Cancer du côlon (colorectal) : symptômes, espérance de vie, causes, traitements

Certifié par nos experts médicaux MedisiteLe cancer colorectal est l’un des cancers les plus fréquents. Son pronostic, qui peut être sombre, s’est nettement amélioré grâce au dépistage organisé qui permet de diagnostiquer de très petites tumeurs ou des lésions précancéreuses, comme des polypes. Détecté tôt, le cancer colorectal peut avoir de bons taux de guérison. En outre, de récents travaux montrent le potentiel effet protecteur des fruits et légumes et de l'aspirine.

Qu'est ce que le cancer colorectal ?

Le cancer colorectal est un cancer qui se développe lentement, au niveau de la paroi interne du côlon ou du rectum. Les tumeurs sont souvent précédées de lésions précancéreuses, les polypes, qui sont de petites excroissances situées au niveau de la muqueuse colique ou rectale. Les polypes sont souvent dépistés et traités suffisamment tôt, permettant ainsi de faire baisser l’incidence du cancer colorectal.

Lorsque le cancer colorectal est à un stade avancé, sa propagation vers les ganglions et les organes voisins, comme le foie, peut être rapide, d’où l’importance de participer au dépistage organisé.

Le stade (degré d'extension du cancer) du cancer colorectal est classé sur une échelle allant de 0 à 4.

  • Les stades 0, 1 et 2 sont les cancers localisés, limités au côlon : aucun ganglion n'est envahi et il n'y a pas de métastases.
  • Les stades 3 et 4 sont plus invasifs.

Classification du cancer colorectal :

  • stade 0 : la tumeur est de petite taille, elle n'a pas évolué au-delà de la muqueuse ;
  • stade 1 : la tumeur a envahi les couches superficielles de la muqueuse colique ou rectale, sans atteinte des tissus avoisinants ;
  • stade 2 : la tumeur a traversé la paroi intestinale et envahi les organes voisins sans atteinte des ganglions lymphatiques ;
  • stade 3 : atteintes des ganglions proche de la région colorectale, sans atteinte d’autres organes ;
  • stade 4 : cancers métastatiques avec envahissement d’autres organes comme les poumons, le foie, les ovaires...

Photo : schéma du système digestif

Photo : schéma du système digestif© Creative Commons

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Les chiffres du cancer colorectal

L’incidence du cancer colorectal est de 45 000 nouveaux cas par an, avec 18 000 décès annuels. C’est le deuxième cancer le plus meurtrier en France.  Le dépistage organisé visant à atteindre les personnes de 50 à 74 ans sans symptômes permet de détecter le cancer colorectal à un stade très précoce et d'en diminuer le taux de mortalité.

Cependant, ce test de dépistage n’est pas suffisamment réalisé par la population, puisque seulement 33% des sujets invités à le réaliser l’ont fait. 

Cancer colorectal : les personnes à risque

Les sujets les plus à risque de développer un cancer colorectal sont :

  • les personnes de plus de 50 ans ;
  • celles ayant des antécédents personnels ou familiaux de cancer colorectal ;
  • celles atteintes de maladies génétiques telles que le syndrome de Lynch ou de cancer colorectal héréditaire sans polypose (5 % des cas de cancer colorectal) ou de polypose familiale adénomateuse (environ 1 % des cas) ;
  • celles atteintes de maladies inflammatoires de l’intestin comme la maladie de Crohn ou la recto-colite hémorragique ;
  • celles atteintes de diabète de type 2 ;
  • et sans doute, celles souffrant de déficit en vitamine D (en cours d’étude).

Quels sont les facteurs de risque du cancer colorectal ?

Certaines mauvaises habitudes de vie peuvent contribuer au développement d’un cancer colorectal. Il s’agit :

  • du tabagisme ;
  • d’une surconsommation d’alcool ;
  • du surpoids et de l’obésité ;
  • de la sédentarité ;
  • d’une consommation trop riche en viande rouge, charcuterie, grillades et trop faible en fruits et légumes.

Combien de temps dure le cancer colorectal ?

Plutôt que de durée on parlera de pronostic pour le cancer du côlon (cf plus bas).

Le cancer colorectal est-il contagieux ?

Le cancer du côlon n'est pas contagieux.

