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Un besoin fréquent d'uriner la nuit

"Quand les reins ne fonctionnent pas bien, ils ne concentrent plus les urines. Elles sont alors très diluées, pâles comme de l’eau et plus fréquentes", indique le Dr Brigitte Lantz, néphrologue à l’hôpital Necker (Paris) et secrétaire générale de la Fondation du Rein.

Ce trouble se nomme la polyurie (un volume d’urines plus important et un besoin plus fréquent d’uriner). "Cela se remarque surtout la nuit, quand le patient se lève pour uriner". La polyurie persiste même si on réduit l'apport en liquides. Elle accroît aussi la soif. C'est un symptôme d’insuffisance rénale.

Uriner plus souvent des grandes quantité : un signe d'insuffisance rénale

Néanmoins attention. "Il y a souvent une confusion entre la polyurie et pollakiurie, explique de son côté le Dr Sèbe, chef du service de chirurgie urologique du groupe hospitalier Diaconesses Croix Saint Simon. La pollakiurie se caractérise par le besoin d'uriner plus souvent, ce qui est fréquent avec le vieillissement".

En effet, quand un patient atteint 60 ans, le muscle aura tendance à plus travailler sur des petits volumes d'urine. "Les patients vont donc uriner plus souvent, mais à chaque fois des petits volumes d'urine, ajoute l'urologue. Pour un homme de 60 ans, les envies fréquentes d'uriner la nuit sont bien plus souvent liées à des problèmes de vieillissement et de prostate qu’à une d’insuffisance rénale".

Or, à l'inverse, si le patient urine plus souvent des quantités importantes, c'est un signe d'insuffisance rénale. "Lorsque les reins fonctionnent normalement, ils réabsorbent une partie de l'urine qu'ils fabriquent, détaille le chef de service. Si le ou les reins sont défaillants, ils ne pourront plus absorber l'urine. Ce qui explique le besoin d'uriner souvent, et surtout, les grandes quantités d'urine". En clair, si vous levez fréquemment pour libérer de grandes quantités d'urine, c'est le signe d'une insuffisance ou maladie rénale, comme la polyurie.

Polyurie ou pollakiurie : le moyen pour être fixé

"Ce qui permet de faire la différence entre les deux va être ce qu'on appelle le catalogue mictionnel, décrit le Dr Sèbe. On va demander aux patients d'acheter un verre mesureur pour l'urine. Il va s'agir de noter l’heure et la quantité d’urine à chaque fois. C’est de cette façon que l'on va comprendre si le patient est atteint de polyurie ou de pollakiurie [en fonction de la quantité d'urine libérée à chaque fois, ndlr].

Ne négligez pas une fatigue persistante

"La fatigue peut être liée à de nombreuses maladies, et notamment les reins, estime le Dr Sèbe. Ces derniers ont pour fonction de produire l’urine, mais ils ont aussi une fonction dans la régulation de la tension artérielle et vont jouer dans la production de globules rouges [servent à transporter l'oxygène dans le sang, ndlr]. L'insuffisance rénale, si elle survient, va impacter toutes les fonctions du rein".

La tension mal régulée et l'anémie sont donc des signes que les reins souffrent. Tout cela va jouer sur la fatigue. Un des signes d’insuffisance rénale : l’anémie, qui va être causée par un défaut de fabrication des globules rouges.

Un état d'anémie : fatigue et essoufflement

L'anémie se manifeste par une diminution de la qualité ou de la quantité des globules rouges. Cet état va provoquer une importante fatigue, une tendance à l'essoufflement et des étourdissements. Une fatigue persistante peut donc être un signe de dysfonctionnement rénal.

Une autre raison peut expliquer l'état de fatigue lors d'un problème rénal. Quand les reins ne parviennent plus à éliminer les déchets azotés issus de la digestion des aliments, ceux-ci s’accumulent dans le sang, qui s’acidifie. Cela fatigue l’organisme.

