Cancers de la tête et du cou : prendre de l’aspirine régulièrement améliorerait le pronostic

Publié le 28 Janvier 2019 par Morgane Garnier, Journaliste Santé
Une récente étude américaine suggère que la prise régulière d'anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et notamment d'aspirine chez les patients atteints d'un cancer ORL augmenterait le taux de survie à cinq ans.
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Avec 15 000 nouveaux cas en 2017 dans l'Hexagone, les cancers de la tête et du cou, également appelés cancers des voies aérodigestives supérieures (VADS) ou cancers ORL, sont en recrudescence notamment chez les femmes. Si leur pronostic dépend du stade de la tumeur, il pourrait être amélioré avec la prise régulière d'anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et notamment d'aspirine, selon une étude américaine parue le 25 janvier 2019 dans le Journal of Experimental Medicine.

Cancers ORL : une utilisation régulière d'AINS pendant au moins six mois associée à une plus grande survie à 5 ans

Pour arriver à ce constat, les chercheurs se sont penchés sur 266 cas de cancer ORL. Toutes les personnes malades avaient subi une intervention chirurgicale visant à retirer la tumeur maligne. Parmi elles, 75 (soit 28%) étaient porteuses d'une mutation sur le gène PIK3CA, responsable d'un tiers des cancers de la tête et du cou ainsi que d'autres types de cancers. Chez ce groupe, il a ainsi pu être observé que la prise régulière d'AINS, initiée généralement dès le diagnostic pour soulager les douleurs liées à la maladie, pendant au moins six mois était associée à une plus grande survie à cinq ans que chez les patients qui n'en prenaient pas. Le taux de survie à cinq ans est en effet passé de 25 à 78%.

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Anti-inflammatoires non stéroïdiens : la clé pour survivre à un cancer ?

Comment expliquer ce mécanisme ? L'équipe suppose que les AINS peuvent empêcher la croissance de la tumeur en réduisant la production d'une molécule inflammatoire, appelée prostaglandine E2 (PGE2). S'il ne s'agit que d'une étude préliminaire qui nécessite d'être approfondie, la docteure Jennifer Grandis, auteure des travaux, explique : "Nos résultats suggèrent que l'utilisation d'AINS pourrait améliorer significativement le pronostic des patients atteints d'un cancer ORL mais également ceux qui souffrent d'autres cancers provoqués par la mutation du gène PIK3CA."

Cancers ORL : quels sont les symptômes ?

Les cancers ORL affectent notamment les lèvres, la langue, la bouche, la gorge, le larynx, les glandes salivaires et les sinus. Les principaux facteurs de risque sont le tabagisme et une consommation excessive d'alcool. Selon la Société européenne d'oncologie médicale, "on suspecte l'existence d'un cancer de la tête et du cou en présence de symptômes tels qu'une grosseur dans le cou, une langue douloureuse, des saignements, des taches blanches ou rouges dans la bouche, des maux de gorge, une déglutition douloureuse, un enrouement persistent, le nez bouché d'un côté et/ou des saignements de nez, notamment s'ils persistent plus de 3 semaines". Le diagnostic est posé à la suite d'un examen clinique, d'une endoscopie et d'un scanner.

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