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Yuri Hayashi, 51 ans, souhaitait-elle mourir avant l'heure ? D'après l'affaire qui agite le Japon actuellement, il semblerait que oui.

Lundi 27 juillet, la police a révélé que les praticiens qui l'ont aidé à mourir avaient reçu 1,3 million de yens (environ 10 500 euros) en échange de ce service "mortel".

Un sédatif retrouvé dans le corps de la femme décédée

Comment Yuri Hayashi est-elle morte ? Dans cette affaire, tout laisse à croire que cette femme d'origine japonaise en aurait eu assez de souffrir - et aurait choisi volontairement de mourir, grâce à l'aide de deux médecins.

Ils sont accusés de lui avoir injecté un puissant sédatif.

D'après les premiers éléments de l’enquête, c'est elle qui aurait contacté le duo de praticiens via les réseaux sociaux et les groupes de promotion de l’euthanasie.

Atteinte de la maladie de Charcot depuis 2011, celle-ci aurait annoncé, un matin de novembre (2019), que deux "connaissances" allaient lui rendre visite. Son aide-soignante en avait même été informée.

Les médecins sont restés chez elle "environ cinq à dix minutes". Peu après leur départ, la femme a été retrouvée inconsciente à son domicile.

Rapidement transférée à l’hôpital, elle y est décédée peu après. D'après les premiers résultats, des sédatifs barbituriques ont été retrouvés dans sa sonde gastrique, un appareil utilisé pour emmener la nourriture directement dans l'estomac.

Or, ils sont accusés d'engendrer de nombreux effets secondaires, notamment de causer des problèmes de respiration et d'entraîner la mort, s'il est injecté à forte dose.

D'après le magazine Généthique, ce produit "est souvent conseillé par les groupes pro-euthanasie" en Europe et aux États-Unis.

Depuis cette découverte, les médecins ont été accusés de meurtre. Ils ont été arrêtés le 23 juillet dernier.

Qui sont les deux médecins accusés de meurtre ?

Le premier médecin, Yoshikazu Okubo, 42 ans, dirige une clinique à Natori.

Naoki Yamamoto, le second praticien est quant à lui âgé de 43 ans. Il est médecin généraliste à Tokyo.

Aucun des deux n’était son médecin traitant. La femme aurait fait un virement de plus d’1 million de Yens (plus de 8000 €) sur le compte bancaire du Dr Yamamoto.

Le père de la jeune femme n'accepte pas sa mort

Le père de la femme décédée, Kazuo Hayashi se dit très "surpris" d'avoir appris que "les docteurs avaient agi contre de l’argent".

D'après les propos rapportés par Le Monde, il ne savait pas que sa fille "souhaitait mourir".

"Je l’aurais empêchée si j’avais su. Un parent ne donnerait jamais son consentement pour cela", déplore-t-il.

Yasuhiko Funago, homme politique japonais âgé de 62 ans (c'est aussi le premier patient ayant cette maladie à remporter une élection nationale au Japon, ndlr) a vu dans cette euthanasie un choc pour les personnes "atteintes de maladies incurables mais qui veulent continuer à vivre".

Ayant souhaité mourir au début de sa maladie, il a finalement choisi de combattre ses symptômes.

Il a notamment déclaré dans un communiqué que "la chose la plus importante est de créer une société qui protège le "droit de vivre" plutôt que le "droit à mourir".

Euthanasie en France : les modalités à connaître

Euthanasie en France : les modalités à connaître

Le débat sur le "droit à mourir" avance en France. Il n'est toutefois pas encore légalisé, à l'inverse de nos voisins européens comme la Belgique ou la Suisse.

En revanche, de nouveaux droits en faveur des personnes malades et des personnes en fin de vie ont été accordés, grâce à la loi du 2 février 2016, dite "Loi Claeys-Léonetti".

Celle-ci complète la Loi Léonetti du 22 avril 2005 et apporte de nombreuses précisions relatives au cadre juridique applicable à l'euthanasie et à la fin de vie.

Ainsi, d'après l'article L. 1110-5-1, du code de la santé publique :

  • Les actes médicaux ne doivent pas être mis en œuvre ou poursuivis lorsqu'ils résultent d'une obstination déraisonnable.
  • Lorsqu'ils apparaissent inutiles, disproportionnés ou lorsqu'ils n'ont d'autre effet que le seul maintien artificiel de la vie, ils peuvent être suspendus ou ne pas être entrepris, conformément à la volonté du patient et, si ce dernier est hors d'état d'exprimer sa volonté, à l'issue d'une procédure collégiale définie par voie réglementaire.
  • La nutrition et l'hydratation artificielles constituent des traitements qui peuvent être arrêtés lorsqu'ils résultent d'une obstination déraisonnable.

Cette loi instaure également un droit à la sédation profonde et continue jusqu'au décès.

Elle permet de mieux répondre à la demande à mourir dans la dignité par une meilleure prise en charge de la souffrance.

Enfin, elle accorde plus d'importance à la volonté du patient dans le processus décisionnel et en particulier à ses "volontés précédemment exprimées".

Maladie de Charcot : une maladie incurable entraînant une paralysie des membres

Maladie de Charcot : une maladie incurable entraînant une paralysie des membres

La maladie de Charcot (ou Sclérose latérale amyotrophique) est une maladie neurodégénérative.

Elle entraîne une dégénérescence, c’est-à-dire une mort cellulaire des motoneurones, les cellules nerveuses qui dirigent les muscles volontaires.

Deux types de motoneurones sont atteints et sont situés à des niveaux différents du système nerveux : les motoneurones "centraux" et les motoneurones "périphériques" :

  • Les motoneurones centraux : ils partent du cortex moteur cérébral (région spécialisée dans la motricité et se dirigent vers le tronc cérébral et à la moelle épinière. Ils transmettent l’information permettant d’exécuter un ordre moteur.
  • Les motoneurones périphériques : situés dans le tronc cérébral et la moelle épinière, ils assurent le relais entre les motoneurones centraux et les muscles à qui ils transmettent l’ordre d’effectuer le mouvement.

La sclérose latérale amyotrophique est la forme la plus fréquente de maladie des motoneurones.

Maladie de Charcot : les symptômes à reconnaître

Chez la majorité des patients, la maladie se manifeste d'abord par une faiblesse musculaire au niveau des pieds (appelé "pied tombant", ndlr) et des mains, suivie d'une atrophie et d'une paralysie.

La faiblesse s'accompagne de crampes et de spasmes musculaires, souvent au niveau des bras et des épaules.

Une perte de poids, une fonte musculaire, une raideur, une sensation anormale de fatigue, des difficultés à articuler certains mots et à déglutir peuvent aussi survenir.

À noter : il existe deux formes de la maladie, la forme bulbaire et la forme spinale (qui touche environ 2/3 des patients).

Ces deux formes peuvent se succéder ou se développer simultanément, mais dans la grande majorité des cas, 1 à 2 ans après, la maladie progresse vers une forme complète.

Dans tous les cas, cette maladie conduit au décès dans les 3 à 5 ans qui suivent le diagnostic.

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Sources

Deux médecins japonais arrêtés pour l’euthanasie d’une patiente, Généthique, 27 juillet 2020.

L’euthanasie d’une malade incurable relance un débat national au Japon, Le Monde, 28 juillet 2020.

Sedative found in body of Kyoto ALS patient who sought medically assisted suicide, The Japan Times.

Loi fin de vie du 2 février 2016, Ministère des Solidarités et de la Santé, 2 décembre 2016.

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