Greffe de rein : les traitements anti-rejet augmenteraient le risque de cancer de la peau

Publié le 28 Février 2019 par Morgane Garnier, Journaliste Santé

Les résultats d'une étude irlandaise révèlent que les personnes ayant subi plusieurs greffes de rein ont un risque accru de cancer de la peau par rapport à celles qui sont retournées en dyalise après un rejet, suggérant que les médicaments anti-rejet jouent un rôle dans cette association.

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Après un échec de transplantation rénale chez un patient, deux solutions peuvent être envisagées par les médecins : retenter une greffe ou le faire retourner en dialyse. Or, la première serait associée à un risque accru pour la personne malade de développer un cancer de la peau. C'est ce que suggère une étude irlandaise publiée le 6 février 2019 dans la revue JAMA Dermatology.

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Cancer de la peau : un taux 15 fois plus élevé chez les patients ayant reçu une première greffe de rein

Pour parvenir à ce constat, les chercheurs ont analysé les données de 3821 personnes, vivantes et décédées, ayant reçu une ou plusieurs greffes de rein entre 1994 et 2014. Parmi elles, 3215 avaient reçu une seule greffe, 522 une deuxième, et 84 trois greffes de rein ou plus. Il a ainsi pu être observé que le taux de cancer de la peau était 15 fois plus élevé chez les patients ayant reçu un premier greffon. En revanche, ce taux était réduit de moitié chez les patients dont la greffe a échoué et qui sont retournés en dialyse. Et chez ceux qui ont reçu une seconde greffe, il était au contraire environ 13 fois plus élevé.

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Echec de greffe : la surveillance du risque de cancer doit être continue

Des corrélations qui semblent incriminer les médicaments anti-rejet, puisque "les périodes de traitement avec une transplantation réussie étaient associées à une plus grande incidence de diagnostic de cancer de la peau que les périodes d'échec de greffe", indiquent les chercheurs. "Cela souligne le besoin d'une surveillance continue du risque de cancer pendant la période d'échec de transplantation rénale", ajoute le docteur Donal Sexton, directeur de l'étude.

Transplantation rénale : comment ça se passe ?

La Haute Autorité de Santé (HAS) explique que les patients potentiellement concernés sont ceux :

  • "avec une maladie rénale chronique (MRC) irréversible, évolutive de stade 4, pour lesquels les professionnels anticipent un besoin de suppléance ou un débit de filtration glomérulaire (DFG) < 20 ml/min/1,73 m² dans les 12 à 18 prochains mois ;
  • avec une MRC de stade 5, DFG < 15 ml/min/1,73 m², dialysés ou non."

La greffe de rein peut être réalisée à partir d'un donneur vivant ou décédé. L'opération dure généralement entre deux et trois heures. "Le rein est placé dans la fosse iliaque au bas de l’abdomen, à droite ou à gauche, indépendamment du rein (droit ou gauche) prélevé, précise le centre de transplantation d'organes du centre hospitalier universitaire Vaudois. On connecte les vaisseaux sanguins principaux du rein greffé à la veine et à l’artère iliaques externes du receveur. On reconnecte également l’uretère du rein greffé à la vessie du receveur." Le patient restera hospitalisé entre 7 et 14 jours, "jusqu'à l'obtention d'un bon fonctionnement de sa greffe rénale".

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