Cancer colorectal : quels symptômes ?

Au début de son évolution, le cancer colorectal ne provoque pas de symptômes, d’où l’importance de se soumettre au dépistage. Lorsqu’il est évolué les symptômes sont :

  • des troubles du transit, avec une alternance de diarrhées et de constipation ;
  • la présence de sang dans les selles ;
  • des gaz intestinaux fréquents, des crampes abdominales ;
  • la sensation d’avoir toujours envie d’aller à la selle ;
  • une grande fatigue ;
  • une perte de poids inexpliquée.

Sang dans les selles quelles sont les causes ?

Ma réponse de médecin généraliste : "la présence de sang rouge dans les selles est la plupart du temps liée à la présence d’hémorroïdes ou d’une fissure anale. Cependant, elle doit toujours inciter à consulter afin d’établir un diagnostic précis."

Qui, quand consulter pour un cancer colorectal ?

Lorsque l’on constate la présence de sang dans les selles, ou des troubles persistant s du transit intestinal, il est nécessaire de consulter son médecin traitant qui va procéder au premier bilan, à savoir un examen clinique complet et un bilan biologique,  puis adresser le patient à un gastro-entérologue, qui va programmer la coloscopie. Si le diagnostic de cancer colorectal est confirmé, le patient sera adressé dans un service de cancérologie.

Cancer colorectal : examens et analyses

Les examens complémentaires ont pour objectif d’établir un diagnostic de certitude, de réaliser le bilan d’extension du cancer colorectal et d’évaluer l’état général du patient, pour choisir un traitement efficace et bien toléré. Ces examens sont :

  • la coloscopie : celle-ci est réalisée sous anesthésie générale. Une petite caméra est introduite dans le rectum et le côlon afin de visualiser la présence de polypes ou de tumeur. Les polypes peuvent être enlevés et biopsiés à l’occasion de cet acte. Une préparation est nécessaire avant la coloscopie afin que le côlon et le rectum soient bien vides de matières fécales, associant un régime sans résidus les jours précédant la coloscopie et la prise de laxatifs ;
  • Le coloscanner : celui-ci est réalisé lorsque la coloscopie n’est pas possible, soit parce que l’état du sujet ne la permet pas soit parce qu’il la refuse. La coloscopie reste l’examen de choix, car elle permet les biopsies et l’ablation des polypes.
  • le scanner thoraco-abdominal : réalisé dans le cadre du bilan d’extension aux organes voisins ;
  • le dosage des marqueurs tumoraux comme les ACE. Une augmentation du taux sérique de ce marqueur est en faveur d’un cancer colorectal, mais ce dosage n(‘est pas spécifique ;
  • le bilan biologique complet, reflétant l’état général du patient ;
  • le bilan nutritionnel.

Photo : adénocarcinome invasif, le type le plus fréquent de cancer colorectal. 

Photo : adénocarcinome invasif, le type le plus fréquent de cancer colorectal.© Creative Commons

Crédit : Nephron — Travail personnel © CC - Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/

Quels traitements pour le cancer colorectal ?

Le traitement du cancer colorectal peut utiliser plusieurs techniques. Le choix du traitement dépend de la taille de la tumeur, de son stade, de son extension, de l’âge et de l’état général du patient.

Le choix du traitement a lieu au cours de réunions de concertations pluridisciplinaires réunissant un chirurgien digestif, un cancérologue, un radiothérapeute et tout autre professionnel de santé dont l’expertise pourrait apporter un bénéfice au patient.

Le traitement est ensuite discuté avec le sujet.

Quand le cancer colorectal doit-il être opéré ?

La chirurgie est le traitement de choix, lorsqu’elle est possible. Elle peut constituer en une colectomie partielle ou totale en fonction de l’étendue du cancer. En cas d’atteinte rectale, une colostomie est pratiquée, c’est-à-dire que le côlon est abouché directement à la peau de l’abdomen et les matières fécales sont évacuées dans une poche. Parfois, le rétablissement de la continuité digestive est possible, quelques mois plus tard.

Chez les sujets à très haut risque de cancer colorectal, une colectomie totale préventive peut être réalisée, mais cela reste exceptionnel.

Cancer du côlon : quand la radiothérapie est-elle prescrite ?

