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Les corticoïdes pris sur le long terme jouent sur les cellules du foie

Prescrits contre l’asthme, la maladie de Horton, la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) ou encore l’eczéma, les corticoïdes peuvent faire grimper le taux de cholestérol chez certaines personnes. Un tel effet secondaire est également observé pour les anti-inflammatoires stéroïdiens, dérivés du cortisol.

Pourquoi ils augmentent le taux de cholestérol ? "Le mécanisme d’action des corticoïdes sur le taux de cholestérol est mal connu. Ces médicaments agiraient directement sur les cellules du foie, entraînant une augmentation du métabolisme de cet organe qui fabriquerait alors du cholestérol HDL et LDL en plus grande quantité", révèle Martial Fraysse, docteur en pharmacie. En effet, le cholestérol présent dans notre sang provient de deux sources : il est à la fois apporté par les aliments que nous mangeons et produit par notre foie.

Les cas les plus à risques : "Les traitements les plus à risque d’entraîner une hypercholestérolémie comme effet secondaire sont ceux pris sur le long terme, par exemple dans le cas d’une polyarthrite rhumatoïde ou d’une maladie auto-immune" décrit Martial Fraysse.

Les précautions à prendre : Il est recommandé aux personnes sous corticoïdes de procéder à des examens sanguins réguliers pour observer l’évolution du taux de cholestérol.

Coeur : les bêtabloquants ont une action négative sur le cholestérol

Les bêtabloquants sont des médicaments prescrits contre les maladies cardiovasculaires comme l’hypertension ou les angines de poitrine. Certains d’entre eux peuvent avoir une action négative sur le taux de cholestérol.

Les précautions à prendre : "C’est au médecin de s’inquiéter des risques sur le cholestérol. Si un patient présente déjà des troubles au niveau des taux de cholestérol ou de triglycérides, il préférera un bêtabloquant qui ne présente pas ou peu cet effet secondaire", nous apprend Martial Fraysse. "Il faut parfois tâtonner, en surveillant régulièrement le taux de cholestérol grâce à des prises de sang."

Si le médicament à l’origine de l’hypercholestérolémie est indispensable, comment faire ? Il faudra dans ce cas agir sur les autres facteurs de risque cardiovasculaires en arrêtant de fumer, en surveillant son alimentation, en pratiquant régulièrement un sport, et toujours en contrôlant fréquemment son taux de cholestérol grâce à des prises de sang.

Les traitements hormonaux de la ménopause influent sur la fabrication de cholestérol

Pourquoi ? Des hormones féminines (œstrogènes et progestérone) de substitution sont parfois prescrites aux femmes à la ménopause. Or ces hormones de synthèse peuvent augmenter les taux de triglycérides et de cholestérol. Le mécanisme mis en cause est celui d’une action directe sur la fabrication du cholestérol par les cellules du foie.

Les précautions à prendre : "Le médecin doit connaître le nombre de facteurs de risque pour les maladies cardiovasculaires de sa patiente avant d’envisager une hormonothérapie substitutive. S’il constate une accumulation de facteurs, il ne prescrira pas ce traitement connu pour augmenter le taux de cholestérol", explique Martial Fraysse.

Les diurétiques peuvent augmenter le taux de cholestérol total

Souvent prescrits contre l’hypertension ou contre l’insuffisance cardiaque, les diurétiques augmentent la quantité d’eau éliminée par l’organisme. Certains d’entre eux ont comme effet secondaire une augmentation du taux de cholestérol total.

Les cas les plus à risques : Les diurétiques de la famille des thiazidiques sont les plus susceptibles de faire grimper la cholestérolémie.

La pilule peut augmenter le mauvais cholestérol

Pourquoi ? Les pilules contraceptives qui contiennent des progestatifs peuvent faire diminuer le taux de HDL (le "bon" cholestérol) au profit de celui du LDL (le "mauvais" cholestérol).

