L’ANSM préconise l’arrêt en vente libre de certains médicaments contre les maux de gorge

Les médicaments à base d’alpha-amylase, comme le Maxilase, comportent des risques de réactions allergiques sévères. L’Agence nationale du médicament ne souhaite donc plus qu’ils soient présentés en libre accès dans les pharmacies.

Les médicaments à base d’alpha-amylase, responsables de graves allergies

Le jeudi 28 novembre, L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a annoncé vouloir faire retirer de la vente libre les médicaments à base d’alpha-amylase (Maxilase Maux de gorge Alpha-Amylase, Alfa-amylase Biogaran conseil et Alfa-amylase Top Pharm).

Actuellement disponibles sans ordonnance, ces médicaments sont indiqués comme traitement d’appoint dans les maux de gorge peu intenses et sans fièvre. Ils se présentent sous forme de sirop ou de comprimés et peuvent provoquer de graves réactions allergiques, bien qu’elles restent rares.

Il s’agit essentiellement d’atteintes cutanées (urticaire, démangeaisons …) mais aussi très rarement d’effets allergiques graves, pouvant se manifester par une chute de tension, des difficultés respiratoires seules ou associées à un gonflement de la face (chocs anaphylactiques).

C’est pourquoi, l’ANSM souhaite renforcer l’information des patients en retirant ces médicaments de la liste de médicaments de médication officinale : ils seraient donc disponibles sans ordonnance mais uniquement sur demande au pharmacien, qui délivrera tous les conseils nécessaires.

En cas de signes évocateurs d’allergie, le médicament doit tout de suite être arrêté et le patient doit consulter rapidement un médecin. N’utilisez également jamais un médicament à base d’alpha-amylase si vous avez déjà présenté une réaction allergique à l’un de ces médicaments.

Par ailleurs, l’utilisation de ces médicaments est limitée à 5 jours. En cas de persistance ou d’aggravation des symptômes, consultez un médecin.

L’ANSM délivre aussi plusieurs conseils aux professionnels de la santé.

Ils doivent informer les patients du risque de réactions d’hypersensibilité (notamment de réactions et de chocs anaphylactiques), vérifier auprès des patients l’absence d’antécédents d’hypersensibilité à la substance active ou à l’un des excipients, et enfin informer les patients de la nécessité d’arrêter le traitement et de consulter très rapidement un médecin en cas de signes d’allergie.

L’allergie médicamenteuse

Les allergies aux médicaments restent assez mal connues. Les études qui leur ont été consacrées sont peu nombreuses et les réactions allergiques sont parfois difficiles à différencier d'autres effets secondaires.

Pourtant, un Français sur dix présenterait ou aurait présenté au cours de sa vie une allergie à un médicament. Ces affections impliquent une intervention du système immunitaire face à la substance à l'origine de l'allergie, appelée l'allergène.

Souvent, les manifestations allergiques apparaissent dans les minutes suivant la prise d’un médicament. Mais elles peuvent aussi se manifester quelques heures, voire quelques jours après, dans le cas d'une allergie "retardée".

Il peut s’agir :

  • d’un prurit généralisé isolé ;
  • d’une urticaire aiguë
  • d’une urticaire profonde ou angio-œdème
  • d’un œdème de Quincke ;
  • de signes digestifs tels que des vomissements ;
  • d’une irritation oculaire ;
  • d’un choc anaphylactique associant bronchospasme, toux, dyspnée sifflante, douleurs abdominales, vomissements, diarrhées, chute de PA, tachycardie et perte de connaissance pouvant aller jusqu’à l’arrêt cardiaque.

Ces manifestations nécessitent l’arrêt immédiat du (des) traitement(s), et pour certains l’administration d’un antihistaminique. En cas d'œdème de Quincke ou de choc anaphylactique, il faut contacter rapidement les urgences afin d’être pris en charge et soigné.

Pour déterminer le médicament responsable de l’éruption, il arrive parfois que tous les médicaments pris par une personne doivent être interrompus.

Le médecin procédera ensuite à des analyses pour savoir lequel est responsable. En cas de réintroduction du médicament, il faudra être très prudent, car la réaction est souvent plus sévère que la première.

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