“Il y a autant de forme d’alcoolisme que de dépendants, car nous avons tous une relation unique avec l’alcool” tient à rappeler Baptiste Mulliez. “D’ailleurs, pour certaines personnes, consommer de l’alcool pendant un bon repas paraît essentiel quand d’autres dépendants vont plutôt privilégier les moments de solitude pour boire” explique le patient expert en addictologie. “Le point de départ, c'est d’identifier ces situations à risque et s’en préserver, car l’alcool est toujours un poison.”

Alcoolisme : les questions à se poser sur sa consommation d’alcool

Il existe 11 critères, que l'on appelle critères DSM, ces derniers sont répartis en classes :

  • Difficulté de contrôle vis-à-vis de la substance (efforts infructueux pour réduire, perte de contrôle, le temps passé, le craving) ;
  • Impacts sociaux des consommateurs (échec dans les tâches habituelles, continuer à consommer malgré les conséquences nocives, abandon des autres activités)
  • Usage à risque (utilisation répétée malgré les problèmes sociaux, consommer malgré les problèmes physiques et mentaux);
  • Problèmes pharmacologiques (tolérance au produit).

“Les médecins ont identifié certaines questions liées à la dépendance alcoolique, mais de manière générale, si on se pose des questions, c'est qu’il y a peut-être un problème. Quand j’étais alcoolique, je faisais des recherches sur Internet comme ‘suis-je alcoolique ? ou, ‘peut-on mourir d’une gueule de bois ?’” témoigne Baptiste. “Depuis que je suis devenu patient expert, j’ai établi mes propres questions/réflexions sur l’addiction à l’alcool :

  • La fête peut commencer dès le premier verre, je me détends dès la première gorgée ;
  • Quand je suis au travail, je pense à mon verre d’alcool du soir, l’alcool régit mes pensées ;
  • Si je supprime un verre dans ma routine ça me met de mauvaise humeur, ça me frustre ;
  • Si j’ai supprimé un verre, je compense en buvant encore plus la fois suivante ;
  • J’ai des stratagèmes pour cacher l’odeur de l’alcool : “pour moi, c’était le chocolat” ;
  • Si j’apprends qu’il n’y aura pas d’alcool à un événement, j’annule ma venue ;
  • Même si je suis ivre, je ne refuse pas un verre d’alcool ;
  • Après avoir réussi une activité alors que j’étais alcoolisé, je suis incapable de la réitérer sans consommer ;
  • Je suis apaisé quand je sais qu’une soirée en fin de semaine m'attend avec des boissons alcoolisées : “l’alcool de fin de semaine tapisse souvent quelque chose de plus profond” précise Baptiste.

Il existe également des repères temporels :

  • Le temps passé à réfléchir à sa consommation (quand vais-je pouvoir boire ?) ;
  • Le temps passé à acheter à boire (prendre la voiture, faire un détour…) ;
  • Le temps passé à consommer (de plus en plus long) ;
  • Le temps passé à récupérer.

Alcoolisme : les proches peuvent-ils aider ?

“La prise de conscience individuelle a longtemps été considérée comme la seule solution. Je pense que chacun est légitime d’en parler (collègue, ami, famille…). Même si on a peur de s'immiscer dans la vie privée de la personne alcoolique, le fait d’en parler sème une petite graine dans la tête de la personne dépendante. Beaucoup de personnes aimeraient que grâce à leur discours la personne devienne abstinente, mais ce n’est pas si simple. Chaque discours permet de semer des graines et ces dernières vont germer au fur et à mesure. Il faut privilégier les moments où la personne est sobre et lui faire comprendre qu’on a compris qu’il était dépendant. En revanche, je conseille aux proches de ne pas accepter les mensonges et de ne pas résoudre ces problèmes à sa place. Notez que les reproches, la morale, la culpabilité, ou le fait d'essayer de contrôler sa consommation ne sert à rien, car il faut bien comprendre que c’est une maladie et que la personne alcoolique n’est pas responsable de sa dépendance” explique Baptiste Mulliez.

“L’entourage peut accompagner la personne vers des soins adaptés. Mais la clé, c’est l’amour. L'Amour (fraternel, amical, amoureux) est une énergie qui terrasse tout. Répétez au quotidien qu’on aime cette personne, c'est essentiel. Personnellement, ça m’a sauvé. Et aujourd’hui, il n’y a que dans l’abstinence que je trouve ma résilience” conclut Baptiste Mulliez.

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