La radiothérapie peut être utilisée dans le traitement du cancer colorectal, en complément de la chirurgie pour limiter le risque de récidives, mais elle ne constitue pas le traitement de choix de ce type de cancer. Ses effets secondaires sont des diarrhées, des saignements rectaux, de la fatigue, une perte d’appétit et des nausées.

La chimiothérapie peut-elle être utilisée contre le cancer colorectal ?

La chimiothérapie peut être utilisée dans le traitement du cancer colorectal, avant la chirurgie pour réduire la taille de la tumeur, après la chirurgie pour limiter le risque de récidive ou lorsque la chirurgie est impossible. Elle est effectuée généralement par voie intraveineuse, par cycles, sur plusieurs semaines. Ses effets secondaires sont fréquents : fatigue, chute des cheveux, nausées, vomissements, infections à répétition…

Y a-t-il des thérapies ciblées contre le cancer du côlon ?

Les thérapies ciblées sont des traitements récents, très prometteurs, qui sont destinés à empêcher la croissance la tumeur. En cas de cancer colorectal, le bevacizumab est employé pour empêcher la croissance des vaisseaux sanguins irrigants la tumeur. Ces traitements sont intéressants en cas de cancers métastatiques et leurs effets secondaires sont moins lourds que ceux liés à la chimiothérapie.

Cancer du côlon : quelles sont les suites des traitements ?

À la suite d’un traitement d’un cancer colorectal, le suivi doit être rapproché et régulier pour surveiller l’apparition de récidive, l’état général et l’état nutritionnel du sujet.

Les consultations de surveillance sont l’occasion de signaler au médecin les éventuels signes anormaux : douleur abdominale, saignement, modification du transit, persistance des faux besoins ou d’urgence d’aller à la selle.

Si un dosage du marqueur tumoral ACE avait été réalisé avant le traitement, il est conseillé de le répéter pour voir sa diminution. S’il augmente, il est alors nécessaire de renouveler le bilan à la recherche d’une récidive. De même, un scanner ou une IRM de contrôle pourra être programmé.

Les consultations de suivi sont prévues tous les 3 à 6 mois pendant un minimum de 5 ans.

Les sujets porteurs d’une colostomie peuvent bénéficier d’un soutien psychologique et d’une éducation thérapeutique. Les nouveaux systèmes de colostomie et les consultations de stomathérapie permettent au patient de mieux vivre avec sa colostomie. Aucune activité n'est interdite, tous les sports peuvent être pratiqués. Il est déconseillé de consommer des aliments qui fermentent et des boissons gazeuses. La reprise de l’alimentation, après une chirurgie de cancer du côlon, doit être progressive et une bonne hydratation doit être assurée en permanence.

Le pronostic du cancer colorectal

Le cancer colorectal est le deuxième cancer le plus meurtrier. Plus il est détecté tôt, plus les chances de guérison sont grandes et augmentent l'espérance de vie. C’est pourquoi les campagnes de dépistage chez les sujets de plus de 50 ans, lorsqu’elles sont suivies, permettent de guérir 9 cas sur 10, avec un test simple.

La prévention du cancer colorectal

Dépistage du côlon : comment en bénéficier ?

La meilleure prévention contre le cancer colorectal est le dépistage.

Un dépistage organisé est instauré en France pour les personnes âgées de 50 à 74 ans, hommes et femmes. Ces sujets reçoivent une invitation à participer au test. Ils se rendent chez leur médecin traitant qui leur fournit les plaquettes d’hémoccult et leur donne les explications nécessaires. Les sujets doivent déposer un échantillon de selles sur un carton qui est ensuite envoyé au laboratoire.

  • Si le résultat est négatif, c’est-à-dire qu’aucune trace de sang n’est détectée dans les selles, le test devra être renouvelé deux ans plus tard.
  • Si du sang est détecté dans les selles, le patient médecin traitant et le patient reçoivent un courrier les incitant à faire pratiquer une coloscopie. De nombreux polypes et tumeurs coliques de petite taille ont pu être ainsi dépistées et traitées avant qu’elles n’arrivent au stade de cancer invasif.

Ce dépistage ne concerne pas les sujets ayant un suivi par coloscopie en raison d’antécédents familiaux de cancer colique.

