Selon les dernières données de l’Anses (Agence nationale sécurité sanitaire alimentaire nationale), la consommation moyenne de sel des Français est de 8 g par jour chez les hommes et 6,5 g par jour chez les femmes et les enfants. Des chiffres bien au-delà des 5 g par jour préconisés par l’OMS (Organisation mondiale de la santé).

Si consommé avec modération, le sel est sans danger pour la santé, il peut à trop forte dose devenir dangereux. En effet, il peut conduire à de l'hypertension artérielle, des maladies cardiovasculaires, des cancers, ou même favoriser l’ostéoporose.

Selon une récente étude américaine publiée dans l'European Heart Journal, les chercheurs ont dévoilé que trop saler ses plats était aussi lié à des risques de décès précoces. Ces travaux ont été dirigés par le professeur Lu Qi de l'École de santé publique et de médecine tropicale de l'Université de Tulane (Nouvelle-Orléans, États-Unis).

Une surconsommation de sel peut réduire la longévité de 2,3 ans

Lors de cette enquête, les chercheurs se sont appuyés sur les données de 500 000 Britanniques ayant pris part à l’étude UK Biobank (grande étude de long terme aux Royaume-Uni qui a débuté en 2006). Les participants ont été suivis pendant une moyenne de 9 ans. Au début de l’étude, ils ont dû répondre à un questionnaire concernant leur ajout de sel pendant les repas. L'étude n’incluait pas l’assaisonnement au moment de la cuisson.

Les personnes qui assaisonnaient toujours leurs plats avaient un risque 28% plus élevé de mourir prématurément. À l'âge de 50 ans, les personnes qui ajoutaient toujours du sel avaient une espérance de vie inférieure de 2,3 ans pour les hommes et 1,5 an pour les femmes.

Si le fait de mettre du sel supplémentaire dans les aliments est associé à un risque plus élevé de décès prématuré, les scientifiques ont également découvert que ce risque était légèrement réduit chez les personnes qui consommaient en plus beaucoup de fruits et légumes.

"Nous n'avons pas été surpris par cette découverte, car les fruits et légumes sont des sources majeures de potassium, qui ont des effets protecteurs et sont associés à un risque moindre de décès prématuré", a déclaré le professeur Qi de l’Université de Tulane et auteur de l’étude. Néanmoins, ces résultats n’étaient pas significatifs.

Espérance de vie : l’importance de modifier ses habitudes alimentaires

"À ma connaissance, notre étude est la première à évaluer la relation entre l'ajout de sel aux aliments et la mort prématurée", a affirmé le professeur Lu Qi.

Il considère ces premiers résultats comme encourageants : "Cela fournit de nouvelles preuves à l'appui des recommandations visant à modifier les comportements alimentaires pour améliorer la santé. Même une réduction modeste de l'apport en sodium, en ajoutant moins ou pas de sel aux aliments à table, est susceptible d'entraîner des avantages substantiels pour la santé, en particulier lorsqu'elle est obtenue dans la population générale.”

Cependant, le professeur QI maintient que “ d'autres études sont nécessaires pour valider les résultats avant de faire des recommandations”. Il recommande tout de même aux personnes à haut risque de maladie cardiaque de réduire leur consommation de sel. "Ne pas ajouter de sel supplémentaire aux aliments déjà préparés est un moyen d'y parvenir”, martèle l’expert.

Sources

https://www.theguardian.com/society/2022/jul/11/adding-salt-table-food-linked-earlier-death-study

https://www.anses.fr/fr/content/le-sel

https://www.eurekalert.org/news-releases/958162

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