Colite ulcéreuse, ischémique... que faire pour soulager une crise de colite ?

Certifié par nos experts médicaux MedisiteLa colite est une inflammation du côlon qui peut avoir de nombreuses causes. Tour d’horizon des symptômes et des traitements possibles pour soigner une colite ulcéreuse, infectieuse ou encore ischémique.
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Définition

La colite se caractérise par une inflammation de la paroi d’une partie du gros intestin : le côlon. Elle traduit une hyperactivité du système immunitaire de cette partie du corps et se manifeste par des symptômes tels que des douleurs abdominales ou des diarrhées.

Pour autant, "il peut y avoir des situations où ces symptômes digestifs se manifestent, mais sans inflammation du côlon, comme c’est le cas dans le syndrome de l’intestin irritable (aussi appelé colite spasmodique)", prévient le Pr David Laharie, gastro-entérologue au CHU de Bordeaux. Mais s’il n’y a pas de lésion de la muqueuse, on ne peut pas employer le terme de colite.

Plusieurs causes peuvent être à l’origine d'un colite. On distingue la colite aiguë de la colite chronique.

Photo : illustration du côlon humain

Photo : illustration du côlon humain© Istock

Chiffres

La colite est un motif fréquent de consultation chez le gastro-entérologue, mais son incidence (nombre de nouveaux cas d'une pathologie pendant une période donnée) n’est pas connue. En effet, cette terminologie regroupe des causes très différentes : infections intestinales et maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), causes plus rares.

Le Clostridium difficile, un agent infectieux à l’origine de la colite aiguë (colite pseudomembraneuse) "est responsable de 15 à 25 % des diarrhées associées aux antibiotiques", estime une étude publiée dans la revue médicale Elsevier Masson. L’Institut National de la Santé et de la Recherche (INSERM) explique que les taux les plus importants de MICI sont enregistrés dans les pays industrialisés. "En France, où la prévalence (Ndlr : nombre de cas d'une maladie dans une population à un moment donné), est stable ces dernières années, environ 5 nouveaux cas de maladie de Crohn et autant de rectocolites hémorragiques (aussi appelées colites ulcéreuses) sont diagnostiqués chaque année pour 100 000 habitants", détaille l’établissement sur son site.

Symptômes

Peu importe la cause de la colite et qu’elle soit aiguë ou chronique, les symptômes sont souvent similaires. "Ils se manifestent par des douleurs abdominales, les selles deviennent liquides contenant parfois du sang et des glaires", décrit le Pr Laharie, Gastroentérologue et Hépatologue. La personne atteinte peut aussi perdre du poids, avoir de la fièvre et être très fatiguée. Globalement, son état général s’altère. 

Causes

"Il peut y avoir plusieurs causes et chaque situation est un peu particulière, explique le médecin gastroentérologue. Les colites les plus fréquentes sont les colites infectieuses et les colites inflammatoires." Dans le détail :

  • La colite infectieuse : un virus, une bactérie ou un parasite peuvent être à l’origine de l’inflammation aiguë du côlon. La colite pseudomembraneuse en fait partie. Celle-ci fait suite à la prise d’un antibiotique pour éliminer la bactérie Clostridium difficile.
  • Les colites inflammatoires : elles regroupent la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique (colite ulcéreuse) qui évoluent par poussées inflammatoires. Leur fréquence et leur durée varient avec des phases de rémission. Elles justifient des traitements sur le long cours. Prédisposition génétique, pollution, alimentation… leur origine n’est pas clairement définie.
  • La colite vasculaire : certaines colites se manifestent chez des personnes qui présentent des troubles vasculaires. C’est le cas de la colite ischémique qui se traduit par une interruption du flux sanguin dans les artères qui irriguent le gros intestin. Elle touche principalement les personnes âgées de plus de 60 ans.

La colite spasmodique est-elle une colite comme une autre ?

La réponse du Pr Laharie,  Gastroentérologue,  Hépatologue :

La colite spasmodique, mieux connue sous le nom de "syndrome de l’intestin irritable" ou colopathie fonctionnelle, est davantage un trouble de l’intestin bénin qu’une colite, car il n’y a pas d’inflammation du côlon. Les symptômes altèrent la qualité de vie du patient, mais sont sans gravité.