Un autre signe d’alerte à surveiller : une sensation de faiblesse généralisée, associé à une pâleur.

Vous n'avez plus envie de manger de viande

Un dégoût pour les viandes qui entraînent une perte d'appétit et un amaigrissement doit aussi vous alerter.

"Les patients qui ont des anémies subissent souvent une modification du goût, confirme le Dr Sèbe. Ce n'est pas vraiment lié à l’insuffisance rénale, mais aux désordres engendrés par cette maladie".

Paupières, chevilles, pieds : attention aux gonflements

Un œdème des paupières, des chevilles et/ou des pieds peut être un signe de dysfonctionnement rénal. Lorsque les reins fonctionnent bien, ils participent à un équilibre qui maintient de manière constante les quantités de sérum (eau plasmatique) dans le sang et les tissus.

Si l'eau n'est plus éliminée, vous gonflez de partout !

S'il y a dysfonctionnement, les reins laissent passer des protéines du sang dans les urines. Cela crée un déséquilibre et le sérum qui se trouvait dans le sang a tendance à passer dans les tissus environnants, provoquant des œdèmes.

"Quand les reins ne fabriquent plus d’urine, l’eau n’est plus éliminée, donc indéniablement, vous gonflez de partout, ajoute le Dr Sèbe. Cela peut impliquer une prise de poids et une hausse de la tension. Puisque l’eau infiltre les vaisseaux".

Une astuce pour repérer ce type d'œdème : quand vous appuyez dessus, l’empreinte de votre doigt va rester pendant quelques minutes.

La néphropathie en cause

"Le gonflement des paupières le matin, un œdème des chevilles et des pieds le soir sont des signes de néphropathie (maladie rénale)", explique le Dr Lantz. Cela peut s’accompagner d’une prise de poids et d’une hypertension artérielle.

C'est une complication qui survient au niveau des reins et qui touche jusqu'à 50% des personnes diabétiques au cours de leur vie.

Consultez votre médecin traitant pour une recherche urinaire de protéines et un bilan sanguin pour mesurer le taux de créatinine, d’urée et d’albumine.

Démangeaisons, crampes : des signes plus avancés

Quand l’insuffisance rénale est avancée, des démangeaisons et des crampespeuvent se manifester. Elles sont dues respectivement à une rétention du phosphore et du potassium dans le sang qui ne sont plus éliminés normalement par les reins.

Signes d’alerte : Des démangeaisons sur l'ensemble du corps, voire des éruptions cutanées. Et/ou des crampes notamment au niveau des jambes et des bras.

"Les désordres sont majeurs dans ce cas. Le stade est très avancé, met en garde la Dr Sèbe".

Insuffisance rénale chronique : êtes-vous à risque ?

"Les personnes touchées peuvent rester en bonne santé apparente avec des reins fonctionnant à moitié de leur capacité. Un tiers des insuffisances rénales n'est traité qu'au moment où le traitement de suppléance par dialyse s'impose d'urgence", prévient le Dr Brigitte Lantz.

Les personnes à risque

  • Les personnes diabétiques et hypertendues. Ces deux maladies détruisent les reins.
  • Les plus de 60 ans : 30% des individus ont perdu à cet âge au moins le tiers de leur fonction rénale par le vieillissement du rein.
  • Les personnes atteintes d'une maladie rénale génétique, de pyélonéphrites à répétition (infection des reins à partir d’une infection urinaire), d’obstacle urinaire (malformation urinaire, calculs rénaux,
    tumeurs de la vessie ou de la prostate…)

Attention : La prise de certains médicaments (Advil®, Nurofen®...) peut être nocive pour la fonction rénale. "Les anti-inflammatoires vont réduire le débit rénal, en réduisant le sang qui arrive dans les reins, indique le Dr Sèbe. Ils peuvent accentuer l'insuffisance rénale".

> Un expert santé à votre écoute !

Sources

Merci au Dr Sèbe, Chef du service de chirurgie urologique du groupe hospitalier Diaconesses Croix Saint Simon

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