Malheureusement ce dépistage n’a pas encore atteint les résultats escomptés car encore trop de sujets s’y soumettent.

Si 60 % des gens âgés de 50 ans à 74 ans passaient un tel test tous les 2 ans, on estime que le nombre de décès causés par le cancer colorectal pourrait être réduit de 18 %.

Photo : cartonnettes et flacon utilisés pour le test HémOccult

Photo : cartonnettes et flacon utilisés pour le test HémOccult© Creative Commons

Crédit : Mikereichold 14:50, 11 November 2006 (UTC) — Travail personnel © CC - Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.5/

Quels sont vraiment les bénéfices du dépistage du cancer colorectal ?

La réponse du Dr Beguier, radiothérapeute

"Le cancer colorectal peut avoir un pronostic très sombre mais il bénéficie de campagnes de dépistage organisées qui permettent de réduire considérablement la mortalité, lorsqu’elles sont suivies."

Comment prévenir le cancer du côlon au quotidien ? 

Les mesures préventives de base pour lutter contre le cancer colorectal sont :

  • éviter le tabagisme ;
  • avoir une activité physique régulière ;
  • conserver un poids stable avec un IMC correct;
  • limiter la consommation d’alcool ;
  • manger suffisamment de fruit, de légumes et de céréales à grains entiers ;
  • assurer un bon taux de vitamine D, avec d’éventuelles supplémentations en hiver.

Prendre de l'aspirine chaque jour réduit les risques de cancer colorectal

Depuis une vingtaine d'années, la communauté scientifique étudie les potentiels effets préventifs de l'aspirine face au cancer, notamment celui du côlon. D'après une récente étude, publiée au sein de la revue The Lancet, une dose régulière d'aspirine pourrait réduire le risque de cancer héréditaire du côlon. Plus précisément, deux aspirines par jour, prises pendant deux ans et demi, réduiraient de moitié le taux de cancer du côlon selon les scientifiques de l'étude.

Pour mener à bien cet essai, les experts des universités de Newcastle et de Leeds, au Royaume-Uni, ont regroupé des données de participants adultes, atteints du syndrome de Lynch.

En effet, "les personnes ayant une prédisposition génétique au cancer du côlon pourraient nous aider à comprendre comment l'aspirine peut vraiment réduire le risque de cancer", a déclaré l'un des auteurs de l'étude. A titre de précision, information, les personnes atteintes du syndrome de Lynch sont considérées "à risque" face au cancer en raison du défaut génétique que présente leur ADN.

C'est la métabolisation de l'aspirine qui aurait un effet protecteur

Une autre étude, publiée dans la revue Molecules, explique pourquoi la prise d'aspirine aurait cet effet protecteur. La réponse semble résider dans les composés produits lorsque le corps décompose ou métabolise ce médicament. 

Seuls 40 à 50 % de l'aspirine sont absorbés dans la circulation sanguine, explique le Pr Jayarama Gunaje, du Département des sciences pharmaceutiques du SDSU. Par conséquent, des quantités substantielles d'aspirine atteignent les intestins, où l'hôte et les enzymes bactériennes dégradent les composés. Ce processus se traduit par des acides phénoliques plus simples, qui peuvent contribuer à la prévention du cancer colorectal.

Les flavonoïdes des fruits et légumes protègent contre le cancer colorectal

Ces mêmes travaux ont également montré qu'une alimentation riche en fruits et légumes contribue, elle aussi, à prévenir le cancer du côlon. Le processus en cause est le même : c'est la métabolisation des flavonoïdes qu'ils contiennent qui entraîne cet effet. 

Les plantes peuvent, en effet, produire les mêmes métabolites que l'aspirine lorsqu'elle se dégrade. "Les fruits et légumes sont chargés de HBAs libres, qui agissent comme antioxydants et aident également les plantes à combattre les infections", précise le Pr Gunaje.

L'identification des métabolites et des bactéries intestinales responsables de la dégradation de l'aspirine et des flavonoïdes pourra aider les scientifiques à développer des probiotiques et, éventuellement, des compléments alimentaires, qui participeront à la prévention du cancer colorectal.

Sites d’information et associations

Des sites sur le cancer du côlon et son dépistage sont disponibles sur internet. Il s’agit :