Les précautions à prendre : Le médecin doit connaître tous les facteurs de risque de maladies cardiovasculaires. "Si la patiente fume, qu’elle a des problèmes de circulation sanguine, une mauvaise hygiène de vie, qu’elle est en surpoids, qu’elle ne fait pas de sport… mieux vaut qu'elle évalue avec son gynécologue le meilleur moyen de contraception", avertit Martial Fraysse.

Quand faut-il s’inquiéter ? Dans une certaine mesure, et pour les cas où il n’y a pas d’accumulation de facteurs de risque cardiovasculaires, une augmentation du taux de cholestérol sous pilule est un phénomène courant qui ne doit pas alarmer outre-mesure. "Il est normal que le cholestérol monte quand on prend la pilule : le cholestérol est une substance qui sert au transport des médicaments dans le sang. Le cholestérol HDL (le "bon" cholestérol) s’élève un peu quand on prend des hormones, parce que sinon, les hormones en question ne seraient pas transportées ! Une élévation du cholestérol sous pilule n’a donc pas de signification inquiétante, et elle n’a aucune incidence sur la santé des femmes qui, pour la plupart, à l’âge où elles prennent la pilule, n’ont aucun facteur de risque vasculaire", rassure de son côté le médecin et écrivain Martin Winckler sur son blog.

Les traitements contre l’acné

Pourquoi ? Les traitements contre l’acné qui contiennent de la vitamine A acide (les rétinoïdes et les isoétrétinoïdes tels que le Roaccutane®) ont une incidence sur le taux de cholestérol.

Les précautions à prendre : "Le traitement de l’acné est souvent accompagné d’une contraception hormonale, ce qui multiplie les facteurs de risque d’élévation du cholestérol", déplore Martial Fraysse. Ces facteurs sont à évaluer par le médecin : "Une jeune femme qui fait de l’hypercholestérolémie et qui prend un traitement contre l’acné à la vitamine A acide doublé d’une contraception orale pourrait vivre une situation risquée. C’est le médecin qui, avec elle, fera le choix du traitement, quitte à trouver un autre traitement de l’acné. C’est toujours le rapport entre bénéfice et risque qui doit être évalué", souligne le docteur en pharmacie.

Les stéroïdes, populaires chez les sportifs, baissent le bon cholestérol

Les stéroïdes anabolisants (ou anabolisants androgènes stéroïdiens) sont des compléments dérivés d’hormones masculines pris par certains sportifs pour augmenter leur masse musculaire.

Mauvaise idée ! Car ces compléments augmentent le taux de cholestérol LDL (le "mauvais" cholestérol) et abaissent celui de cholestérol HDL (le "bon" cholestérol).

Les précautions à prendre : "Tant qu’un médecin encadre la prise de stéroïdes anabolisants, il n’y a pas de danger", relève Martial Fraysse. "Mais attention à l’automédication et aux achats sur internet sans avis médical : ces pratiques représentent un réel danger pour la santé des coronaires car des produits mal adaptés condamnent ceux qui les prennent à développer de l’athérome*" ajoute le docteur en pharmacie.

*athérome ou athérosclérose : dépôt de graisse sur les parois des artères, conduisant au développement de maladies cardiovasculaires.

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Sources

- Remerciements à Martial Fraysse, docteur en pharmacie

- Fédération Française de Cardiologie : www.fedecardio.org

- Cholestérol : agir contre le cholestérol pour réduire les risques cardiovasculaires, Brochure de la Fédération Française de Cardiologie

- Contrôler son cholestérol pour les nuls, Carol Ann Rinzler, Martin W. Graf et le professeur Eric Bruckert. Editions First, 2008

- Université Médicale virtuelle francophone, Collège des Enseignants de Cardiologie et Maladies Vasculaires

- Cours de pharmacologie en ligne de la faculté de médecine Pierre et Marie Curie (Paris 6)

- Blog du médecin Martin Winckler : martinwinckler.com

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