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Définition : qu'est-ce que l'infection urinaire chez l'homme ?

L'infection urinaire est une inflammation d'un des organes de l’appareil urinaire. Généralement, on parle de cystite, pathologie qui fait référence à une infection ou une inflammation de la vessie.

Affectant surtout les femmes, ce trouble peut, en réalité, toucher les deux sexes. Ces messieurs sont cependant largement moins concernés grâce à la taille plus longue de leur urètre, limitant la propagation des bactéries. De plus, au sein de la communauté médicale, la définition de l’infection urinaire chez l'homme ne fait pas consensus. Une majorité d’experts considèrent, néanmoins, qu’elle est forcément liée à une atteinte de la prostate comme l’explique le docteur Szmukler, médecin généraliste et infectiologue à Paris.

« Chez l’homme, l’infection urinaire désigne toujours une prostatite. Il s’agit d’une infection ou d’une inflammation de la prostate. C’est complètement différent de chez la femme », précise-t-il. « La prostatite est causée par une bactériémie dont l’origine n’est pas toujours identifiée », poursuit le spécialiste. Elle peut aussi être chronique.

À noter : si, chez l’homme, l’infection urinaire désigne généralement une prostatite, on parle d’urétrite lorsque l’infection touche l'urètre. Cette pathologie est le plus souvent due à une IST. En cas d’infection des reins, on parle de pyélonéphrite.

Quels sont les symptômes de l’infection urinaire chez l’homme ?

Comme chez la femme, l’infection urinaire chez l’homme se traduit essentiellement par des signes urinaires dysfonctionnels :

  • des brûlures mictionnelles ;
  • une envie fréquente d’uriner (pollakiurie) ;
  • un inconfort et des difficultés à uriner (dysurie).

Dans certains cas, l’homme peut également ressentir des douleurs pelviennes et observer du pus dans ses urines. Parfois, ces symptômes sont accompagnés d’une fièvre modérée et/ou de douleurs lombaires.

Quelles sont les causes de l’infection urinaire chez l’homme ?

Des bactéries

Dans certains cas, les infections urinaires sont dues à des bactéries Escherichia Coli, nombreuses au niveau de l’anus. Ces bactéries pénètrent dans les voies urinaires via l’urètre. Elles pullulent et créent une inflammation.
« La prostatite peut résulter d’une infection de la prostate, causée par la localisation secondaire d’une bactériémie, sans que cela n’occasionne forcément l’augmentation du volume de celle-ci », indique le spécialiste.

L'adénome prostatique

Les prostatites sont plus fréquentes chez les hommes de plus de 50 ans. Et pour cause, en vieillissant, la prostate augmente de volume. Il s’agit de « l’adénome prostatique. Une affection qui touche pratiquement tous les hommes », souligne le docteur Szmukler. Cette modification anatomique peut, en effet, être à l’origine de divers troubles du bas appareil urinaire. L’homme rencontre des difficultés à vider complètement sa vessie, ou il est régulièrement amener à « se forcer » pour y parvenir. Les résidus d'urine dans la vessie et la stagnation des germes favorisent le développement d’infections urinaires.

Une IST, Infection Sexuellement Transmissible

Chez les patients, notamment plus jeunes, une infection sexuellement transmissible (Chlamydia et Gonocoque) peut être à l’origine d’une prostatite ou d’une urétrite.

Certains hommes font des prostatites à répétition

Certains hommes font des prostatites à répétition. « On ne sait pas trop qu’elle est la cause, probablement la fatigue. Souvent, il suffit d’avoir fait une angine. Les germes circulent dans l’organisme, vont se loger près de la prostate et créer une prostatite », informe l’infectiologue.

Le diagnostic de la prostatite

« On a parfois du mal à faire le diagnostic », précise le docteur Szmukler. « Le patient aura une prostate douloureuse ou présentera des troubles urinaires, mais il arrive que les signes manquent ». On parle alors de prostatite asymptomatique.

Lorsque le patient présente une fièvre, le diagnostic s’orientera le plus souvent vers une prostatite aiguë.

