Diabète de type 1 : définition, symptômes, complications, traitements

Certifié par nos experts médicaux MedisiteMaladie auto-immune, le diabète de type 1 concerne seulement une partie des patients diabétiques. Comment se déclare-t-il et pourquoi ? Quel traitement suivre ? Les explications sur cette maladie entraînant une hyperglycémie chronique avec le Pr Vergès, diabétologue.

Définition

Le diabète de type 1 est l’une des principales formes de diabète avec celui de type 2. Comme ce dernier, il se caractérise par un excès de sucre dans le sang provoquant une hyperglycémie permanente

Le diabète de type 1 est une maladie auto-immune survenant le plus souvent chez le jeune sujet. C’est pourquoi il est parfois appelé "diabète juvénile". On le retrouve aussi sous la dénomination de "diabète insulinodépendant" (DID).

Cette maladie se manifeste par une carence en insuline, l’hormone vitale régulant la glycémie, normalement sécrétée par le pancréas grâce aux îlots de Langerhans. Mais en cas de diabète de type 1, ceux-ci sont détruits et ne peuvent plus en fabriquer. La sécrétion d’insuline étant inexistante, le sucre est stocké par l’organisme mais ne peut pas être transformé en énergie. Des injections quotidiennes d’insuline sont alors indispensables pour réguler la glycémie.

Photo : ampoules d'insuline

Photo : ampoules d'insuline© Creative Commons

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Chiffres

Selon les dernières statistiques, en France, 3,7 millions de personnes prennent un traitement médicamenteux pour leur diabète (de type 1 et 2). Le diabète de type 1 constitue la forme la moins fréquente. Il concerne 10 % des diabétiques.

Chez les enfants, la prévalence du diabète de type 1 est en forte croissance, notamment dans l’Hexagone. En 2019, on considère que pour 100 000 enfants de moins de 15 ans, 15 sont touchés par un diabète de type 1. Les professionnels s’inquiètent, par ailleurs, de l’âge de plus en plus précoce où survient la maladie, avec de plus en plus de cas diagnostiqués avant 6 ans. 

Par ailleurs, on observe depuis plusieurs années une augmentation des cas de diabète de type 1 survenant chez des adultes après 30 ans.

A noter : le diabète de type 1 est plus fréquent dans les pays occidentaux. A titre d’exemple, il est soixante-dix fois plus fréquent en Finlande qu’en Chine.

Symptômes

D'une façon générale, le diabète de type 1 est à l'origine de symptômes survenant assez rapidement dont le plus significatif : le syndrome polyuro-polydipsique provoquant une sensation de soif et une envie d’uriner très fréquemment

Outre ces symptômes, le malade atteint de diabète de type 1 présentera ses signes suivants :

  • une perte de poids avec appétit conservé ;
  • une fatigue importante.

Il peut s’y associer des signes anonçant un coma acido-cétosique (nausées, vomissements, une dyspnée, des douleurs abdominales).

Quels sont les symptômes de diabète de type 1 chez le bébé et l’enfant ?

Le nourrisson ne pouvant pas exprimer sa soif, il pourra présenter des signes de déshydratation. Toutefois, cette affection est rare chez le bébé et résulte d’une anomalie génétique. Le nouveau-né présentera bien souvent :

  • un érythème fessier ;
  • une faible poids malgré un bon appétit ;
  • des vomissements fréquents.

Par ailleurs, les parents seront amenés à le changer à une fréquence importante, le bébé mouillant rapidement ses couches.

Chez l’enfant plus grand, outre ces symptômes, une énurésie peut réapparaître alors qu'il était déjà propre.

Causes

Le diabète de type 1 est une maladie auto-immune qui se traduit par une carence en insuline. Une réaction biologique va détruire les îlots de Langerhans, cellules du pancréas permettant la sécrétion d'insuline. 

