Covid-19 : les personnes âgées auraient eu un accès "limité" aux services de réanimation

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D'après des données obtenues par "Le Monde", les Français âgés de plus de 75 ans auraient moins "bénéficié" de soins intensifs durant la crise Covid-19. Le point.
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C'est une question sensible. Les personnes âgées ont-elles bénéficié de moins de soins que les autres ? D'après des données de la commission d’enquête parlementaire obtenues par "Le Monde", oui, les plus de 75 ans auraient eu un accès limité aux services de réanimation. On vous explique pourquoi.

Personnes âgées : le taux d'admission en réanimation chute à partir de fin mars

Selon une infographie du magazine, le taux d'admission de personnes âgées en janvier 2020 s'élevait à 23/24 %.

Dès fin février/début mars, au moment où le Covid-19 commençait à faire parler de lui et où l'on observait les premières admissions de malades, le taux avoisinait 22 % environ.

La première semaine d'avril, le taux chutait à 17 % et dès mi-avril, on ne comptait plus que 14 % de personnes âgées admises en réanimation.

Pourtant, les premières victimes du Covid-19 sont bel et bien les retraités : l'âge médian des 106 296 patients hospitalisés depuis le 1ᵉʳ mars est de 72 ans.

Alors, pourquoi ont-elles eu un accès limité aux soins en réanimation ? Pourquoi ce "tri" ? La réponse, dans le prochain paragraphe.

“La sélection des patients existe depuis toujours en réanimation”

Dans un précédent article, Medisite avait interviewé le Dr Anne Geffroy-Wernet, médecin anesthésiste-réanimateur et présidente du SNPHARE.

Selon elle, "la sélection des patients a toujours existé dans les services de réanimation" et ce, même en dehors des périodes de pandémie.

En effet, la réanimation n'est pas un acte anodin. Cette pratique est à la fois lourde pour le patient (qui peut subir des complications) et pour l’hôpital, en raison de son coût matériel et humain.

“Avant d’envoyer un patient en réanimation, nous évaluons toujours si cette dernière va lui rendre service ou non, autrement dit s’il va pouvoir en sortir vivant, et avec le moins de séquelles possibles”, explique l’anesthésiste-réanimateur.

“Pour certains malades, on sait d’emblée que les envoyer en réa’ ne va pas les aider, il n’y a donc aucune raison de les y mettre. Pour prendre un exemple caricatural, une personne de 110 ans, avec une démence et un cancer métastasé ne tirera aucun bénéfice de la réanimation. La sélection des patients existe donc depuis toujours”.

En outre, d'après Sara Piazza, psychologue clinicienne en réanimation interviewée par Marianne, la surcharge des services hospitaliers en France n’est pas arrivée – fort heureusement – au stade où les aspects logistiques l’auraient complètement emporté sur les considérations médicales sur le bénéfice du patient.

Ainsi, contrairement à ce que l'on pourrait penser, ne pas bénéficier de ces soins intensifs peut - parfois - être plus bénéfique pour certains patients.

Vu la lourdeur des soins en réanimation, ils en seraient (les patients, ndlr) peut-être morts, on ne peut pas savoir. L’épidémie du coronavirus nous rappelle que la médecine n’est pas une science exacte.

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