter : Si la glycémie est corrigée avant ces troubles, la récupération est généralement rapide et totale. Si l’hypoglycémie persiste, la récupération peut prendre plusieurs semaines. Les séquelles cérébrales invalidantes et le décès résultent surtout d’une correction tardive de l’hypoglycémie.

Le potassium : gare à l’arrêt cardiaque !

Le potassium : gare à l’arrêt cardiaque !© Istock

L'hyperkaliémie est une augmentation anormale de la concentration de potassium dans le sang (au-dessus de 5 mmol/L).

En fonction de son importance et de sa rapidité d’installation, "l’hyperkaliémie peut menacer la vie d’une personne en provoquant des troubles du rythme et de la conduction cardiaque susceptibles d’aboutir en l’absence de traitement à un arrêt cardiaque”, met en garde la praticienne.

En effet, le potassium est un élément essentiel dans le bon fonctionnement de l'organisme. Il permet la mise en action des nerfs et des muscles. Il joue donc un rôle essentiel dans la mise en mouvement du corps humain. De plus, le cœur étant un muscle, cette substance est également indispensable au bon fonctionnement de celui-ci.

Les causes d’hyperkaliémie

Les plus fréquemment rencontrées sont :

  • une destruction cellulaire : en particulier des cellules musculaires au cours de l’écrasement d’un membre mais aussi lors de la destruction d’une tumeur cancéreuse par chimiothérapie ;
  • une insuffisance rénale avancée ;
  • un effet secondaire de certains médicaments hyperkaliémiants (glucagon, certains diurétiques, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion plasmatique ou les inhibiteurs de l’angiotensine II, etc.) ;
  • une insuffisance surrénalienne (maladie d’Addison) ;
  • un déficit en insuline (diabète de type 1 en particulier) ;
  • une acidose.

En dehors de ces situations très particulières, il est quasiment impossible d’avoir une hyperkaliémie chez un sujet sain dont les reins fonctionnent normalement.

Les personnes âgées sont les plus vulnérables à l’hyperkaliémie car leurs reins fonctionnent moins bien et parce qu’elles prennent souvent de nombreux médicaments.

Par ailleurs, toute hyperkaliémie est une urgence thérapeutique car elle peut entraîner une crise cardiaque pouvant entraîner un coma, voire même la mort.

D’après les résultats des études de cohortes, on peut estimer que, dans les trois jours après l’admission d’un patient ayant subi une crise cardiaque, un tiers des patients vont décéder, 20 % vont se réveiller et environ la moitié d’entre eux restent comateux. Au bout de 3 jours après l’incident, la grande majorité des patients comateux ne reprendront pas conscience.

Les neuroleptiques : attention au surdosage !

Les neuroleptiques : attention au surdosage !© Istock

Les neuroleptiques sont des médicaments ayant pour but de diminuer la souffrance de la personne, d’améliorer son fonctionnement psychique du point de vue affectif, relationnel et social, et de diminuer le risque suicidaire.

On distingue deux grandes catégories de neuroleptiques : ceux dits de première génération ou classiques, et ceux dits de deuxième génération ou atypiques (souvent appelés "antipsychotiques").

Pour information, les antipsychotiques de première génération ont été développés dans les années 50 pour le traitement de la psychose (par exemple, la schizophrénie). Mais en raison de leurs effets indésirables mal tolérés et souvent irréversibles, la deuxième classe de neuroleptiques a été créée dans les années 1980.

Le problème ? “Les neuroleptiques peuvent provoquer un coma en cas de surdosage ou en cas de syndrome malin des neuroleptiques”, prévient la spécialiste.

Le syndrome malin des neuroleptiques

Chez les patients qui prennent des neuroleptiques, environ 0,02 à 3% va développer un syndrome malin des neuroleptiques. Les patients de tous âges peuvent être atteints.

Le syndrome s’installe progressivement dans les jours suivant l’ingestion d’un neuroleptique. Il se traduit par une altération de l'état mental, une rigidité musculaire, une hyperthermie grave (température au dessus de 39°c) et une hyperactivité neurovégétative qui se produit sous l'effet de certains neuroleptiques.

Cliniquement, le syndrome malin des neuroleptiques ressemble à une hyperthermie maligne.

