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Peut-on être malade du bruit ?

« Au-delà des effets sur l’audition, le bruit peut affecter l’ensemble de l’organisme, en entraînant des troubles de formes très diverses : perturbation du sommeil, désordres cardio-vasculaires, troubles digestifs, effets sur le système endocrinien, aggravation des états anxio-dépressifs. Les effets délétères du bruit résultent habituellement d’un processus long et complexe influencé par un grand nombre de facteurs. », explique Valérie Rozec, responsable de projets « santé environnement » au Centre d'information sur le bruit (CidB).

Plusieurs enquêtes montrent sa nocivité : c’est ainsi que le centre d’information et de documentation sur le bruit (CIDB), suite à une enquête en 2010, a montré que 35% des personnes interrogées accusaient le bruit de perturber leur sommeil, 26 % le vivaient comme une source de stress, 22 % ont développé une fatigue importante et des tensions nerveuses, 10 % ont pris des médicaments et 7 % seraient devenus dépressifs.

Bruitparif, l’observatoire du bruit en Ile-de-France, a aussi rendu un rapport en février 2019, montrant qu’un Francilien en bonne santé perd environ 11 mois (10,7 en moyenne) de sa vie à cause du bruit et jusqu’à trois ans pour les personnes les plus fortement exposées.

Effectivement : « au sein de la zone dense francilienne, la population est fortement exposée au bruit des transports sur l’ensemble de la journée puisque près de 90 % des habitants, soit plus de 9 millions de personnes, font face à des niveaux supérieurs aux valeurs recommandées par l’OMS. », découvre-t-on sur le rapport. Le trafic routier en serait le principal responsable, suivi par les trafics aérien et ferroviaire.

Les bruits les plus nocifs

Les bruits les plus nocifs© Istock

Quelle que soit la nature et la source du bruit, c’est son intensité qui va être à l’origine de troubles auditifs (baisse de l’audition, acouphène, hyperacousie).
Mais des bruits de plus faible intensité peuvent nuire également à la santé : « Les études ont montré que des riverains d’infrastructures de transport soumis à des niveaux supérieurs à 55 dB(A) risquaient à moyen terme de développer des maladies cardio-vasculaires, des troubles du sommeil, du stress... Selon un sondage IFOP, 86 % des Français seraient gênés par le bruit à leur domicile. », explique Valérie Rozec.

Les bruits de voisinage sont également une source de plaintes dans les centres urbains denses. « Beaucoup de facteurs interviennent pour maximiser la gêne : ne pas connaître le fauteur de trouble, de ne pas prévoir l’occurrence du bruit ni le contrôler... Il peut alors être vécu comme une confrontation permanente et peut être à l’origine d’effets extra-auditifs (gêne, stress, perturbations du sommeil, maladies cardio-vasculaires...) ».

Bruit au travail... les conséquences

Bruit au travail... les conséquences© Istock

Il existe des activités professionnelles où le bruit fait partie de l’environnement de travail. « Certains métiers dans l’industrie sont considérés comme étant à risque de développer des troubles auditifs : chaudronnier, imprimeur ou carrossier par exemple. Les protections auditives y sont obligatoires et la valeur limite d’exposition ne doit pas dépasser 87 dB(A) sur 8h », explique Valérie Rozec.

Beaucoup sont gênés : « 85 % des travailleurs seraient gênés sur le leur lieu de travail. Du côté du secteur tertiaire, les salariés ne sont pas épargnés, notamment dans les « open-space ». Cela peut entraîner une fatigue accrue, un stress, des troubles musculo-squelettiques, de l’insatisfaction due aux difficultés à se faire comprendre, des difficultés à supporter le moindre bruit chez soi, des problèmes de sommeil, de l’anxiété... ».

Sachez-le : les troubles cardiovasculaires, en particulier l’hypertension, sont plus fréquents chez les travailleurs exposés au bruit.

Peut-on agir ?

Peut-on agir ?© Istock

Chez soi, la première solution est de rencontrer son voisin, si possible dans un cadre convivial, pour lui exprimer sa gêne face au bruit, puis de trouver ensemble des solutions aux nuisances sonores. Des solutions simples existent pour atténuer les bruits d'impact, comme la pose d'un tapis ou des feutres sous les tables et les chaises. Si cela ne suffit pas, n’hésitez pas à faire intervenir un médiateur.

Si vous êtes propriétaire : avant tout travaux, faites au préalable venir un bureau d’études en acoustique pour connaître les solutions possibles à mettre en œuvre. Un point info-bruit existe au CidB, sur rendez-vous, pour vous orienter dans vos rénovations.

Dans le cadre du travail, « l’employeur doit informer les salariés des risques pour leur audition et mettre en place les moyens de s’en protéger (correction acoustique des locaux, encoffrement des machines, limitation du temps d’exposition, protections individuelles, audiogrammes). Dans le tertiaire, il est nécessaire d’adapter les espaces de travail aux activités qui s’y déroulent et de réaliser une charte de vie au bureau (échanges à voix basse, téléphone sur vibreur...). », explique Valérie Rozec.

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Sources

Impacts sanitaires du bruit des transports dans la zone dense de la région Ile-de-France, Bruitparif, février 2019.

Les nuisances sonores de voisinage dans l’habitat, CIDB, 2010.

Les Français et les nuisances sonores, Ifop, octobre 2014.

Enquête sur le bruit et les nuisances sonores au travail à l’occasion de la Journée Nationale de l’Audition, Ifop, septembre 2017.

Vidéo : Nuisances sonores : les précautions à prendre quand on est actif

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