Le médecin vient de mettre un nom sur la maladie : un cancer. Cette annonce peut faire l’effet d’une bombe pour le malade, mais également pour sa famille et ses amis. La question se pose alors : comment en parler à ses proches sans les inquiéter ?

« Il n’y a pas d’injonction à en parler à son entourage, souligne en premier lieu Caroline Marcotte, psycho-oncologue à l’Institut Curie. Le patient doit pouvoir évoquer sa maladie aux personnes avec qui il se sent en confiance ». S’il ne se sent pas prêt, le patient peut se tourner vers un interlocuteur plus neutre, comme un psychologue, qui peut l’aider à enclencher le dialogue.

Trouver les « mots justes » pour parler de son cancer

Les patients sont souvent très inquiets à l’idée de devoir parler de leur cancer et de ne pas trouver le bon moment ou la bonne manière de l’annoncer. Chaque cas est différent et comme le rappelle Caroline Marcotte « il n’y a pas de mots justes pour annoncer son cancer, ce sont les mots qui conviennent au patient ».

La spécialiste précise que le malade peut cependant « partir du contexte entourant cette annonce ». « Le patient peut évoquer les symptômes qui ont conduit aux différentes consultations médicales, puis l’annonce du cancer par le médecin et parler des traitements qui vont suivre », souligne-t-elle.

Comment l’annoncer à ses enfants ?

Alors que certains patients préfèrent protéger leurs enfants en leur cachant leur maladie, Caroline Marcotte « prône la vérité ». « Les enfants ont le droit d’être au courant d’un évènement si important, qui a des conséquences sur leur vie quotidienne. Ils ont besoin de mettre du sens à certains changements notamment aux émotions du parent concerné par la maladie », explique la psycho-oncologue. Elle ajoute : « un enfant qui ne comprend pas pourquoi sa maman ou son papa est très attristé, est un enfant qui peut vite se culpabiliser, et ainsi développer un mal-être important ».

La spécialiste préconise d’évoquer les choses simplement, notamment pour les plus jeunes, de discuter du mot « cancer » et de ses représentations chez l’enfant et de le rassurer en précisant que son parent sera suivi par un médecin. L’important est de « rester ouvert aux questions de l’enfant sans le forcer à parler ».

Pourquoi parler de son cancer à ses proches ?

Que ce soit auprès de son conjoint, de sa famille, de ses enfants ou même de ses amis, parler de son cancer permet de « partager une épreuve de vie, parler de ses besoins, expérimenter une écoute attentive », ce qui peut être bénéfique au patient. Partager cette information permet de briser la solitude du malade et de ne pas vivre son diagnostic comme un tabou. Les proches peuvent être une « épaule sur laquelle pleurer ou tout simplement une présence réconfortante ».

Évoquant la détresse des patients privés de visites pendant la crise sanitaire, Caroline Marcotte insiste : « les proches permettent un ancrage dans le quotidien d’avant la maladie. Le patient ne se sent plus réduit à la maladie et peut rester un individu en tant que tel ».

Sources

Merci à Caroline Marcotte, psycho-oncologue à l’Institut Curie. 

mots-clés : Cancer
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