Si vous avez des insomnies, surveillez votre taux de glycémie. D’après une nouvelle étude dirigée par l'université de Bristol et publiée le 29 mars dernier dans la revue scientifique Diabetes Care, les personnes qui ont des difficultés à s'endormir, ou à rester endormies, ont des taux de glycémie plus élevés que celles qui en ont rarement.

Sommeil : traiter l’insomnie pourrait réduire la glycémie

Menée sur plus de 336 999 personnes au Royaume-Uni, les scientifiques ont cherché à savoir comment cinq mesures du sommeil (l'insomnie, la durée du sommeil, la somnolence diurne, les siestes et la préférence pour le matin ou le soir) étaient liées à la glycémie moyenne. Pour cela, ils ont utilisé une technique statistique appelée randomisation mendélienne. Celle-ci regroupe les personnes selon un code génétique attribué de manière aléatoire à la naissance.

Selon l’étude, si les insomnies étaient prises en charge, le diabète pourrait être prévenu, voire traité. “Nous avons estimé qu'un traitement efficace de l'insomnie pourrait entraîner une réduction du glucose plus importante qu'une intervention équivalente (...).”, indique James Liu, chercheur associé à la Bristol Medical School et auteur de l'article. “Cela signifie qu'environ 27 300 adultes britanniques, âgés de 40 à 70 ans et présentant des symptômes d'insomnie fréquents, seraient à l'abri du diabète si leur insomnie était traitée.”

Mal dormir baisse de 30% de la quantité d’insuline produite

Le lien entre le manque de sommeil et le diabète avait déjà été mis à jour dans de précédentes publications scientifiques. Selon la Fédération Française des Diabétiques, “un mauvais sommeil pèse sur l’équilibre glycémique, accroît le risque de développer un diabète chez des personnes prédisposées et peut aggraver un diabète existant”. “Le sommeil contribue (...) à la régulation des fonctions métaboliques (glycémie, appétit...) ce qui explique son lien avec le diabète.”

En effet, des études démontrent qu’un sommeil réduit provoque une dérégulation du métabolisme glucidique (baisse de 50% de l’action de l’insuline, baisse de 30% de la quantité d’insuline produite), terrain favorable à l’apparition du diabète ou à l’aggravation d’un diabète existant. “Pendant le sommeil, les cellules adipeuses sécrètent une hormone (leptine) qui met en veille la sensation de faim. Le jour, l’estomac sécrète une autre hormone (ghréline) qui facilite la prise alimentaire”, écrit la Fédération Française des Diabétiques. “La diminution du temps de sommeil pousse les personnes à manger plus, ce qui accroît le risque d’obésité.”

Diabète : dormir la lumière allumée augmente les risques

Le lien entre le sommeil altéré et le risque de diabète avait également déjà été démontré dans une récente étude américaine de la Northwestern University Feinberg School of Medicine, publiée le lundi 14 mars dans la revue scientifique américaine PNAS. Les chercheurs ont révélé que ne pas dormir dans le noir complet "(...) affecte votre capacité à réguler le glucose.”.

En effet, les scientifiques ont constaté que les participants ayant dormi avec de la lumière avaient une résistance à l’insuline plus élevée le matin. Ce phénomène se produit lorsque les cellules des muscles, des graisses et du foie ne répondent pas bien à l’insuline. Cela signifie qu’elles ne parviennent pas à utiliser le glucose présent dans le sang. Pour compenser, le pancréas se met alors à fabriquer plus d'insuline. Résultat, au fil du temps, la glycémie augmente. Pour rappel, en plus de réduire les risques de diabète, le sommeil empêche de développer d’autres pathologies telles que les AVC, l’hypertension, le surpoids ou la dépression.

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Sources

https://diabetesjournals.org/care/article/45/4/772/144928/Assessing-the-Causal-Role-of-Sleep-Traits-on

https://www.federationdesdiabetiques.org/information/complications-diabete/diabete-et-sommeil

https://www.pnas.org/doi/full/10.1073/pnas.2113290119

mots-clés : Diabète
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