Cancers, maladies cardiovasculaires, pathologies digestives, troubles psychiatriques… La consommation sévère d’alcool peut entraîner de nombreux troubles de la santé. Selon une nouvelle étude britannique, une trop grande consommation accélère aussi l’horloge biologique de l’organisme. Les résultats ont été publiés dans la revue scientifique Molecular Psychiatry.

ADN : la longueur des télomères est liée au vieillissement

Les chercheurs de l’Université d’Oxford au Royaume-Uni ont recruté 245 354 volontaires pour participer à cette étude,

Ils ont comparé la longueur des télomères situés aux extrémités des chromosomes des différents participants. Les télomères sont des séquences d’ADN répétitives qui ne contiennent pas de gènes mais qui sont là pour préserver l’intégrité du patrimoine génétique. “Mais à chaque fois qu’une cellule recopie son ADN avant de se diviser, elle perd un petit bout de télomère, comme une photocopieuse qui rogne les marges du document original”, détaille l’Inserm. “D'un point de vue épidémiologique, la réduction de la longueur des télomères leucocytaires a été associée à plusieurs maladies liées au vieillissement, notamment la maladie d’Alzheimer, le cancer et les maladies coronariennes”, précisent les auteurs de l’étude.

La longueur des télomères est liée à l’âge, l’hérédité, le sexe, mais aussi aux facteurs environnementaux et au mode de vie de l’individu.

Boire 17 unités d’alcool par semaine accélère le vieillissement

En analysant les données des participants, les chercheurs ont trouvé une association significative entre une consommation élevée d’alcool et une longueur de télomères plus courte. Par exemple, les personnes qui buvaient 29 unités d’alcool par semaine, perdaient un à deux ans en termes de longueur des télomères, par rapport à ceux qui buvaient moins de six unités par semaine. Ils ont également constaté que les participants qui avaient été diagnostiqués avec un trouble lié à la consommation d’alcool, et donc susceptibles d’être des gros buveurs, avaient des télomères significativement plus courts que le groupe témoin. La différence pouvait aller jusqu’à six ans de vieillissement biologique entre les deux.

Les scientifiques suggèrent que cela pourrait être lié à une augmentation du stress oxydatif et de l’inflammation lorsque le corps transforme l’alcool. Ces deux éléments pouvant en effet endommager l’ADN.

Toutefois, ils ont aussi découvert que l’association entre le raccourcissement des télomères et la consommation d’alcool ne s’appliquait qu’aux personnes consommant plus de 17 unités par semaine. Cela correspond à un peu plus de dix verres de vin de 150 ml à 13°, ou 7 pintes (500 ml) de bière blonde à 6°, ou encore 10 verres de whisky de 5 cl à 40°.

En France, les pouvoirs publics recommandent de ne pas dépasser 10 verres d’alcool standard par semaine, avec un maximum de deux verres par jour et au minimum deux jours sans consommation. Après 65 ans, l’organisme tolérant moins bien l’alcool, il est conseillé de s’arrêter à 7 verres par semaine.

Sources

Alcohol consumption and telomere length: Mendelian randomization clarifies alcohol’s effects, Molecular Psychiatry

https://www.inserm.fr/c-est-quoi/ca-use-ca-use-c-est-quoi-telomeres/ 

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