La sciatique de la femme enceinte est en réalité une sciatalgie. C’est-à-dire une douleur sur le territoire du nerf sciatique. Les vraies sciatiques sont dues à une compression des racines nerveuses entre les vertèbres au niveau du dos selon Ameli.fr. Souffrir de ce mal peut arriver à n’importe quel moment et à n’importe quel âge. Cependant, il existe des facteurs favorisants. La grossesse en fait partie.

Prévenir sa survenue passe par des règles hygiéno-diététiques et l’adoption de bonnes positions. Mais il est important selon Johanna Guerveno, masseuse-kinésithérapeute à Villepreux (78) et Romain Lebreton, masseur-kinésithérapeute à Garches (92) dans un premier temps de rassurer la future mère sur ses douleurs lombaires. "Elles sont courantes durant la grossesse, le plus souvent sans signes de gravité et disparaissent dans la majorité des cas dans les semaines suivant la naissance. Plusieurs raisons physiologiques peuvent expliquer la douleur, mais des évolutions biomécaniques et tissulaires au niveau des muscles et articulations vont automatiquement avoir lieu. Pour accompagner au mieux ces changements et prévenir les douleurs, faire un bilan kinésithérapique voir podologique est recommandé."

Durant la grossesse, prendre du poids est normal et nécessaire. En l'absence d'indications données par un médecin ou sage-femme, il est important de ne pas restreindre sur son alimentation, sous peine de carences alimentaires graves, pour vous comme pour votre bébé. Johanna Guerveno et Romain Lebreton recommandent cependant d’avoir une prise de poids progressive afin d’éviter tous phénomènes inflammatoires du nerf sciatique. "Il faut éviter la sédentarité. Le principal allié de la femme enceinte est le mouvement. Sauf avis contraire d’un médecin, il convient donc d’écourter autant que possible les stations debout prolongées, le piétinement, mais de favoriser au contraire une activité physique adaptée. Enfin, durant les moments de la journée où le corps restera immobile, une bonne répartition du poids entre les deux membres inférieurs en position debout, ou bien un support pour le bas du dos en position assise pour soulager les tensions seront une aide à la prévention des douleurs."

Le sport comme meilleur allié anti-sciatique

Selon l’OMS, les adultes âgés de 18 à 64 ans devraient pratiquer au moins, au cours de la semaine, 150 minutes d’activité d’endurance d’intensité modérée ou au moins 75 minutes d’activité d’endurance d’intensité soutenue, ou une combinaison équivalente d’activité d’intensité modérée et soutenue. Cependant, les femmes enceintes ou les femmes venant tout juste d’accoucher devront peut-être prendre des précautions supplémentaires et demander l’avis du médecin avant de chercher à atteindre les niveaux recommandés d’activité physique pour cette classe d’âge. "Il ne faut pas que les activités choisies provoquent des difficultés cardio-respiratoires ou des douleurs à court ou moyen terme. Il s’agira le plus souvent de travailler le renforcement des muscles stabilisateurs bassin et le transverse" assurent les deux kinésithérapeutes et de continuer : "On pourra donc conseiller, par exemple, à la femme enceinte de pratiquer des séances de yoga ou encore de Pilates de façon adaptée permettant un renforcement précis et un assouplissement du corps. Ces séances peuvent être conjuguées avec de la marche pour travailler l’endurance, et de la natation qui a de plus comme avantage de soulager le poids du corps durant la séance."

Si la douleur subsiste, Johanna Guerveno et Romain Lebreton assurent que d’être en mouvement reste le moyen le plus efficace d’atténuer la gêne. "Souvent, plus un corps est figé, plus il aura tendance à faire perdurer une douleur. Plus précisément, suivre un programme d’exercices basés sur des auto-massages, auto-étirements et auto-mobilisations sera le plus adapté. On préconise l’auto-massage des régions fessières et lombaires douloureuses avec les mains/poings ou grâce à des aides techniques comme un rouleau de massage ou une balle." Et d’ajouter, "On peut faire de l’auto-mobilisations globale du bassin que ce soit allongé, assise sur chaise ou ballon, debout, et à quatre pattes (dos rond / dos creux). Pratiquer de l’auto-étirement, plus particulièrement des muscles fessiers et pelvitrochantériens comme le muscle pyramidal, peut aussi soulager. Enfin, le port d’une ceinture de grossesse de maintien des articulations sacro-iliaques ainsi que l’application de chaleur sur le trajet douloureux peut aider à la diminution des douleurs."

Enfin après un accouchement, le mieux est, selon nos deux kinésithérapeutes, de poursuivre le programme d’exercice suivi durant la grossesse pour enchaîner sur une reprise plus sportive, toujours dans l’optique de renforcer les muscles stabilisateurs du bassin, la sangle abdominale, ainsi que le périnée. Pour la rééducation périnéale et abdominale post-partum un accompagnement kinésithérapique est d’ailleurs tout à fait indiqué et préconisé.

Sources

Johanna Guerveno, masseuse-kinésithérapeute diplômée d’État à Villepreux (78) 

Romain Lebreton, masseur-kinésithérapeute diplômé d’État à Garches (92), ergonome, enseignant en Institut de formation en masso-kinésithérapie.

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