Eczéma : un nouveau médicament remboursé en France

Publié par S. Coucke-Haddad
le 08/04/2026
eczéma des mains
Istock
L’eczéma est une plaie, au sens propre comme au figuré. Avec des solutions thérapeutiques pas toujours satisfaisantes. L’arrivée de ce nouveau médicament, approuvé par l’Europe et remboursé par l’Assurance maladie, va soulager nombre de patients.

2,7 millions de Français souffrent d'eczéma chronique des mains, une pathologie cutanée inflammatoire qui bouleverse le quotidien professionnel et social des personnes atteintes. Alors que les thérapies classiques atteignent souvent leurs limites, l'arsenal thérapeutique s'enrichit d'une option très attendue. Cette avancée médicale offre une lueur d'espoir pour les malades en échec thérapeutique sévère.

Eczéma : le fardeau quotidien des patients

Près de 5 % de la population adulte est concernée par l’eczéma chronique des mains, majoritairement les femmes selon une étude parue en 2025 dans le British Journal of Dermatology. Un problème souvent lié à l’activité professionnelle qui a des répercussions directes sur le quotidien, sur l’image de soi évidemment, mais pas uniquement. Selon une étude parue dans la revue Dermatitis en 2018, 75 % des patients subissent des troubles du sommeil causés par les démangeaisons, tandis que la plupart expriment une gêne esthétique profonde.

L'impact professionnel est massif, représentant 80 % des dermatoses professionnelles. Les métiers exposés à l'humidité ou aux irritants, comme les coiffeurs, les boulangers ou les infirmiers, sont en première ligne. Face à cette situation, près d'un malade sur cinq se voit contraint de changer de profession définitivement.

Quel est ce nouveau médicament capable de soigner l’eczéma des mains ?

Retenez son nom : Anzupgo® . Ce nouveau traitement repose sur un principe actif inédit, le delgocitinib. Il s'agit de la toute première crème appartenant à la famille des inhibiteurs pan-JAK. Son action consiste à bloquer la voie de signalisation cellulaire responsable de l'inflammation cutanée.

Plus précisément, cette molécule cible simultanément quatre enzymes spécifiques pour freiner drastiquement la production de protéines inflammatoires. Indiqué en deuxième intention, ce médicament intervient lorsque les crèmes à base de cortisone ne suffisent plus pour apaiser les formes modérées à sévères de la maladie. “La mise à disposition du delgocitinib marque l’arrivée d’une nouvelle classe thérapeutique qui, dans son mécanisme même, bloque les voies inflammatoires impliquées dans l’ECM (eczéma chronique des mains, ndlr)”, s’enthousiasme le Dr Ziad Reguiai, dermatologue à la Polyclinique Courlancy-Bezannes (Reims) dans le communiqué de presse du laboratoire Leo Pharma France qui a développé le traitement.

Delgocitinib : une efficacité clinique confirmée

Les essais cliniques démontrent des résultats extrêmement prometteurs. Selon des recherches publiées dans The Lancet, près de 30 % des patients appliquant cette crème retrouvent une peau nette ou presque nette après seize semaines. L'évaluation s'est d'ailleurs basée sur des critères stricts exigeant des mains totalement lisses et sans rougeurs visibles.

Une autre phase de tests atteste d'une supériorité d'action face au traitement oral de référence. L'application locale offre l'avantage d'une absorption négligeable dans le sang, ce qui limite considérablement les effets secondaires graves. Les réactions indésirables rapportées se résument principalement à des affections bénignes comme de légers picotements locaux ou une rhinopharyngite.

Modalités de prescription et remboursement de l’Anzupgo® (delgocitinib)

Le remboursement à hauteur de 65 % par l’Assurance maladie est désormais acté, puisqu’il est paru au Journal Officiel en février dernier. Le prix reste toutefois élevé (tarif de base fixé à environ 548 euros le tube). Notez que la prescription initiale est strictement encadrée et réservée aux médecins spécialistes en dermatologie ou en allergologie.

Le protocole implique l'application d'une fine couche sur les lésions deux fois par jour. Le traitement doit être suspendu dès la disparition des symptômes, mais peut être repris en cas de nouvelles poussées. Selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé, le suivi médical impose une réévaluation stricte après douze semaines. En l'absence d'amélioration évidente au bout de cette période, l'utilisation de la crème doit être définitivement arrêtée.

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