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En France, le cancer de la prostate est le plus fréquent chez l’homme. Chaque année, la maladie fait 71 000 nouvelles victimes.

La prostate est la glande sexuelle masculine située entre la vessie en haut, le rectum en arrière, enserrant l'urètre qui conduit l'urine de la vessie au méat, en forme de marron à pointe dirigée vers le bas. "Son rôle est de produire une petite partie des sécrétions qui, avec les spermatozoïdes, constituent le sperme", explique la Ligue contre le Cancer.

Un cancer de la prostate va se développer à partir d'une cellule normale, qui se transforme et se multiplie de façon anarchique, formant une masse appelée tumeur.

"Le plus souvent, le cancer de la prostate n'occasionne pas de troubles urinaires car il se développe en périphérie de la prostate et ne comprime pas l'urètre. Il peut cependant arriver que certains troubles se manifestent, en particulier à un stade avancé", poursuit la Ligue. La rédaction Medisite les aborde avec le Pr Laurent Salomon du service d’urologie de l’Hôpital Henri Mondor (Créteil).

Des troubles urinaires

"L’envie fréquente d’uriner, les difficultés à uriner sont souvent dues à une augmentation du volume de la prostate plus liée à une hypertrophie bégnine de la prostate qu’à un cancer" indique le Pr Laurent Salomon, urologue. En effet, la prostate se découpe en trois zones, un peu comme un œuf : la partie transitionnelle et la partie centrale qui constitueraient l’œuf, et la partie périphérique qui serait la coquille. Le cancer concerne en général la partie périphérique, alors que les troubles urinaires, dans l’immense majorité des cas, sont dus à l’augmentation du volume des parties centrales et transitionnelles (adénome de la prostate). Mais certains cancers de la prostate peuvent se développer localement et entraîner des troubles mictionnels. Ces tumeurs se diagnostiquent le plus souvent par l’examen clinique et le toucher rectal.

Des problèmes d'érection, d'éjaculation

Si le cancer de la prostate est le plus souvent asymptomatique au début, il peut engendrer plusieurs troubles quand il évolue. Par exemple des éjaculations douloureuses et des troubles de l'érection. Néanmoins, pas de panique ! Le Pr Laurent Salomon, urologue, indique qu'il est extrêmement rare que ces symptômes soient des signes d'appel du cancer. Ils peuvent être causés par de nombreuses autres affections. Le mieux c'est de les signaler à son médecin traitant.

Des douleurs dans le dos ou le bas ventre

"Aujourd’hui, grâce au diagnostic précoce, 35 000 à 40 000 cancers de la prostate, sur les 50 000 déclarés, sont détectés alors qu’ils sont encore localisés. Les 10 à 15 000 restant qui ont commencé à se disséminer et donner des métastases, se manifestent par des douleurs : dans le dos lorsque les os sont touchés, dans le bas du ventre lorsque les ganglions de la région pelvienne sont atteints, dans le côté, avec des douleurs ressemblant aux coliques néphrétiques lorsque l’uretère est comprimée par la tumeur" explique le Pr Laurent Salomon, urologue.

Une grosseur lors du toucher rectal

"L’un des moyens le plus simple est le toucher rectal" constate le Pr Laurent Salomon. En effet, la prostate est proche du rectum, il est donc facile d’évaluer son aspect par ce biais. Si le praticien sent un gonflement prostatique, une grosseur, il peut s'agir d'un cancer.

À savoir : L’examen n’est pas très agréable mais n’est pas douloureux et peut être pratiqué sans danger au cabinet du médecin traitant.

L’élévation des PSA

"Les PSA sont des substances produites par les cellules de la prostate : si celles-ci prolifèrent, mécaniquement, le taux de PSA augmente" explique le Pr Laurent Salomon, urologue. "Il n’est pas question de proposer un dépistage organisé systématique comme pour le cancer du sein ou du côlon, mais il peut être intéressant de poser un diagnostic précoce du cancer de la prostate à partir de 50 ans, ou plus tôt (45 ans) dans les populations à risque comme les Afro Antillaises ou dans les familles ayant des antécédents de cancer de la prostate. C’est à ce stade précoce que le cancer est curable.

Quand faire vérifier son taux de PSA ? "50 ans est un premier âge charnière" résume l'urologue. "S’il est inférieur à 1,5 une surveillance 3 ou 5 ans plus tard est suffisante. S’il est supérieur, la surveillance doit être rapprochée ou, en fonction du cas, une biopsie peut être envisagée. Une deuxième prise de sang à 60 ans est également intéressante : si à cet âge, le taux de PSA est inférieur à 1, les risques de décéder d’un cancer de la prostate sont extrêmement faibles (de 0,02%) et l’on peut alors laisser la personne tranquille."

Des bactéries présentes dans l'urine

Une nouvelle étude publiée dans la revue European Urology Oncology menée sur plus de 600 patients vient de faire le lien entre des bactéries présentes dans l'urine et la survenue de cancer de la prostate.

Les scientifiques ont identifié cinq types de bactéries qui étaient fréquemment détectés dans les échantillons d'urine d'hommes dont les cancers sont finalement devenus agressifs.

"Parmi les choses que nous ne savons pas encore, il y a la façon dont les gens captent ces bactéries, si elles causent le cancer ou si une mauvaise réponse immunitaire permet la croissance de la bactérie, commente le Dr Rachel Hurst, membre de l'équipe de recherche. Mais nous espérons que nos découvertes et nos travaux futurs pourront conduire à de nouvelles options de traitement, qui pourraient ralentir ou empêcher le développement d'un cancer agressif de la prostate.

Selon les chercheurs, il est possible que certaines de ces bactéries fabriquent des hormones qui favorisent le développement de tumeurs agressives.

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Sources

Merci au Pr Laurent Salomon du service d’urologie de l’Hôpital Henri Mondor (Créteil).

https://euoncology.europeanurology.com/article/S2588-9311(22)00056-6/fulltext

https://www.ligue-cancer.net/article/26095_cancer-de-la-prostate#4

Vidéo : Prostate : pourquoi ces habitudes vous mettent en danger

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