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Silence pesant, lourd, gênant. Le silence est parfois mal perçu et mal vécu dans notre société moderne, extrêmement bruyante, surtout dans les centres urbains. Sur les routes, les rails, dans le ciel, les bruits extérieurs sont sans cesse présents. Et même à la maison, on a de plus en plus de mal à se passer du bruit. Télévision ou radio allumée, notifications sur son smartphone, il est de plus en plus rare de rester dans un véritable silence plus de quelques instants. Pourtant, le silence - l'absence de bruit et le fait de ne pas parler - a de nombreuses vertus et ses bienfaits pour notre santé physique et mentale sont réels.

Le silence pour échapper au bruit

L'une des premières vertus du silence est d'échapper aux conséquences négatives du bruit, classé par l'Organisation mondiale de la santé comme deuxième cause de mauvaise santé dans l'ouest de l'Europe, derrière la pollution de l'air. "Le bruit provoque une fatigabilité psychique, mentale. Il nous déconcentre et impacte notre qualité de vie. Il est source de stress et d'anxiété", commente Jean-Christophe Seznec, psychiatre à Paris et auteur notamment de Savoir se taire, savoir parler (2017, éd. InterEditions) et Débranchez votre mental (2019, éd. Deluc).

Les nuisances sonores qu'on subit quasiment quotidiennement participerait notamment au développement de maladies cardio-vasculaires, à l'augmentation des difficultés d'apprentissage chez les enfants et à l'augmentation des troubles du sommeil.

Outre des effets négatifs sur l'audition, l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (AFSSET) a répertorié ainsi les effets d'expositions répétées et chroniques au bruit sur les individus :

  • Effets sur le sommeil
  • Effets sur le système endocrinien
  • Effets sur le système cardio-vasculaire
  • Effets sur le système immunitaire
  • Effets sur la cognition
  • Effets psychologiques

Le silence, bon pour le corps et le mental

Le silence, bon pour le corps et le mental

"Le silence nous permet d'être moins anxieux, moins dépressif. Il améliore notre concentration et notre attention et possède à la fois des vertus psychologiques et physiologiques", explique Jean-Christophe Seznec. En 2013, une étude menée sur des souris au Centre de recherches sur les thérapies dégénératives de Dresde avait montré qu'une exposition prolongée au silence avait permis, au bout d'une semaine, le développement chez les rongeurs de nouvelles cellules dans l’hippocampe, cette région du cerveau indispensable à la mémorisation, le repérage spatial et à certains sentiments.

Comment le silence peut réduire la tension

Outre ses bénéfices sur le cerveau, les bienfaits du silence sur la santé prennent le contrepied des risques du bruit. Le bruit augmente le rythme cardiaque, la pression artérielle, la production du cortisol (hormone du stress) notamment, selon l'OMS. De son côté, le silence participe à une diminution de la tension artérielle, un recul du stress et de l'anxiété et aide à retrouver un sommeil réparateur.

"Le silence permet de mettre au repos notre mental et notre activité cérébrale, l'objectif étant de se prémunir de l'épuisement cérébral. C'est ce qui se passe lors d'un burn out, le cerveau passe son temps à résoudre des problèmes qu'il a au travail alors qu'il a besoin de récupérer", ajoute Jean-Christophe Seznec, qui prône méditation et pleine-conscience, en silence, pour se sentir mieux.

Le silence, un impact positif chez les personnes sujettes au psoriasis

"De nombreuses études ont montré l'intérêt du programme MBSR (mindfullness-based stress reduction – réduction du stress par la pleine conscience) élaboré par Jon Kabat-Zinn (professeur de médecine à l'université du Massachusetts, docteur en biologie moléculaire et inventeur de la pleine-conscience, ndlr)", assure le psychiatre. "Méditer en pleine conscience consiste à se concentrer sur l'instant présent et à observer ses pensées, ses émotions, ses sensations", expliquait ce dernier dans une interview au Monde en 2012. "Parmi les nombreux bienfaits scientifiquement validés", il affirmait que la méditation de pleine conscience limitait les risques de rechute après une dépression, et avait un impact positif chez les patients souffrant de psoriasis. La méditation de pleine conscience enclencherait également "des changements cérébraux" qui "signalent une augmentation des émotions positives et une gestion plus efficace des difficultés en situation de stress".

Comment faire silence ?

Comment faire silence ?

Le silence, ce n'est pas seulement le fait de ne pas parler ou de se mettre totalement au calme. Il s'agit aussi d'être capable de chasser les ressassements et ruminations, de mettre son cerveau en veille. Comment parvenir à faire silence ? "Il faut être capable le matin de prendre le temps de se déchiffonner et de se reconnecter à soi en silence, par la méditation ou le yoga. Partir chiffonner au travail génère une accumulation de stress toute la journée qui le soir, peut se manifester par des troubles du sommeil", développe notre expert.

Silence : ce qu'il faut faire 3 fois par jour

Il recommande également la pratique de "la cohérence cardiaque pendant cinq minutes trois à quatre fois par jour, avec une respiration longue, profonde, ventrale". Pour ceux qui ne pratiquent pas la pleine conscience ou la méditation, il s'agit d'apprendre à contrôler sa respiration afin de mieux gérer son stress et diminuer son anxiété.

Un sas de décompression le soir

"Le soir, je conseille également un sas de décompression. Durant 10 à 15 minutes, dans le silence et assis, on se reconnecte à une expérience purement sensorielle pour revenir dans l'instant. Beaucoup de pathologie comme les addictions, les troubles du sommeil se manifestent le soir à cause du désordre de la journée. Une tension se met en place et se traduit par du grignotage ou la consommation d'alcool", précise Jean-Christophe Seznec. Il conclut : "la vie c'est un peu comme la musique, les silences et les respirations sont aussi importants que les notes".

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Sources

Jean-Christophe Seznec, psychiatre à Paris et auteur notamment de Savoir se taire, savoir parler (2017, éd. InterEditions) et Débranchez votre mental (2019, éd. Deluc)

Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (AFSSET)

Jon Kabat-Zinn : "La méditation est une façon d'être, son essence est universelle", Le Monde, 2012

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