L’automne rime souvent avec poussée inflammatoire, les températures plus fraîches, mais surtout le retour de mauvaises habitudes peuvent l’expliquer. Comment éviter la crise de goutte ? Conseils et solutions.
La goutte, une inflammation soudaine, souvent localisée au niveau du gros orteil , touche près de 600 000 adultes en France d'après l'Association Française de Lutte Antirhumatismale (AFLAR). En automne, plusieurs mécanismes physiologiques et environnementaux conjuguent leurs effets pour saturer l'organisme en acide urique et cette période de l’année peut ainsi être plus difficile à traverser pour les malades.
Automne : un cumul des risques ?
Comme dit plus haut, l’inflammation physique responsable de la goutte cible en priorité le gros orteil et les chevilles. Ces articulations périphériques affichent une microcirculation ralentie et une température basale plus basse que le reste du corps, ce qui explique pourquoi 56 % à 78 % des premières crises s'y concentrent, selon l'AFLAR.
Mais la météo n’est pas la cause principale. Le climat automnal modifie également l'hydratation. Avec la baisse de la sensation de soif, les apports hydriques diminuent, ce qui concentre les urates dans le sang et réduit leur élimination par les reins, comme le confirment des travaux publiés dans The American Journal of Medicine. Parallèlement, le mode de vie automnal tend à favoriser l’inflammation : l'alimentation s'alourdit en plats riches en purines comme le gibier, les abats et les sauces, tandis que la consommation de bière ou d'alcools forts accentue ce phénomène. A cela s'ajoute un mode de vie souvent plus sédentaire, qui accentue lui-aussi l’inflammation.
Quels sont les bons gestes dès les premiers signes ?
L'accès goutteux débute souvent en seconde partie de nuit par des signes discrets : une sensation de brûlure, un engourdissement ou un tiraillement sourd. Très vite, l'hypersensibilité devient si vive que le simple contact d'un drap de lit sur l'orteil déclenche une souffrance aiguë.
Il faut alors agir vite, dans les douze premières heures. Si vous êtes sujet à la goutte, votre médecin vous a certainement prescrit un traitement à base de colchicine ou d'anti-inflammatoires non stéroïdiens. Pour calmer la douleur, vous pouvez appliquer du froid sur la zone mais éviter le chaud, qui peut au contraire avoir l’effet inverse à celui escompté et augmenter les douleurs.
L'Académie nationale de médecine rappelle également de ne jamais interrompre un traitement de fond comme l'allopurinol durant la crise aiguë, sous peine d'accentuer la mobilisation des cristaux.
Les mesures préventives contre les récidives automnales
La protection contre le froid est la première piste. Porter des chaussettes respirantes, maintenir une température tempérée dans la chambre et éviter des sols froids limitent le refroidissement des extrémités.
Deuxième piste,boire suffisamment, même si la soif est moins intense qu’en plein été : 1,5 à 2 litres d'eau par jour soutiennent l'élimination rénale. Les eaux minérales riches en bicarbonates se révèlent particulièrement utiles pour alcaliniser le pH urinaire et freiner la formation des calculs.
Côté table, la modération s'impose sur les boissons sucrées ou aux édulcorants, les plats industriels, les viandes, charcuteries et plats en sauce. En revanche, les laitages allégés exercent un effet protecteur reconnu. Parallèlement, essayez de conserver un mode de vie aussi actif que possible. Enfin, un suivi régulier chez votre médecin est nécessaire pour contrôler la maladie tout au long de l’année.