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Atteint d’un double cancer de l’œsophage et de l’estomac depuis plus de deux ans, Bernard Tapie a décidé, en désespoir de cause, de se lancer dans un traitement expérimental à l'hôpital universitaire de Louvain, en Belgique. Les chimiothérapies classiques sont restées sans effet sur sa maladie, qui s’est donc largement propagée et métastasée. Dans une interview accordée à Soir Mag, l’homme d’affaires de 77 ans fait des révélations bouleversantes sur son état de santé.

Bernard Tapie, au plus mal à cause de son traitement

C’est avec une voixméconnaissable, sourde, éraillée”, selon nos confrères belges, que l’ex-patron de l’OM s’est confié. Le cancer a, en effet, endommagé ses cordes vocales, lui laissant une tonalité plus aiguë et très étouffée. Quant au traitement qu’il suit depuis janvier dernier, il met aussi son corps à rude épreuve.

“Le traitement a des résultats très significatifs quant à leur efficacité sur les tumeurs, mais la difficulté, c’est d’arriver à en supporter les conséquences”, explique Bernard Tapie. “Ce ne sont pas les effets secondaires habituels d'une chimio. Ici, ce traitement peut altérer le cœur et l'assistance respiratoire, donc il peut incontestablement mettre en péril celui qui le subit. Avec ce traitement, je me sens donc actuellement beaucoup plus mal”, ajoute-t-il.

“Sans mon traitement à Louvain, je serais déjà mort !”

Bien que les effets secondaires de ce procédé expérimental “interviennent de manière plus violente” que les symptômes de ses deux cancers réunis, l’homme politique se montre très reconnaissant envers son créateur, le professeur Eric Van Cutsem, estimant que ce dernier lui a sauvé la vie.

“Les professeurs qui me soignent en France, voyant que les traitements que je recevais depuis deux ans ne donnaient pas bons résultats, ont cherché si, dans le monde, il existait éventuellement d'autres possibilités”. Ce sont donc eux qui l’ont orienté vers la Belgique. “Sans mon traitement à Louvain, je serais déjà mort !”, concède le millionnaire.

“C’est le professeur qui va trancher pour savoir si on continue”

Malheureusement, Bernard Tapie supporte de moins en moins ces effets indésirables extrêmement lourds… Mais il ne compte pas baisser les bras pour autant. Des discussions sont en cours avec les médecins qui le soignent pour “voir s’il n’y a pas une autre possibilité de traitement”.

En parallèle, le politicien reconverti dans le théâtre “fait appel à tout ce qui est susceptible de combattre cette maladie, comme par exemple l’aromathérapie, la mésothérapie, les médecines douces”... Et il accepte de laisser son destin entre les mains du Pr Van Cutsem. “C’est le professeur qui va trancher pour savoir si on continue [le traitement], au risque de me voir mourir guéri de mon cancer”, confie-t-il.

Bernard Tapie se considère dans un “état végétatif”

Bernard Tapie se considère dans un “état végétatif”

En dépit de sa force mentale, et de la longue bataille qu’il mène depuis deux ans contre le cancer, Bernard Tapie se montre lucide quant à ses chances de s’en sortir. Il estime en effet qu’à défaut de guérir, il souhaite surtout “prolonger” son temps de vie.

Ses tumeurs ont, certes, “diminué de taille”, mais leur quantité est loin d’avoir faibli. L’ancien homme politique explique qu’il peut “connaître des rémissions partielles, même une rémission totale momentanée”, mais que son cancer “repartira à un moment ou un autre”.

L’homme politique estime que sa vie n’a plus de sens

Et s’il espère gagner quelques années, il considère que sa vie actuelle “n’a aucun sens par rapport à [sa] vie d’avant. Ce n’est même pas comparable”.

Après “avoir eu la chance” de mener une vie très riche “sur le plan des émotions, du sentiment, des satisfactions professionnelles”, mais aussi “d’avoir eu la même épouse pendant 44 ans, d’avoir des amis fidèles, des activités dans tous les domaines de la vie”, Bernard Tapie vit d’autant plus mal le fait de “passer à l’état végétatif, parce qu’on n’est plus capable de faire autre chose”.

Bien qu’il estime avoir apprécié sa vie d’autrefois “pour autant qu’elle était appréciable”, il regrette d’être désormais “incapable de mener une activité qui soit à la hauteur de ce que je sais faire”.

Bernard Tapie garde espoir et s’estime chanceux d’être en vie

Malgré la difficulté de ce qu’il traverse, l’homme d’affaires arrive à garder un certain optimisme, témoignant toute sa gratitude à son médecin et au traitement qui lui ont permis de reste en vie. Et garde bon espoir pour la suite : “je suis certain que la phase 2 va se terminer par un succès”.

Quels sont les cancers dont souffre Bernard Tapie ?

Quels sont les cancers dont souffre Bernard Tapie ?

Bernard Tapie souffre d’un double cancer de l’œsophage et de l’estomac. Le premier touche environ 4600 nouvelles personnes chaque année, le second enregistre en moyenne 6500 nouveaux cas par an. Ils font partie des trois cancers digestifs les plus fréquents, derrière celui du côlon.

Cancer de l’œsophage : alcool, tabac et obésité augmentent vos risques

L’œsophage est un long tube musculaire qui relie le pharynx à l’estomac. Il peut être touché par deux types de cancers : les carcinomes épidermoïdes, qui sont les plus fréquents, et les adénocarcinomes. Le tabac, l’alcool et l’obésité sont les principaux facteurs de risque de cette maladie. Souffrir de reflux gastro-œsophagien chronique peut aussi le favoriser.

Plusieurs signes peuvent orienter les médecins vers un diagnostic de cancer de l’œsophage : “une dysphagie progressive et persistante, une altération de l’état général (perte d’appétit, fatigue, amaigrissement) ou encore la survenue de régurgitations, un hoquet et une haleine fétide”, précise l’Institut national du cancer sur son site.

Cancer de l’estomac : surveillez votre alimentation !

L’estomac est un organe qui joue un rôle majeur dans la digestion des aliments. 90 % des cancers qui le touchent sont des adénocarcinomes, et les hommes sont plus fréquemment touchés que les femmes. Plusieurs facteurs de risque peuvent le favoriser : une gastrite chronique liée à une infection bactérienne, le tabagisme, une mauvaise alimentation (trop de produits gras ou salés, pas assez de fruits et de légumes) mais aussi des antécédents familiaux.

“Le plus souvent, le cancer de l'estomac est évoqué devant les symptômes suivants : douleurs localisées à la partie haute de l'abdomen, nausées et vomissements répétés, altération de l'état général (perte d'appétit, fatigue, amaigrissement), dysphagie, saignements gastro-intestinaux et/ou anémie chronique”, indique l’Institut national du cancer.

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Sources

Le cancer de l’œsophage : points clés, Institut national du cancer. 

Le cancer de l'estomac : points clés, Institut national du cancer.

Interview exclusive de Bernard Tapie: « Ce médecin belge m’a sauvé la vie!», Soir Mag, 26 août 2020. 

mots-clés : Cancer
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