L’examen clinique passe généralement par un toucher rectal. En cas de suspicion d’infection urinaire, le médecin prescrira un ECBU pour identifier le germe causal. Il faudra attendre les résultats (au moins 24h) pour s’assurer de la prescription du bon antibiotique. Une échographie des voies urinaires (vésicale et rénale) sera aussi réalisé rapidement. Cet examen permettra de déceler une éventuelle dilatation des voies urinaires ou encore une rétention aiguë d'urine. De plus, le diagnostic différentiel pouvant être compliqué entre une prostatite aiguë et une pyélonéphrite aiguë, un uroscanner pourra, dans certains cas, être effectué.

Une analyse sanguine est aussi réalisée afin de mesurer le taux de PSA (Antigène prostatique spécifique), une enzyme fabriquée par la prostate. Il s’agit d’un marqueur de la prostate, indique notre spécialiste. « S'il y a une infection, il permet de suivre la guérison sous antibiotiques », ajoute-t-il. « La découverte d’une anomalie touchant le PSA dans les analyses sanguines est très révélatrice. » Mais, attention, dans ce cas, le taux élevé de PSA ne « traduit pas une tumeur cancéreuse, mais une inflammation de la prostate », poursuit l’infectiologue.

Le bilan étiologique complet servira à rechercher une anomalie fonctionnelle ou anatomique.

Infection urinaire chez l’homme : quels traitements ?

Les infections urinaires chez l'homme sont soignées avec des antibiotiques. En effet, si les résultats de l’ECBU et du taux de PSA confirment ce diagnostic, le médecin « prescrit habituellement du fluoroquinolone ou éventuellement du clamoxyl. Le traitement est d’une durée minimum de 10 jours, voire deux semaines. Le retour à la normale du taux de PSA marque la guérison », explique le docteur Szmukler.

Dans certains cas, un drainage de la vessie est nécessaire lorsqu'il y a une rétention aiguë d'urine.

Les complications liées aux infections urinaires

Une fièvre persistante et l’aggravation des douleurs doivent alerter. Ce sont les signes d'une urgence médicale. Dans ces cas-là, consultez votre médecin dans les plus brefs délais ou les secours. Cela peut être annonciateur d’un choc septique (une défaillance circulatoire aiguë causée par une agent infectieux). Le médecin n’attend pas le résultat de l’ECBU et débute un traitement antibiotique par voie intraveineuse.

Autre risque de complication : la bactériémie (passage des bactéries dans le sang), causée par la stagnation des urines, déjà responsable de l'infection urinaire.

Enfin, lorsque l’inflammation de la prostate est sévère, un traitement chirurgical peut être réalisé pour en retirer la partie bouchant le canal urétral.

Infection urinaire chez l'homme : qui, quand consulter ?

L’infection urinaire pouvant résulter de diverses affections, dont des IST, il est important de consulter son médecin traitant dès l’apparition des premiers symptômes. Ils peuvent d’ailleurs annoncer d’autres pathologies des voies urinaires, notamment chez l’homme après 50 ans, lorsque le volume de la prostate augmente.

Les infections urinaires chez l'homme sont-elles contagieuses ?

Hormis les cas où les troubles sont dus à des infections sexuellement transmissibles, il n’y a pas de risque de contagiosité. En revanche, si une IST est en cause, le couple doit être traité. L’abstinence sexuelle ou des rapports protégés sont requis jusqu’à la fin du traitement.

Prévention : comment limiter le risque d’infection urinaire masculine ?

Qu’elles soient récidivantes ou non, il est possible d’adopter des gestes simples pour limiter le risque de développer une infection urinaire. Comme le conseille le docteur Szmukler, « en cas d’angine bactérienne par exemple, il est essentiel de la soigner correctement avec des antibiotiques pour éviter une éventuelle dissémination des bactéries dans l’organisme ».

Il est aussi recommandé de boire suffisamment (au moins 1,5 litre quotidiennement). Cela permet de faire fonctionner les reins, pour uriner à bonne fréquence, évitant ainsi la stagnation des urines et des bactéries issues notamment du microbiote urinaire (urobiome) dans la vessie. Enfin, il est primordial d’éviter tout rapport sexuel à risque.

Sources

Le manuel MSD

Vidal.fr

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