Facteurs de risques

La prise de médicaments tels que des antibiotiques ou des laxatifs peuvent favoriser l’apparition d’une colite aiguë. Des facteurs environnementaux (pollution, tabagisme) et génétiques sont suspectés de causer des colites inflammatoires. L’alimentation est aussi souvent pointée comme un facteur de risque, mais rien n’a été prouvé scientifiquement.

Photo : photomicrographie d'une colite

Photo : photomicrographie d'une colite© Creative Commons

Crédit : Nephron — Travail personnel © CC - Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/

Personnes à risque

Les personnes touchées par une maladie infectieuse, vasculaire ou auto-immune sont davantage à risque de développer une colite.

Durée

Les colites aiguës, si elles sont traitées, peuvent durer quelques jours. Les colites inflammatoires se caractérisent par leur chronicité alternant des poussées avec des phases avec des phases de rémission.

Contagion

Mis à part la colite infectieuse qui se transmet par un virus, une bactérie ou un parasite, les autres types de colites ne sont pas contagieux.

Qui, quand consulter ?

"Il faut consulter un médecin quand les symptômes (douleurs abdominales, diarrhée) durent plusieurs jours, et notamment quand ils sont associés à de la fièvre et/ou lorsque l’on constate la présence de sang dans les selles", recommande notre spécialiste. Les personnes qui prennent des médicaments immunosuppresseurs, suivent une chimiothérapie ou ont des antécédents de maladies graves doivent également être vigilantes.

Complications

Lorsque l’inflammation du côlon est maximale, il se dilate et risque de se perforer. "Le mégacôlon toxique" est, par exemple, la complication la plus grave de la colite ulcéreuse. Le pronostic vital peut être engagé. Une prise en charge spécialisée en urgence est alors indispensable et peut conduire à une intervention chirurgicale en urgence. Ces cas sont cependant rares.

Examens et analyses

Le premier examen repose sur l’évaluation des symptômes du patient. "Le médecin peut prescrire une analyse de selles pour vérifier la présence de microbe, détaille le gastro-entérologue. Et si les symptômes persistent, il faut aller regarder dans l’intestin." Cela passe par les examens d’imagerie (échographie) et surtout endoscopiques (coloscopie) permettant de prélever des biopsies de la muqueuse du côlon.

Traitements

"Le traitement dépend de la cause de la colite, souligne le Pr Laharie. Des antibiotiques peuvent être prescrits pour traiter une colite infectieuse." L’intestin peut aussi être mis au repos quelque temps, les nutriments nécessaires sont alors administrés par voie intraveineuse. Les médicaments anti-inflammatoires aident les patients touchés par la maladie de Crohn ou la colite ulcéreuse en prévenant les poussées et en prolongeant les phases de rémission. Les corticoïdes sont en revanche de moins en moins utilisés à cause de leurs effets secondaires. "Dans certains cas, une opération peut s’avérer nécessaire pour retirer le segment du tube digestif le plus atteint", ajoute le gastro-entérologue.

Prévention

Là encore, les mesures de prévention varient et ne seront pas les mêmes pour une colite pseudomembraneuse que pour une colite ischémique.

  • Respecter les règles d’hygiène, comme se laver les mains régulièrement ou tousser dans le creux de son coude limite la transmission des virus qui peuvent être à l’origine d’une colite infectieuse.
  • Limiter la consommation de tabac et/ou d’alcool, qui favorisent les maladies cardio-vasculaires, et peuvent aussi être à l’origine d’une colite ischémique.

Que manger en cas de colite ?

La réponse du Pr Laharie, 

Gastroentérologue, Hépatologue :

"Les aliments riches en fibres ne déclenchent pas l’inflammation de l’intestin. En revanche, ils peuvent accentuer les symptômes digestifs tels que les douleurs abdominales, les diarrhées ou les ballonnements. En phase d’accalmie, un régime équilibré permet d’éviter les carences" 

Sites d’informations et associations

Société Nationale Française de Gastro-entérologie : www.snfge.org

La fondation A.R.CA.D (Aide et Recherche en Cancérologie Digestive) : https://www.fondationarcad.org/

Source(s):

Maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), INSERM (consulté le 12 décembre 2019) : https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/maladies-inflammatoires-chroniques-intestin-mici

Colites aiguës infectieuses graves, Severe acute infectious colitis, P. Gouin∗, B. Veber, Elsevier Masson (consulté le 12 décembre 2019) : https://www.srlf.org/wp-content/uploads/2015/11/0805-Reanimation-Vol17-N3-p197_205.pdf