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C'est arrivé brûtalement, sans prévenir et les conséquences ont été dramatiques. Alors qu’elle dînait tranquillement chez sa sœur après son travail, l’impensable s'est produit pour Catherine en septembre 2018.

Un soir d'automne, Catherine est soudainement frappée par un accident vasculaire cérébral (AVC). "J’ai mis du temps à comprendre ce qui se passait. Je me suis écroulée par terre d’un coup, mais je suis restée consciente", confie-t-elle.

Pourtant, le malaise de Catherine n’avait rien d’anodin. L’AVC est un trouble de la circulation du sang dans le cerveau. Un tel accident peut entraîner un arrêt d’une ou plusieurs fonctions cérébrales.

Les conséquences dépendent ensuite de la partie du cerveau touchée. Elles peuvent aller jusqu’à entraîner la mort subite.

Un AVC dû à une malformation de la carotide

Heureusement, la sœur de Catherine est infirmière et prend vite conscience de la gravité de la situation. "Elle a vu mon visage se paralyser", décrit Catherine qui a été transférée à l’hôpital Saint Joseph (Paris 14e).

Tout s’enchaîne alors très vite. L’équipe médicale n’a que 4 heures pour réagir. Le diagnostic tombe... et il est sans appel : Catherine a été victime d’un AVC dû à une malformation de la carotide, une artère située au niveau du cou.

"Mon AVC est survenu à droite. Miraculeusement, je n'ai eu aucune douleur, aucune paralysie, ni trouble de la parole. Je n’avais aucune séquelle", témoigne la quadragénaire.


"15 jours après, je fais un deuxième un AVC… "

<br />"15 jours après, je fais un deuxième un AVC… "© Istock

Seulement voilà les choses se gâtent deux semaines plus tard. Toujours hospitalisée et sous traitement, Catherine est alors victime d’un... deuxième AVC, cette fois plus dévastateur que le précédent.

"Je me suis réveillée deux jours plus tard avec une paralysie totale à gauche. J’ai mis une semaine à réussir à bouger mon pouce. Je sentais mes membres, mais il m’était impossible de les bouger. Ils semblaient si lourds. Le choc était immense. C’était comme si le ciel me tombait sur la tête, se remémore Catherine. Mais il paraît que j’ai eu beaucoup de chance d’être à l’hôpital. Le caillot était très gros. Ils ont dû m’opérer".

Selon les médecins, Catherine souffrait d’une anomalie qui rétrécit ses artères. "Je n’en sais pas plus pour le moment. Aujourd'hui, j’attends encore les résultats des tests génétiques ! En attendant, ils m’ont posé un stent pour atténuer la malformation de la carotide".

"Tout était à réapprendre…même prendre une douche"

"Tout était à réapprendre…même prendre une douche"© Istock

Le 16 octobre 2018, Catherine est transférée à l’hôpital Sainte Marie, situé dans le 14ème arrondissement de Paris.

L’heure de la rééducation arrivait en effet, avec son lots d'efforts et de difficultés impensables. "Tout était à réapprendre : pas seulement mettre un pied devant l’autre, mais aussi tous les gestes de la vie quotidienne".

Car Catherine souffre désormais d’un déficit profond au niveau de la sensibilité à gauche. La sensibilité profonde correspond à la notion du corps dans l’espace. "Mais il était impossible que je ne puisse plus marcher. J’ai donc décidé de me battre. J’ai été admise à la mi-octobre 2018, et suis ressortie le 28 février 2019… avec une canne. La semaine qui précédait Noël, je remarchais déjà".

Pourtant, si Catherine a désormais regagné son domicile, son quotidien n’en reste pas moins bouleversé. "Ma main n’a pas encore retrouvé sa force. Je n’ai toujours pas obtenu d’aide à domicile de la part de la Sécurité Sociale. Je fais tout toute seule, partage Catherine. Heureusement, mes sœurs sont très présentes. Prendre une douche, faire la cuisine ou encore changer une housse de couette par exemple… Chaque geste du quotidien est devenu un vrai défi !".

Malgré tout, Catherine est loin de se laisser abattre. "J’ai repris le travail il y a 15 jours. Finalement, j’ai de la chance : si j’avais eu des séquelles cognitives, cela aurait été impossible !". En effet, celle-ci est employée au sein d’une société qui délivre des cours à domicile. "Je me rends au travail en bus. On ne parle pas de la conduite pour le moment. Ce sera pour plus tard, j’attends que ma sensibilité me revienne totalement", explique-t-elle.

"Je ne touche plus de salaire depuis septembre"

"Je ne touche plus de salaire depuis septembre"© Istock

Hélas, les séquelles physiques ne sont pas le seul combat que Catherine a dû mener. "MDPH (Maison départementale des personnes handicapées, ndlr), Sécurité sociale, assistants sociaux, indemnités… mon quotidien est devenu un parcours du combattant.

Je n’avais pas un an d’ancienneté dans mon travail et mon employeur ne proposait pas de prévoyance pour les non-cadres. Je ne touchais donc plus de salaire depuis septembre. Je percevais les indemnités journalières minimes de la Sécurité sociale, confie-t-elle. Ma situation financière est vite devenue critique".

"La Sécurité sociale considère qu’un arrêt de deux mois pour une jambe cassée ou un AVC…cela revient au même. Le seul point positif : si tout faire toute seule à la maison est très fatigant, cela a accéléré aussi ma rééducation. En le sollicitant en permanence, mon corps s'est remis plus vite de l’AVC".

Heureusement, Catherine était en mesure de solliciter une aide à domicile à sa charge le premier mois de son retour chez elle. "Même si je n’avais aucune ancienneté dans mon entreprise, j’ai eu beaucoup de chance : mon employeur m’a versé une prime exceptionnelle afin que je puisse m’offrir l'aide à domicile".

"J’ai un traitement à vie"

"J’ai un traitement à vie"© Istock

Actuellement, Catherine a repris un temps partiel thérapeutique. Elle jongle entre ses heures au bureau, sa rééducation… et le repos.

"Je reprends mon poste les lundis et mercredis. Quant au mardi et jeudi, ils sont consacrés à mes séances de rééducation. A partir du vendredi, je suis lessivée ! Je ne peux rien faire d’autre que me reposer".

Désormais, elle est suivie médicalement, afin d’éviter qu’un autre accident ne survienne. "On connaît l’origine de mes AVC. On me fait des examens régulièrement et cela me rassure. J’ai aussi un traitement à vie en anticoagulants et des piqûres de toxines pour détendre les muscles et faciliter la rééducation".

Pas de doute, la vie n’est plus la même pour Catherine. Pourtant, rien qu’en écoutant son histoire, on perçoit la force et l’énergie positive qu’elle véhicule. Et par-dessous tout, Catherine aime rappeler qu’elle s’estime heureuse d’être si bien entourée. "J’ai mes sœurs auprès de moi, mes amis et mes collègues, tous aux petits soins depuis mon retour".

Pour soutenir AVC France, vous pouvez participez à la Course des Héros (à Paris le 23 juin, et à Lyon et Bordeaux le 16 juin 2019).

Sources

AVC France

Accident vasculaire cérébral (AVC), la première cause de handicap acquis de l’adulte, Inserm

Vidéo : AVC les symptomes qui doivent alerter

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