Trois études, réunies dans un article publié dans la revue Social Psychological and Personality Science, confirment ce que des millions de femmes savaient déjà : une des raisons principales de simuler un orgasme est de préserver l’égo fragile de leur partenaire.

Les femmes simulent pour plus si leur partenaire gagne moins

Jessica Jordan, doctorante à l'Université de Floride du Sud et auteure principale - a confié à la presse l’origine de ses travaux : “je discutais avec l'un des collaborateurs d’un projet qui émettait l'hypothèse que les hommes qui n'étaient pas sûrs de leur masculinité seraient moins susceptibles de demander des feedbacks sur leurs ébats. Et ma pensée immédiate a été, cela n'a pas d'importance, car si une femme sent que son partenaire n'est pas en sécurité, elle ne lui dira jamais la vérité"

Et ses recherches ont confirmé son ressenti. En effet, plus une femme pense que l'ego de son partenaire est fragile, plus elle est susceptible de feindre des orgasmes pour le protéger.

Les questions d'argent s'inviteraient même au lit, selon les résultats d’un premier questionnaire rempli par 157 participantes. Les femmes qui avaient un meilleur salaire que leurs partenaires, étaient deux fois plus susceptibles que les autres de simuler des orgasmes.

Mais les différences de revenus n'est pas la seule raison d'enjoliver le plaisir reçu...

Simuler pour protéger les égos masculins fragilisés

Une deuxième étude, mise en avant dans le même article, affirme que si une femme reconnait penser que son amant a une "virilité précaire", il est possible de prédire qu'elle fait plus facilement semblant d'atteindre le 7ᵉ ciel pendant leurs rapports intimes. Cette situation entraînerait par ailleurs une satisfaction moindre, une plus grande anxiété et une communication moins honnête dans le couple.

Pour leur troisième recherche, les scientifiques ont demandé à 196 participantes d'imaginer avoir une relation avec un homme peu sûr de sa virilité. Elles ont reconnu seraient moins enclines à lui dire ce qu'elles pensent de ses "prouesses sexuelles", craignant d'aggraver son anxiété.

Pour Jessica Jordan, cette mauvaise communication au lit n'est pas du fait de l’homme ou de la femme, mais de notre environnement. En effet, dans les cultures occidentales les compétences sexuelles sont perçues comme un composant de masculinité. "La société dit que les hommes devraient être très masculins et les hommes ont tendance à se dire : 'Je devrais être masculin. Je devrais montrer ma masculinité, explique l'experte. Et donc, les femmes les aident à y parvenir", en enjolivant parfois leur plaisir au lit.

"Mon conseil serait en général que les couples commencent à parler de leurs besoins, à la fois sexuels et non sexuels, tôt et souvent dans une relation", conclut la spécialiste.

Les hommes auraient davantage “droit” à l’orgasme

Une autre étude, également publiée dans la revue Social Psychological and Personality Science, montre bien comment la société s'invite dans la chambre des couples. La majorité des participants interrogés par les chercheurs de l’université du Michigan estime que les hommes ont davantage “droit” d’atteindre le 7e ciel que les femmes. Les participants considèrent également que la gent féminine devait donner du plaisir pendant les ébats tandis que les hommes devaient le recevoir.

"Les inégalités entre les femmes et les hommes persistent dans divers domaines sociaux, y compris dans les relations sexuelles", reconnaît l’auteure principale de la recherche, Verena Klein. "Par exemple, les femmes ont beaucoup moins d'orgasmes que les hommes".

Lors d’une autre expérience, 223 personnes lisaient un texte où un couple hétérosexuel avait des relations sexuelles sans atteindre l’extase. La plupart des participants ont estimé que l’homme devait être plus déçu et frustré que sa conjointe.

Et, le résultat du dernier questionnaire présenté à 151 participants ne laisse plus aucun doute sur la vision patriarcale de la vie intime. À la question "imaginez que pendant un rapport sexuel entre une femme et un homme, un seul puisse avoir un orgasme : qui devrait en profiter ?" 66,2% des personnes interrogées ont répondu l'homme.

Les facteurs biologiques mis très souvent en avant pour expliquer l’écart en matière d'orgasme entre une femme et un homme pourraient ne pas être le seul élément en jeu “Notre étude montre que les éléments socio-contextuels jouent un rôle crucial dans la compréhension des inégalités entre les sexes en matière de plaisir charnel", a conclu Verena Klein lors d’une interview accordée à PsyPost.

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Sources

https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/19485506211067884

https://www.medicinenet.com/script/main/art.asp?articlekey=270716

https://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/19485506211053564

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