Dans ce contexte, des anticorps spécifiques sont augmentés dans le sang (anticorps anti-ilots de Langerhans, anti-insulin, anti-GAD…)

Le pancréas est donc défaillant et ne produit plus d’insuline ce qui ne permet plus au sucre (glucose) de pénétrer dans les cellules de l’organislme et d’être utilisé comme source d’énergie. Ainsi, le sucre (glucose) ne pouvant plus pénétrer dans les cellules s’accumule dans le sang engendrant une hyperglycémie. Si comme le professuer Vergès l’explique, les causes précises de cette maladie sont encore « méconnues », certaines études ont mis en avant des facteurs génétiques, et une éventuelle corrélation avec certaines infections virales.

Photo : des facteures génétiques seraient en cause dans le diabète de type 1

Photo : des facteures génétiques seraient en cause dans le diabète de type 1© Fotolia

Facteurs de risques

Les éléments susceptibles de provoquer un diabète de type 1 sont aujourd’hui mal connus. Par ailleurs, quel que soit le type de diabète, les antécédents familiaux constituent un risque d’être touché par le diabète. 

Cependant, l’influence des facteurs familiaux est beaucoup plus faible pour le diabète de type 1 que pour le diabète de type 2.

Enfin, lorsqu’il survient chez les nourrissons, cette pathologie est généralement liée à une anomalie génétique.

Personnes à risque

Là aussi, il est difficile de donner un profil de personnes plus à risque. Toutefois, à ce jour, il est établi que le diabète de type 1 survient généralement avant l’âge de 30 ans, chez une personne de poids normal. Elle peut aussi apparaître durant l’enfance et l’adolescence.

Durée

Le diabète de type 1 est, pour l'instant, une maladie incurable. Le traitement par insuline devra se poursuivre tout au long de la vie.

Contagion

Le risque de contamination est nul. Le diabète de type 1 n’est pas une maladie contagieuse.

Qui, quand consulter ?

Il convient de consulter dès l’apparition des premiers symptômes, de sensations de soif et d’uriner inhabituelles. « Certains patients peuvent ingérer 5 à 8 litres de boissons par jour », indique le professeur Vergès. Il s’agit ici d’une urgence nécessitant une prise en charge immédiate », prévient le diabétologue.

Complications

Les complications du diabète de type 1 sont nombreuses, en l’absence de prise en charge. On distinguera les complications chroniques favorisées par un diabète mal contrôlé pendant plusieurs années des complications aiguës pouvant mettre en cause le pronostic vital.

Le coma acidocétosique

Il est lié à une carence totale en insuline et peut se produire soit lors du diagnostic du diabète de type e 1 soit lors d’un traitement mal conduit avec administration trop faible d’insuline.

En raison de la carence importante en insuline, il se produit une hyperglycémie et l’organisme ne pouvant plus utiliser le glucose comme source d’énergie, utilisera les acides gras avec pour conséquence une augmentation des corps cétoniques (acétone). Les  corps cétoniques sont produits en grande quantité  et s’accumulent dans le sang qui devient excessivement acide. On parle alors d'acidocétose diabétique. Elle se traduit par des nausées, vomissements, une dyspnée, des douleurs abdominales et peut se compliquer en coma. Il s’agit d’une urgence vitale, qui doit être traitée par insuline. Le coma acidocétosique est la première cause de décès liée au diabète de type 1.

L’hypoglycémie

Il s’agit de la baisse du taux de glucose dans le sang, favorisé par une dose d’insuline administrée trop importante, une activité physique imprévue, une mauvaise adéquation entre la dose d’insuline administrée avant un repas et la quantité de glucides consommés lors de ce repas, explique le professeur Vergès. 

Elle se manifeste par divers symptômes (tremblements, sudation, irritabilité, difficultés à respirer…).

L’hypoglycémie peut aussi entraîner une perte de conscience et un coma. Avec l’autosurveillance de sa glycémie, le patient est formé à reconnaître les signes annonciateurs d’une hypoglycémie. 

Le traitement consiste à se resucrer le plus rapidement possible pour augmenter le niveau de glucose dans le sang avec l’équivalent de 3 sucres (un briquette de jus de 20 cl, une cuillère à soupe de miel…) et à contrôler sa glycémie. 

