Infarctus rénal : les symptômes à ne surtout pas laisser passer

Publié le 03 Juin 2019 par Emmanuelle Jung, journaliste santé
Validé par : Dr Frank Martinez, Néphrolgue au service de néphrologie et de transplantation rénale de l’hôpital Necker (Paris)
L’infarctus rénal est une pathologie rare, liée à des anomalies du système cardiovasculaire et des troubles de la coagulation du sang. Le rein, étant un organe "silencieux", les médecins passent parfois à côté de son infarctus. Pourtant ce type d'accident peut conduire à la perte de l'organe et à la dialyse. Voici donc les symptômes à ne surtout pas laisser passer.
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Infarctus rénal : les symptômes à ne surtout pas laisser passer© Istock

L’infarctus rénal correspond à une destruction partielle ou totale du parenchyme rénal, partie du tissu rénal qui filtre le sang et produit l’urine.

C’est l’occlusion d’une artère rénale, ou d’une de ses branches, qui va causer l’infarctus. Loin d’être sans conséquence, il peut être à l’origine d’hypertension sévère, d’insuffisance rénale, voire de perte complète de la fonction du rein concerné.

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En raison de l’absence de symptômes spécifiques, le diagnostic est parfois méconnu des médecins. Une autre pathologie abdominale (foie, intestin, pancréas, cœur) est alors souvent accusée, à tort.

Néanmoins, certains signes peuvent déceler l'infarctus rénal. Les patients "à risque" sont parfois identifiables. On fait donc le point avec le Dr Frank Martinez, néphrologue et médecin hospitalier du service de néphrologie et de transplantation rénale de l’hôpital Necker (Paris).

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Les signes révélateurs de l’infarctus rénal

"Comme le cœur, le rein est un organe pourvu d’une vascularisation essentiellement terminale, ce qui le rend à risque d’infarctus", explique le praticien. Et pour cause, les organes dont la vascularisation est dite terminale sont nourris par une seule artère.

Lorsque l’infarctus survient, la vascularisation du rein s’arrête brutalement. "Il va y avoir une nécrose du tissu, décris le Dr Martinez. Elle va provoquer trois symptômes, non constants".

"En premier, je cite la douleur lombaire causée par la nécrose. On évoque alors une colique néphrétique, mais il n’y a pas de calcul. La douleur peut être inconstante et, de ce fait, laisser penser à une douleur musculaire ou à une lombalgie provenant de la colonne vertébrale. Et c’est un des pièges".

Par ailleurs, l’hypertension peut aussi révéler un infarctus rénal. "L’hypertension très sévère peut être un facteur de risque d’infarctus rénal, mais ce dernier peut, par lui-même, déclencher ou aggraver une hypertension préexistante", estime le Dr Martinez. Et pour cause, le rein est l’organe qui régule la tension artérielle. "Lorsqu’il se trouve nécrosé, une poussée hypertensive peut survenir, estime le docteur. La tension et le rein étant très liés. Si ce n’est pas une hypertension qui cause l’infarctus en question, ce dernier peut la provoquer".

Enfin, la présence de sang dans les urines peut être signe d’un infarctus rénal. "Quand l’organe se nécrose, cela génère ce que l’on appelle une hématurie, précise le Dr Martinez. Nécrosé par l’infarctus, le tissu rénal saigne et s’infiltre dans la voie urinaire, ce qui explique la présence de sang". Mais à ce stade, l’infarctus a déjà eu lieu depuis un moment. Si ce symptôme apparaît, il est donc déjà trop tard. "C’est en partie pour cette raison qu’il est si difficile de prévenir et diagnostiquer un infarctus du rein. Lorsque survient le symptôme le plus explicite, le mal est déjà fait", déplore le spécialiste.

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