L’intoxication médicamenteuse est l’une des causes principales de ce syndrome. Elle ne doit pas être prise à la légère car elle met en jeu le pronostic vital : 10 % des patients en décèdent.

Le syndrome malin des neuroleptiques peut également entraîner des troubles de la conscience et plonger le patient dans le coma.

Au niveau des séquelles, cet état végétatif peut laisser des traces (troubles de la vision, de l’audition, de la mémoire, lésions cérébrales, difficultés à parler…), mais il peut aussi il n'y en avoir aucune : cela dépend des cas.

Y-a-t-il des personnes "à risque" ?

Les sujets à risque sont les sujets âgés avec des troubles de la mémoire, les sujets psychotiques ou encore les enfants, lorsque ces médicaments (bétabloquants, neuroleptiques…) sont laissés à leur portée.

Les bétabloquants : une perte de connaissance ?

Les bétabloquants : une perte de connaissance ?© Istock

Les bêtabloquants sont des médicaments qui réduisent la charge de travail imposée au cœur. Ils réduisent ainsi la fréquence cardiaque et la pression artérielle. Si le cœur est affaibli, certains bêtabloquants peuvent le protéger et l’aider à se renforcer.

Ils sont utilisés pour traiter différentes affections :

  • Crises cardiaques ;
  • Angine de poitrine ;
  • Hypertension artérielle ;
  • Insuffisance cardiaque ;
  • Arythmies.

Certains bétabloquants peuvent également être utilisés en cas d'hyperthyroïdie, de migraines, de tremblements essentiels et/ou dans la prévention des hémorragies digestives par rupture de varices œsophagiennes.

Cependant, malgré leur efficacité, “ils peuvent faire baisser la tension artérielle et ralentir le rythme cardiaque de manière excessive. En cas de surdosage de ces médicaments, une perte de connaissance (coma) peut même avoir lieu”, met en garde le médecin Anne-Christine Della Valle.

Par ailleurs, les bêtabloquants peuvent entraîner d’autres effets indésirables :

  • Étourdissement, faiblesse, sensation d’être sur le point de s’évanouir ;
  • Un ralentissement trop important du rythme cardiaque (bradycardie) ;
  • Somnolence ou fatigue ;
  • Gonflement inhabituel des pieds et des chevilles ;
  • Respiration sifflante, difficultés à respirer ;
  • Dépression ;
  • Angoisses ;
  • Mains et pieds froids ;
  • Troubles sexuels.

Quelles interactions peuvent être nocives ?

On parle d’interaction médicamenteuse quand la prise de deux médicaments ou plus augmente ou diminue leurs effets, qu’il s’agisse de leur efficacité ou de leurs effets indésirables. Il peut aussi y avoir interaction entre un aliment et un médicament ou lors d’un arrêt d’un médicament.

Selon l’experte, “les neuroleptiques peuvent interagir avec tous les autres psychotropes et provoquer des potentialisations dangereuses”. Ce phénomène se traduit par des synergies médicamenteuses qui peuvent être supérieures à la somme des effets des deux médicaments.

C’est aussi le cas avec les bétabloquants : “S’ils sont associés à d'autres antihypertenseurs (comme les diurétiques) ils peuvent faire chuter la tension et ralentir le rythme cardiaque jusqu'à la perte de connaissance”, met en garde la généraliste.

Quelles mesures de prévention ?

“Il faut toujours penser à vérifier les ordonnances pour éviter les interactions médicamenteuses et à bien lire le dosage de son traitement”, souligne l’experte.

Du côté des personnes âgées, “une infirmière peut préparer en avance les médicaments pour éviter les erreurs de dosages, et faire de même pour les sujets atteints de troubles psychiatriques.”

Ne pratiquez pas non plus l’automédication, sous risque d’avoir de potentielles conséquences graves.

> Un expert santé à votre écoute !

Sources

Intoxication grave par l’insuline, Service de réanimation médicale et toxicologique, Assistance publique–Hôpitaux de Paris, hôpital Lariboisière, université Paris-VII, Inserm U705, 18 septembre 2006.

L'insuline : le traitement du diabète par l'insulinothérapie, Fédération française des diabétiques.

Bêtabloquants, Cœur et AVC.

Syndrome malin des neuroleptiques, Orphanet.

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