Il peut arriver que le malade ait besoin d’aide pour s’alimenter. Il ne doit pas hésiter à demander à l’entourage ou aux personnes qui l’entourent de l’assister pour le resucrer.

Toutefois, en cas de perte de conscience, le resucrage est fortement déconseillé au risque de provoquer un étouffement. Il faut alors appeler les secours (15 ou 112).

A noter : L’entourage des personnes atteintes par le diabète de type 1 sont généralement formés aux gestes à adopter en cas d’épisode d’hypoglycémie, notamment si une injection de glucagon est nécessaire en cas de coma. Cette hormone normalement sécrétée par le pancréas a un pouvoir hyperglycémiant.

L’atteinte des vaisseaux sanguins

A la longue, la maladie peut considérablement affecter les petits vaisseaux sanguins entraînant des troubles oculaires. La rétine est bien souvent touchée avec un risque de baisse de l’acuité visuelle voire de cécité. L’atteinte des petits vaisseaux peut aussi entraîner une insuffisance rénale. Le diabète est la première cause de dialyse précise notre spécialiste.

Les gros vaisseaux sont eux aussi atteints par le diabète touchant, en particulier, les artères coronaires (artères nourricières du cœur) les artères du cerveau et des membres inférieurs. L’atteinte de ces artères est à l’origine d’infarctus du myocrade, d’accidents vasculaires cérébraux et d’artériopathie (artérite) des membres inférieurs.  

L'atteinte des nerfs

Le diabète peut aussi entraîner une atteinte des nerfs (neuropathie) qui peut se manifester par des douleurs neurologiques ou une insensibilité en particulier au niveau des membres inférieurs.

Quelles sont les autres complications ?

D’autres complications sont possibles comme une prédisposition aux infections, une mauvaise cicatrisation ou une perte de  souplesse articulaire au niveau des mains et des pieds.

Par ailleurs, des complications au niveau des pieds peuvent survenir, favorisées par la neuropathie et l’artétiopathie des membres inférieurs. Elle peuvent être graves et déboucher sur une amputation.

Examens et analyses

"En général, le diagnostic est fait assez rapidement. Les symptômes sont très significatifs", souligne le diabétologue. 

Si le médecin suspecte un diabète de type 1, la patient sera amené à effectuer en urgence une analyse de sang pour évaluer la glycémie. 

Examens et analyses© Fotolia

 

L'hémoglobine glyquée

L'hémoglobine glyquée, qui capte le sucre, également appelée HbA1C, évalue la glycémie moyenne sur les trois derniers mois précédant l’examen. Elle constitue un examen essentiel dans la surveillance d’un diabète de type 1. L’objectif est d’obtenir une valeur inférieure à 7%.

Les analyses d’urine

Les analyses d’urine vont permettre de déterminer s’il y a présence ou non d’albumine ou de micro-albumine. Le cas échéant, cela indique le début d’une complication rénale liée au diabète.

A noter : Lorsqu'un patient est diagnostiqué comme diabétique, il est hospitalisé afin de passer un bilan complet. Une étape cruciale également pour débuter et adapter le traitement par insuline.

Traitements

Le traitement par insuline

Le traitement consiste en l’injection quotidienne d’insuline. « Il faut remplacer celle que le pancréas ne fabrique plus. » En général, le patient fait une injection d’une insuline lente qui va durer 24h et une injection d’insuline courte à chaque repas pour couvrir ses besoins. Cela reproduit ce qui se passe en physiologie. On fabrique en permanence un petit peu d’insuline et lorsqu’on s’alimente on sécrète beaucoup plus d’insuline. Cela permet à l’organisme de capter le sucre et les glucides apportés par l’alimentation », détaille le diabétologue. « De plus en plus de malades préfèrent, cependant, le système de pompe à insuline à la multi injection. Ce dispositif permet d’obtenir une régulation un peu plus fine de l’insuline », poursuit-il.
A noter : le traitement peut parfois conduire à une hypoglycémie. Le taux de glucose descend alors à 0, 70 grammes par litre.

