Perte de parole de l’astronaute de l’ISS pendant 20 minutes : quand faut-il suspecter un AVC ?

Publié par S. Coucke-Haddad
le 02/04/2026
Michael Fincke, astronaute, qui a perdu la parole
abacapress
Crédit photo : SPUS/ABACA
Une perte de parole subite pendant 20 minutes, sans aucune raison apparente. Voilà ce qui a conduit en janvier dernier au retour prématuré de tout l’équipage de l’ISS sur Terre. Quelles peuvent être les causes de l’aphasie ? Est-ce nécessairement grave ?

L’affaire avait fait grand bruit il y a quelques semaines : en janvier dernier, l’équipage de la Station Spatiale Internationale (ISS) en orbite à 400 km au-dessus de notre planète avait dû rentrer prématurément sur Terre pour un problème médical qui était resté secret jusqu’ici. On en sait un peu plus aujourd’hui. 

C’est Michael Fincke, 59 ans, l’astronaute américain, qui a eu un pépin de santé pour le moins inattendu dans l’espace. Tellement inattendu que la NASA a préféré rapatrier tout le monde : il a subitement perdu l’usage de la parole. En terme médical, on parle d’aphasie. L’astronaute est revenu sur l’incident dans un entretien avec l’agence de presse Associated Press, le 27 mars dernier : “Mes coéquipiers ont tout de suite compris que j'étais en difficulté. En quelques secondes, tout le monde s'est mobilisé.” Sa perte de parole totale, assez spectaculaire, a duré vingt minutes environ alors qu’il était en train de partager le repas avec ses coéquipiers.

Une perte de parole totale pendant 20 minutes

Cet épisode est d'autant plus surprenant que l’astronaute était en excellente condition physique avant cet événement et que la parole lui est revenue comme elle était partie, aucun autre symptôme (étouffement, douleurs…) ayant été rapportés. Depuis, l’astronaute a passé toute une batterie d’examens et les médecins ont écarté l'hypothèse d'un AVC ou d’une crise cardiaque. Il n’empêche, une perte soudaine de la parole, même brève, masque souvent un Accident Ischémique Transitoire (AIT), un "mini-AVC" nécessitant une prise en charge immédiate pour éviter une attaque cérébrale majeure. En France, un accident vasculaire survient toutes les quatre minutes, reconnaître les premiers signes est essentiel car il faut agir vite. Un trouble inattendu du langage ne doit jamais être pris à la légère. Il représente fréquemment le dernier avertissement avant une atteinte cérébrale de plus grande ampleur.

L'aphasie soudaine : le signal d'alarme d'un cerveau en manque d'oxygène !

L'aphasie transitoire se définit comme une incapacité brutale à articuler ou à trouver ses mots, alors que le patient reste parfaitement conscient. Ce phénomène spectaculaire traduit une souffrance immédiate du cerveau, momentanément privé d'oxygène.

Les symptômes se manifestent souvent par un discours soudainement ralenti, l'utilisation d'un jargon incompréhensible, ou un mutisme complet pendant plusieurs minutes. Le piège majeur réside dans le caractère éphémère de ces signes. Leur disparition totale en moins de 24 heures ne signifie aucunement une guérison spontanée. Elle caractérise au contraire l'Accident Ischémique Transitoire (AIT), imposant une intervention médicale immédiate.

Perte de parole : il faut agir vite pour prévenir l'AVC définitif

Comme dit plus haut, l'AIT représente une véritable course contre la montre. Selon une étude publiée dans The Lancet Neurology, environ 5 % des patients victimes d'un AIT subissent un accident vasculaire majeur dans les 48 heures qui suivent l'événement. Le danger persiste néanmoins de façon prolongée et la vigilance s’impose dans tous les cas.

De récentes données publiées dans le Journal of the American Medical Association confirment en effet que le risque de récidive atteint près de 20 % sur dix ans, impliquant une part significative d'événements mortels. Le protocole d'urgence, soutenu par la Haute Autorité de Santé, est clair. Face à un trouble de la parole, contactez immédiatement le 15 ou le 112, même si les symptômes ont complètement disparu. Une prise en charge rapide autorise l'administration d'un traitement antiagrégant pour dissoudre tout potentiel nouveau caillot.

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