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En prenant de l’âge, la perte progressive de l’audition est fréquente. C’est ce que l’on appelle la presbyacousie. “Cette conséquence du vieillissement est la cause la plus fréquente de surdité chez les plus de 50 ans”, souligne le Vidal de la santé. Entre 5 et 6 millions de Français seraient concernés par ce problème - soit une personne sur trois âgées de plus de 65 ans et une personne sur deux à partir de 75 ans !

Pourtant, seulement un patient sur cinq est pris en charge, et équipé d’une aide auditive, en France. Les autres sont donc plus à risque de vivre dans l’isolement, “par manque d'information ou par déni de leurs troubles auditifs”.

En effet, ce trouble qui apparaît de façon progressive sur les deux oreilles, peut être difficile à déceler. Le Vidal recommande de faire contrôler son audition tous les ans, à partir de 60 ans. Pour cela, vous pouvez vous rendre chez un audioprothésiste, qui propose bien souvent des tests gratuits. Au quotidien, il convient aussi d’être attentif à certains signaux, que nous vous décrivons dans les pages suivantes.

Des aigus moins nets

La presbyacousie est une baisse auditive progressive qui ne concerne que certains types de sons. Ce sont d’abord les aigus qui s’estompent (aigus sur lesquels reposent pourtant 60 % de la compréhension vocale...), en particulier lorsque le volume de ces sons est trop faible ou trop élevé.

Résultat : le presbyacousique a d’abord du mal à distinguer les voix de femmes et d’enfants, mais aussi les chuchotements ou certaines consonnes (S, Z, CH, F, V). Vous pouvez donc confondre des mots comme “six” et “dix”. Lorsqu’il y a de l’écho, comme dans une église, le son est également plus difficile à percevoir.

Autre signe d’alerte : les volumes sonores élevés sont parmi les premiers à être touchés. Autrement dit, que le son soit aigu ou grave, s’il est trop fort, la personne qui souffre de presbyacousie aura du mal à les comprendre ou à les percevoir. Il est donc possible de ne pas entendre sonner le téléphone ou la porte d’entrée.

Par ailleurs, le patient continue à entendre les sons graves, mais ces derniers peuvent néanmoins être moins bien perçus. Si les voix masculines restent audibles, elles arrivent à l’oreille comme un ensemble incompréhensible.

Un entourage qui n’articule pas

Un entourage qui n’articule pas© Istock

Toute baisse auditive entraîne une moindre compréhension. En cas de presbyacousie, même débutante, on peut avoir l’impression désagréable et franchement agaçante que son interlocuteur n’articule pas… Et c’est encore pire au téléphone, en société, en famille ou entre amis !

Cette baisse de compréhension de la parole est encore plus prononcée en milieu bruyant. Il est donc fréquent que le presbyacousique ait besoin de suivre le mouvement des lèvres de son interlocuteur pour le comprendre, et prendre part à la conversation.

Au départ, il peut aussi demander à son entourage de répéter, de parler plus fort, plus intelligiblement. Mais sans diagnostic et sans prise en charge de la perte auditive, l’attitude des autres finit par énerver. En cas de baisse importante, une réelle frustration peut s’installer. Après plusieurs années, le patient peut même finir par ne plus prendre part aux conversations et par s’isoler…

Des acouphènes

La presbyacousie peut s’accompagner d’acouphènes. Ces bruits, qui se manifestent dans les oreilles ou de manière diffuse à l’intérieur de la tête et qui n’ont pas de source extérieure réelle, sont le signe le plus visible, et peut-être le plus gênant, de la dégradation auditive.

Souvent perçus par l’entourage comme une "vue de l’esprit", ils accentuent le sentiment d’isolement que favorise déjà la presbyacousie… À noter : l’exposition à des environnements bruyants peut renforcer ces bourdonnements.

Des remarques de proches

Enfin, si l’on a rarement conscience de sa baisse auditive, le conjoint, les amis ou les enfants en sont eux, parfaitement conscients ! Il n’est pas rare qu’ils se sentent dérangés et le fassent savoir. Des remarques sur le volume de votre télévision ou de votre radio sont un signe auquel il vaut mieux être attentif.

En cas de doute, surveillez le niveau du volume de votre télécommande. S’il augmente fréquemment, faites un test audition et consultez un médecin ORL.

Le test auditif de l’Assurance maladie

Le test auditif de l’Assurance maladie© Istock

Sur son site, l’Assurance maladie propose un test simple pour savoir si vous souffrez d’une perte d’audition. Il consiste à répondre aux questions suivantes :

  • Au téléphone, avez-vous du mal à comprendre les noms propres et les nombres ?
  • Éprouvez-vous des difficultés à suivre une conversation dans un lieu bruyant ?
  • Peinez-vous à suivre une conversation lorsque plusieurs personnes parlent en même temps ?
  • Augmentez-vous régulièrement le volume de la télévision et de la radio ?
  • Suivre une conversation vous demande-t-il un effort ?
  • Faites-vous parfois répéter vos interlocuteurs ?
  • Avez-vous l'impression que votre entourage articule mal ?
  • Répondez-vous parfois à côté de la plaque, car vous n’avez pas compris la question ?
  • Avez-vous du mal à comprendre les enfants lorsqu’ils parlent ?
  • Au cinéma ou à la télévision, avez-vous du mal à comprendre les films étrangers, doublés en langue française ?
  • Vous arrive-t-il de ne pas entendre la sonnette de la porte ou la sonnerie du téléphone ?
  • Dans la rue, êtes-vous parfois surpris par l’arrivée d’un véhicule ?
  • Éprouvez-vous plus de difficultés à comprendre votre interlocuteur dans l’obscurité ?
  • Entendez-vous mal le bruissement des feuilles ou le chant des oiseaux ?

Vous avez répondu “oui” à au moins trois des questions précédentes ? C’est peut-être le signe que vous avez une perte d’audition. Consultez votre médecin traitant qui vous orientera, le cas échéant, vers un spécialiste ORL.

Sources

Presbyacousie, Vidal. 

Les signes d’alerte d’une surdité chez l'enfant et chez l'adulte, Ameli.fr

Les signes de la perte auditive, Polyclinique de l'oreille. 

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