Revoir son régime alimentaire

L'alimentation doit être contrôlée dans le diabète de type 1. La consommation de glucides doit être répartie en trois repas, à ne surtout pas sauter. De plus , le grignotage est à proscrire. Il est recommandé pour les diabétiques de consommer des aliments riches en fibres. A l'inverse, il faut limiter la consommation d’aliments riches en graisses d’origine animale. La consommation de poissons au moins deux fois par semaine est préconisée.

Les patients pratiquant une activité physique intense peuvent garder leurs desserts pour une voire deux collations prises entre les repas. En fonction de tous ces éléments, et du calcul journalier de glucides ingérés, la dose d’insuline sera déterminée par le médecin.

Attention : les édulcorants de synthèse sont des produits donnant un goût sucré aux aliments mais il ne s’agit pas de glucides.

A noter : l'alcool augmente le risque d'hypoglycémie lors de traitement par l'insuline. Réduire sa consommation est donc essentielle.

La pratique d’une activité physique

L'activité physique régulière est salutaire en cas de diabète, d’autant plus si elle est associée avec un régime alimentaire adapté. Les effets complémentaires du régime et du sport peuvent, dans certains cas, permettre d’abaisser les doses d’insuline. Autre bénéfice : diminuer un éventuel surpoids pour diminuer le risque de pathologies cardiovasculaires.

Le suivi psychologique

Cette maladie incurable et le traitement imposé peuvent, chez certains patients, être à l’origine d’un mal-être psychologique. Pouvoir verbaliser ses maux avec un spécialiste peut être d’un grand recours dans cette situation. Cela peut servir à réduire le stress, qui joue fortement sur l'équilibre glycémique

Autres conseils en cas de diabète de type 1

En cas de diabète, il est important de prendre soin de sa peau et d’éviter toute agression extérieure (savon acide, UV…). Si vos plaies cicatrisent mal, contactez votre médecin. Votre vaccination contre le tétanos doit être à jour.
Le diabète pouvant affecter les yeux et engendrer une cécité, une visite annuelle chez un ophtalmologiste est nécessaire.

Dans certains cas, une consultation auprès d’un cardiologue peut s'imposer afin de dépister une éventuelle atteinte des artères du cœur (coronaires).

Pour éviter toute interaction avec le traitement, n’utilisez pas d’autres médicaments sans l’avis de votre médecin ou du pharmacien. De même avec les remèdes naturels (compléments alimentaires et plantes) qui peuvent provoquer une hypoglycémie brutale.

Prévention

Le processus de développement de la maladie étant méconnu, "il n'existe pas vraiment de mesures de prévention", admet le professeur Vergès. 

Comment éviter les épisodes hypoglycémiques ?

Réponse du docteur Vergès, diabétologue :

"Pour éviter les épisodes d’hypoglycémie, il est important de bien respecter son traitement. Le patient doit apprendre à reconnaître ses propres signes annonçant une hypoglycémie. En effet, ces symptômes varient d’une personne à une autre et surtout un malade ne les rencontrera pas tous en même temps. Il peut en avoir un, deux… , mais ils sont rarement tous associés. C’est surtout la surveillance étroite et régulière des glycémies qui aidera le patient à mieux contrôler son diabète et à détecter et prévenir les hypoglycémies. Cette surveillance peut être réalisée par des glycémies capillaires obtenues par micro-piqûre au bout des doigts ou par un capteur de glycémie mis en place sur la peau par le patient toutes les 2 semaines qui permet d’avoir une estimation permanente du taux de glucose dans l’organisme et de ses variations."

Sites d’informations et associations

Source(s):

Vidal.fr

Diabète de type 1 de l’enfant et de l’adolescent, ameli (consulté le 11.12.19)Qu'est-ce que le diabète ?, Ameli (consulté le 11.12.19)

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