Ranimer un cerveau après sa mort, bientôt possible ?

Publié le 18 Avril 2019 par Morgane Garnier, Journaliste Santé
Des chercheurs américains ont réussi à ranimer partiellement les cerveaux de cochons abattus, quatre heures après leur mort. Une découverte qui pourrait faire avancer la recherche sur certaines pathologies comme la maladie d'Alzheimer et l'accident vasculaire cérébral (AVC), mais qui pose également des questions éthiques.
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Ranimer un cerveau après sa mort, bientôt possible ?

Sera-t-il bientôt possible de faire refonctionner le cerveau après la mort ? Les avancées de la recherche à ce propos permettraient de l'affirmer. Dans une étude publiée le 17 avril 2019 dans la revue Nature, des chercheurs américains rapportent qu'ils ont réussi à ranimer partiellement les cerveaux de cochons abattus, quatre heures après leur décès.

Une légère activité cérébrale retrouvée

Pour ce faire, les scientifiques ont collecté les cerveaux de 32 cochons tués dans un abattoir. Grâce à un système de perfusion, ils ont pu injecter pendant six heures dans ces organes du sang artificiel permettant de transporter de l'oxygène ainsi que des médicaments visant à ralentir ou inverser le processus de mort cellulaire.

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Résultats : une réduction de la mort des cellules cérébrales, des vaisseaux sanguins restaurés et une légère activité cérébrale retrouvée grâce à des synapses fonctionnels (qui permettent la communication entre les neurones). Les cerveaux ont également montré une réponse normale aux médicaments et utilisé la même quantité d'oxygène qu'un cerveau vivant.

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Contrairement à ce que l'on pensait, le processus de mort cellulaire est progressif

Les chercheurs tiennent toutefois à préciser qu'aucun signal indiquant un état de conscience - c'est-à-dire une activité électrique - n'a pu être observé à l'électroencéphalogramme, ce qui signifie que les cerveaux étaient toujours morts. Tout de même, ces résultats bouleversent l'idée selon laquelle la mort, en entraînant l'arrêt de la circulation du sang et de l'oxygène, mène à un déclin irréversible et soudain du cerveau : "Dans le cerveau, la mort cellulaire se fait dans un délai plus long que ce que nous pensions auparavant, explique le professeur Nenad Sestan, co-auteur de l'étude. Ce que nous avons montré, c'est que le processus de mort cellulaire est progressif, et que certains de ces processus peuvent être retardés, préservés ou même inversés."

Les chercheurs affirment que cette découverte pourrait permettre une meilleure étude de certaines pathologies comme la maladie d'Alzheimer, qui trouve son origine dans les neurones, ou encore de trouver de meilleurs moyens de protéger le cerveau après certains traumatismes comme un accident vasculaire cérébral (AVC).

Vers une nouvelle définition de la mort ?

Mais pour d'autres, ces expérimentations soulèvent des questions éthiques, notamment car elles pourraient changer la définition de la mort : les personnes en état de mort cérébrale, que l'on considère aujourd'hui comme décédées, seront-elles jugées vivantes demain ?

Pour le professeur Dominic Wilkinson, il est trop tôt pour poser ce genre de question puisque les scientifiques ne savent pas s'ils seront capables un jour de restaurer complètement la fonction cérébrale : "Pour le moment, la personne diagnostiquée en état de mort cérébrale ne peut pas se rétablir, la personne qu'elle était est partie pour toujours. Si, dans le futur, il est possible de restaurer le fonctionnement du cerveau après la mort, de ressusciter la personnalité et l'esprit d'une personne, cela aura, bien sûr, des conséquences importantes sur notre définition de la mort."

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