Les antidépresseurs dont il faut se méfier

Les premiers antidépresseurs dits tricycliques, comme l’Anafranil®, sont les plus puissants contre la dépression, mais ce sont aussi ceux qui font le plus grossir, parce qu’ils provoquent des pulsions sucrées. Les nouveaux antidépresseurs, dits sérotoninergiques, sont moins puissants sur les symptômes dépressifs, mais ils ont l’avantage d’entraîner une prise pondérale nettement moindre. Ils peuvent même, dans certains cas, conduire à une perte de poids !

Une étude britannique, portée sur douze antidépresseurs couramment utilisés a récemment conclu à un risque de prise de poids accru pour les patients qui se sont fait prescrire ces antidépresseurs, et qui seraient 21% plus susceptible de connaître un épisode de prise de poids.

Tranquillisants et prise de poids

Les tranquillisants (ou anxiolytiques) qui sont prescrits contre l’anxiété, créent à court terme une désinhibition, qui conduit souvent à "se lâcher" à l’heure des repas, donc à manger plus. À long terme, ils peuvent avoir deux conséquences opposées selon les personnes et les circonstances :

  • un effet dépressiogène, avec le risque alors de goûter plus volontiers aux plaisirs de la table pour lutter contre cette dépression induite.
  • un effet relaxant, d’où une baisse de la tension interne. On a alors moins besoin de manger pour calmer les crises d’anxiété (et on ne grossit pas).

Neuroleptiques et médicaments anticonvulsivants

En cas de maladies psychiques graves (dépression profonde notamment) ou d’épilepsie, on peut être amené à prendre des anticonvulsivants et/ou des neuroleptiques. Attention, ces médicaments augmentent fortement l’appétit au moment des repas, ainsi que l’envie de manger entre les repas, d’où un risque de prise pondérale pouvant parfois dépasser 20 kilos !

Comment éviter la prise de poids

Dès le début d’une dépression ou d’une période d’anxiété, il faut prendre les devants et s’organiser au mieux : - Demander à ses proches de faire les courses et de préparer les repas si on n’a plus la force de le faire soi-même. - Marcher si on n’a plus le courage de faire du sport. Lorsque la prise d’un médicament fait prendre des kilos, il convient d’en parler à son médecin pour envisager, si possible, un changement de traitement.

Anxiété, dépression : elles font aussi grossir !

Lorsqu’on se sent déprimé, on peut être tenté de manger plus, plus souvent et plus riche. D’abord, parce qu’on n’a plus ni le courage, ni l’envie de s’occuper de soi (on fait peu ou mal les courses, on ne prépare plus des repas équilibrés, on arrête le sport). Ensuite, parce qu’on est davantage porté sur les aliments "réconfort" comme le chocolat, les biscuits, les plats en sauce…

Une nourriture savoureuse aide, en effet, le cerveau à fabriquer de la sérotonine, une molécule aux propriétés antidépressives reconnues. Même chose en cas d’anxiété, manger devient un dérivatif, et manger beaucoup conduit souvent à un état de léthargie apte à contrer, quelques heures tout du moins, le processus anxieux et ses causes.

Déprime et stress peuvent faire maigrir

Certains déprimés maigrissent spontanément. C’est notamment le cas de ceux qui souffrent de dépressions, ou d’anxiété, liées à de grandes peines affectives (décès d’un conjoint ou d’un parent, divorce…). C’est particulièrement vrai au cours des premiers mois qui suivent l’événement.

On note alors une perte plus ou moins complète de l’intérêt pour la nourriture, avec souvent des nausées et l’impression d’avoir l’estomac "noué".

Sources

Simple comme maigrir, Dr Jacques Fricker et Anne Deville-Cavelin, éditions Broché, 2008

Le nouveau guide du bien maigrir, Dr Jacques Fricker, éditions Odile Jacob, 2002

Antidepressant use may contribute to long-term population weight gain KING'S COLLEGE LONDON, BMJ 2018

Vidéo : 5 trucs étonnants anti-stress

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