L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime à 50 millions le nombre de personnes victimes de démence dans le monde. “La démence est un syndrome caractérisé par une altération de la mémoire, du raisonnement, du comportement et de la capacité à effectuer les activités quotidiennes.”, explique l’organisme. Ce trouble cérébral se développe particulièrement avec l’âge, et environ 10 millions de nouveaux cas apparaissent chaque année.

Cette nouvelle étude, publiée au mois de février par une équipe de chercheurs allemands et suisses dans la revue Frontiers in Aging Neuroscience, dévoile des résultats prometteurs pour éviter les risques de démence.

En effet, les chercheurs savaient déjà que jouer d’un instrument de musique pouvait protéger de certaines pathologies. Dans cette étude, ils se sont intéressés à l’impact que l’apprentissage d’un instrument de musique pouvait avoir sur notre cerveau, même s’il est fait à un âge tardif.

Les résultats des scientifiques sont très prometteurs. Selon eux, apprendre le piano, même à partir de soixante ans, pourrait aider à protéger le tissu cérébral et les fonctions cognitives.

Démence : six mois de piano pourraient aider à réduire les risques

La recherche s’est penchée sur l’observation de 121 sextagénaires et septuagénaires, n’ayant jamais joué d’un instrument de musique. Ces personnes ont été séparées en deux catégories, et analysées pendant six mois.

La première était composée de 59 personnes. Les participants devaient suivre une heure de cours de piano par semaine et en pratiquer de manière individuelle chez eux tous les jours pendant une demi-heure. Les 62 personnes restantes avaient seulement des séances d’écoute de musique programmées pendant ces six mois.

Les chercheurs ont effectué des scanners cérébraux sur tous les participants, avant et après l’expérience, afin de mesurer la densité de la matière blanche et son évolution au fil de l’étude.

Apprentissage : les joueurs de piano ont une meilleure mémoire

Les résultats observés après une étude de seulement six mois étaient déjà prometteurs. Les chercheurs ont découvert que les élèves assidus au piano présentaient peu, voire pas du tout, de perte de densité de leur matière blanche. La substance blanche est un tissu cérébral essentiel au fonctionnement du cerveau, elle permet de transporter les messages entre les neurones. Avoir une bonne quantité de cette matière signifie donc un maintien de la fonction cognitive et une bonne mémoire.

Au contraire, les participants qui ont simplement écouté de la musique ont montré un déclin de leur matière blanche et un risque accru du développement des troubles de la mémoire et de la démence.

Des études supplémentaires seraient nécessaires afin d’éclaircir deux points d’après les chercheurs. D’abord, elles pourraient permettre de savoir si l’apprentissage doit obligatoirement être continu pour maintenir l’effet protecteur. De plus, comprendre mieux comment la pratique du piano améliore nos fonctions cognitives pourrait aider à prévenir ou retarder les maladies neurodégénératives, comme l’Alzheimer, qui représente 60 à 80% des cas de démence.

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Sources

https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fnagi.2022.817889/full

https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/dementia

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