Cancer : les aliments à éviter !

Certifié par nos experts médicaux MedisiteFromages, confitures, charcuteries… Parmi les aliments que nous mangeons tous les jours, certains majorent le risque de cancer du sein, de la prostate, du pancréas ou du côlon. Voici ceux à éviter… ou au moins à limiter !
Cancer : les aliments à éviter !Istock
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Grâce aux avancées de la recherche, plusieurs facteurs alimentaires susceptibles d'intervenir dans le développement de cancers ont été identifiés, explique l'Institut National du Cancer sur son site. Et pas moins de 19 000 nouveaux cas pourraient être évités chaque année, rien qu'en modifiant notre alimentation.

Si les aliments "anticancer" n'existent pas, certains peuvent néanmoins diminuer vos risques. D'autres, à l'inverse, augmentent les chances de développer la maladie. C'est sur ces derniers que nous avons portés notre attention dans cet article.

Viande rouge et charcuterie : des aliments cancérogènes

Depuis 2015, la viande transformée - dont fait partie la charcuterie - est classée comme cancérogène pour l'homme, par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). La viande rouge, quant à elle, est classée comme probablement cancérogène. Celle-ci regroupe de nombreuses viandes : bœuf, porc, veau, agneau, mouton, cheval...

Les viandes rouges et transformées sont tout particulièrement associées au risque de cancer du côlon et du rectum. Rien qu'en 2015, près de 5 600 nouveaux cas de cancers colorectaux leur aurait été attribuées.

Mais ce risque avait déjà été mis en évidence bien des années plus tôt, comme en atteste une étude américaine de 2005. Les auteurs ont suivi 148 610 adultes âgés de 63 ans en moyenne, pendant presque vingt ans. Ils ont constaté que les participants qui consommaient régulièrement de la viande rouge ou transformée avaient 50 % plus de risque de développer un cancer du côlon et du rectum.

Leur forte teneur en graisses animales saturées serait en partie responsable. Selon l'INC, d'autres mécanismes peuvent aussi expliquer ce lien de cause à effet :

  • la production de composés N-nitrosés cancérogènes ;
  • la production de radicaux libres et de cytokines pro-inflammatoires liés à un excès de fer héminique ;
  • les apports de sels nitrités par certaines charcuteries ;
  • la production d’amines hétérocycliques (AHC) ou d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), liée à la cuisson à forte température.

Delphine Lichte, nutritionniste et responsable du programme ETP à l'Institut Rafaël, maison de l'après-cancer, et le Dr Hanène Boudabous, oncologue, recommandent quant à elles de limiter la consommation de viandes rouges à moins de 500 g par semaine, en privilégiant les morceaux les moins gras et en faisant attention à son mode de cuisson.

"Si ça ne va pas à l’encontre des croyances culturelles ou cultuelles, la viande apporte des protéines, du fer, du zinc et de la vitamine B12", précisent-elles. Elles conseillent néanmoins de privilégier la volaille, et d'alterner avec le poisson, les œufs et les légumes secs.

Saucisson, jambon... Les nitrites et nitrates en cause

L'effet cancérogène de la charcuterie serait dû aux nitrites et aux nitrates (précédemment cités). Ces composés sont présents dans le saucisson, mais aussi dans la plupart des charcuteries industrielles comme le jambon blanc, cru, le bacon, le lard ou encore le foie gras.

« Les nitrates et les nitrites sont utilisés comme conservateur (sel nitrité pour prévenir le développement de certaines bactéries), mais aussi comme colorant du jambon cuit ou des saucisses pour les rendre plus roses et plus appétissantes. Les nitrites sont transformés par la flore intestinale en produits cancérigènes », explique le Dr Béatrice de Reynal.

Mieux vaut donc limiter la consommation de charcuterie à moins de 150 g par semaine, conseillent Delphine Lichte et le Dr Hanene Boudabous. Préférez un jambon artisanal cuit au torchon ou un jambon cru juste séché sans nitrite (regardez les étiquettes), ajoute le Dr de Reynal.

Attention : les produits de saurisserie (poisson séché ou fumé) qui sont très salés, fumés et souvent nitrités, peuvent présenter un risque similaire.

Les grillades au barbecue favorisent le cancer de la bouche

Outre le produit en lui-même, le mode de cuisson des viandes pourrait influer sur leur effet cancérogène. Ainsi, les viandes (et les poissons) cuits au barbecue sont très toxiques et suspectés d'augmenter les risques de cancers du pancréas, de la prostate, voire de la bouche.

« Les aliments cuits à forte température et en contact avec les flammes libèrent des composés hautement cancérogènes (hydrocarbures aromatiques polycycliques...) », détaille le Dr Béatrice de Reynal. Cette dernière recommande de les éviter le plus possible.

L'INC confirme que "plusieurs études soulignent une association avec le cancer de l'estomac" mais précise que "les données actuelles ne permettent pas de conclure".

Vidéo : Le top des choses cancerigenes

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mots-clés : Cancer
Source(s):

Meat Consumption and Risk of Colorectal Cancer, Journal of the American Medical Association, 12 janvier 2005. 

Consumption of sugar and sugar-sweetened foods and the risk of pancreatic cancer in a prospective study, American Journal of Clinical Nutrition, novembre 2006. 

Le sucre impliqué dans le développement de nos cellules cancéreuses ?, Le quotidien du patient, 24 mai 2019. 

Alcool, Institut National du Cancer, 29 mars 2019. 

Les dérivés toxiques du glucose : une menace pour la santé ?, Académie Nationale de Pharmacie, 12 février 2014. 

Effect of Plant- and Animal-Based Foods on Prostate Cancer Risk, The Journal of the American Osteopathic Association, novembre 2019. 

Remerciements au Dr Béatrice de Reynal, nutritionniste, directrice de l’agence Nutrimarketing, et auteur du blog « http://miammiam.mabulle.com/ ».

Merci à Delphine Lichte, nutritionniste, et au Dr Hanène Boudabous, oncologue à l'Institut Rafaël

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