Grippe 2019 : doit-on s’attendre à une pénurie de vaccin ?

À l'approche de la saison de la grippe, le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec a craint une pénurie de vaccins. Et pour cause, Santé Canada a dû faire face un retard de livraison. L’année dernière en France, les pharmacies s’étaient aussi trouvées en rupture de stock des vaccins contre la grippe. Qu'en est-il cet hiver ? Doit-on craindre une pénurie ?
Grippe 2019 : doit-on s’attendre à une pénurie de vaccin ?Istock

L’hiver passé, la France a connu une pénurie de vaccins contre la grippe. Trois mois après le début de la campagne de vaccination, la quasi-totalité du stock de vaccins avait été écoulée. "Les vaccins contre la grippe se font rares dans les pharmacies de France depuis début décembre, clamait la presse. Les stocks prévus ne sont pas suffisants et le réapprovisionnement s’annonce compliquer".

En cause ? La défiance à l’égard des vaccins en recul et les démarches facilitées pour immuniser les personnes à risque. En effet, la possibilité avait été offerte à certains pharmaciens de vacciner des clients sous certaines conditions dans quatre régions tests (Auvergne-Rhône-Alpes, Hauts-de-France, Nouvelle-Aquitaine et Occitanie).

Cette année, l’histoire semble se répéter. Alors que la campagne de vaccination contre la grippe n’a pas encore commencé, le Québec craint déjà une pénurie de vaccins. Les fournisseurs du vaccin contre la grippe connaissent des pénuries et des retards de livraison à travers le Canada, semble-t-il.

"Produire un vaccin contre la grippe, c’est une série d’étapes"

Alors que la saison de la grippe n’a pas encore commencé, le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec a mentionné une pénurie de vaccins. En effet, Santé Canada, qui approvisionne les provinces, a dû faire face à un problème d'homologation du vaccin, ce qui en a retardé la livraison.

"Chaque année, on a des frissons par rapport à l’approvisionnement du vaccin contre la grippe, confie Yves Jalbert, directeur général adjoint à la protection de la santé publique au Ministère de la Santé et Services Sociaux du Québec, interviewé par Radio Canada, pas plus tard qu’hier. Produire un vaccin contre la grippe, c’est une série d’étapes qui doivent être réussies les unes après les autres".

Heureusement, les nouvelles ne sont pas dramatiques. A priori, les autorités canadiennes auraient reçu 85 % des doses commandées pour le début de la vaccination, prévu pour le 1er novembre. Pour protéger et immuniser les patients à risque, le Québec a commandé 1,6 millions de doses de vaccins cette année.

Et la France dans tout ça ?

L’hiver précédent, la pénurie de vaccin avait fait paniquer la France, trois mois après le début de la campagne de vaccination contre la grippe. En décembre 2018, Les pharmacies sont en rupture de stock de vaccins contre la grippe. Pourtant, 11 millions de doses de vaccins avaient été mises sur le marché (10 % de plus qu’en 2017).

En effet, les plus de 70 ans se vaccinent plus facilement désormais, grâce à l’expérimentation de la vaccination par les pharmaciens, possible l’hiver dernier dans quatre régions françaises. Au total, près d’un million de Français ont pu bénéficier de ces tests menés en pharmacie.

En revanche, cette année, cette expérimentation va s’étendre. Les pharmaciens de l’ensemble du territoire seront désormais en mesure d’effectuer le vaccin à leurs clients.

La nouveauté est effective depuis octobre 2019, a annoncé la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn. Doit-on s’attendre à une pénurie plus importante ? "D’une manière générale, les ruptures de stocks de médicaments ainsi que les tensions d’approvisionnement ont des origines multifactorielles susceptibles d’intervenir tout au long de la chaîne de production et de distribution, expliquait Agnès Buzyn, la ministre de la Santé en février dernier. Dans ce cadre, les laboratoires pharmaceutiques sont tenus de prévenir et de gérer les ruptures de stocks des médicaments et des vaccins qu’ils commercialisent".

Grippe saisonnière : les personnes à risque devraient se faire vacciner en priorité

Certaines personnes sont particulièrement exposées à des complications si elles contractent le virus de la grippe. Ces dernières devraient se faire vacciner en priorité. On mentionne les personnes âgées de plus de 65 ans, les adultes et enfants souffrant d’asthme et broncho-pneumopathie chronique obstructive, les patients atteints de maladies chroniques ayant le statut d’affection longue durée (ALD) et les personnes infectées par le VIH.

Malgré les campagnes de sensibilisation, la saison précédente, seulement 45 % des personnes à risques se sont fait vacciner. "On est très loin du taux de couverture vaccinale de 75 % recommandé par l’OMS", estimait Agnès Buzyn. Selon cette dernière, une couverture vaccinale à 63 % éviterait 2500 décès par an.

<strong>Grippe saisonnière : les personnes à risque devraient se faire vacciner en priorité</strong>

©Organisation Mondiale de la Santé (OMS)

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