Cancer : deux fois plus de risque de se suicider après l'annonce du diagnostic

Une récente étude américaine révèle que le risque de suicide est deux fois plus grand chez les personnes ayant appris qu'elles étaient atteintes d'un cancer que dans la population en général. D'où l'importance du soutien psychologique pour les malades.

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Se voir diagnostiquer un cancer est plus que déstabilisant, tellement que le risque de suicide est doublé chez ces personnes par rapport à la population générale. C'est la conclusion d'une étude américaine publiée le 7 janvier 2019 dans la revue Cancer.

Le risque de suicide diffère selon le type de cancer

Les chercheurs ont collecté les données de près de 4,7 millions de personnes qui se sont vu diagnostiquer un cancer entre 2000 et 2014. Celles-ci proviennent du programme Surveillance, Epidemiology, and End Results de l'institut américain du cancer. Parmi les patients étudiés, plus d'un million sont morts un an après l'annonce de la maladie. Pour 1585 d'entre eux (soit 0,16%), le suicide était la cause du décès. Au final, il a pu être observé que ce risque est plus de deux fois plus élevé chez les personnes diagnostiquées avec un cancer que chez les autres.

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Un risque qui, par ailleurs, diffère selon le type de cancer : "Le risque de suicide est particulièrement élevé après un diagnostic de cancer du pancréas, du poumon ou du côlon-rectum, affirment les auteurs de l'étude. A l’inverse, pour le cancer du sein ou de la prostate, on ne constate pas d’augmentation du nombre de suicides."

De l'importance du soutien psychologique, et ce dès le diagnostic

Une différence qui pourrait s'expliquer par les services de soutien psychologique mis en place, plus nombreux dans le cadre du cancer du sein aux Etats-Unis par exemple, soulignent les chercheurs. Par ailleurs, il a pu être observé que les patients divorcés étaient plus à risque de mettre fin à leurs jours. "Notre étude montre que chez certaines personnes malades du cancer, le décès n’est pas un résultat direct de la maladie, mais de l’anxiété causée par la gestion de la maladie, qui entraîne le suicide", explique le Dr Hesham Hamoda, l'un des auteurs de l'étude. D'où l'importance d'un soutien psychologique chez les malades, de toute sorte et ce dès l'annonce du diagnostic.

Cancer : oser exprimer sa souffrance, un sujet tabou

C'est d'ailleurs la tâche à laquelle s'attèle Valérie Sugg, psycho-oncologue et auteure du livre "Cancer : l'accompagnement" paru en octobre 2018 aux éditions Kawa. Interviewée par Medisite, elle explique que les patients atteints d'un cancer ont bien (trop) souvent du mal à exprimer leur ressenti sur cette maladie qui bouleverse leur existence : "J’ai entendu et accompagné à peu près 17 000 personnes. On me disait souvent : 'J’aimerais bien que l’on puisse dire ceci, j’aimerais bien que les gens comprennent cela, qu’ils le sachent et qu’ils l’entendent, j’aimerais pouvoir faire passer tel message'. [...] Ils viennent s’effondrer dans mon bureau car ils ont l’impression que c’est peut-être le seul lieu où l’on accepte qu’ils puissent exprimer le fait que c’est difficile." Un tabou qui frappe chaque année de plus en plus de personnes : en 2017, le nombre de nouveaux cas de cancers en France était estimé à 400 000.

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