Aidants : 5 signes que vous mettez votre santé en danger
En France, entre 8 et 11 millions de personnes accompagnent au quotidien un proche âgé ou malade, s’épuisant souvent en silence. S'occuper d'un proche dépendant mobilise une énergie continue qui éclipse les besoins fondamentaux de l'aidant, l'enfermant dans une spirale destructrice…
1er signe : vous repoussez vos propres soins médicaux
L'abandon du suivi personnel représente le premier motif d'alerte. À force de faire passer la santé de son proche avant toute chose, l'aidant oublie le minimum syndical pour lui, et délaisse ses propres consultations de médecins ou de dentistes. D'après les chiffres officiels du Haut Conseil de la santé publique, 31 % des aidants finissent par délaisser ouvertement leur propre santé. 49% d'entre eux déclarent aujourd'hui que leur rôle a des conséquences négatives directes sur leur bien-être.
2e signe : votre sommeil et votre corps ne récupèrent plus
Une longue période de fatigue s'installe, le repos se fragmente et les réveils nocturnes deviennent habituels… Le corps ne parvient plus à récupérer des efforts du quotidien, entraînant des tensions physiques durables. Les données de terrain indiquent que près de 20 % des aidants sont directement concernés par des troubles importants du sommeil ainsi que par des douleurs dorsales chroniques qui s'installent dans la durée.
3e signe : le moral dans les chaussettes et une santé mentale fragilisée
Ici, il ne s'agit plus d'une simple fatigue passagère, mais d'une souffrance psychologique profonde. Anxiété diffuse, surmenage permanent ou même sentiment de dépression s'immiscent dans le quotidien. Selon les travaux et chiffres relayés par le Haut Conseil de la santé publique, 37 % des aidants constatent que leur santé mentale se dégrade nettement sous le poids de la charge mentale.
4e signe : vous rompez tout contact avec l'extérieur
L'obligation d'une présence constante comprime inexorablement l'espace réservé aux relations personnelles et aux activités de détente. L'aidant se coupe progressivement de son entourage. L'isolement frappe massivement : 85 % des aidants consacrent moins de temps à leur vie sociale, et 62 % d'entre eux ont carrément dû abandonner leurs loisirs et passe-temps habituels.
5e signe : une impression d'être à bout et un risque d'épuisement total
Lorsque la pression s'accumule sans soupape de sécurité, l'aidant frôle la rupture. Les données mentionnées par le Haut Conseil de la santé publique rappellent que cet épuisement persistant peut avoir des répercussions dramatiques, allant jusqu'à évoquer un risque de surmortalité important chez les personnes soumises à cette tension extrême. Un choc d'autant plus lourd que plus de 40 % des aidants continuent de travailler en parallèle, quitte à aménager leurs horaires ou à sacrifier leur carrière.
Même si cela est souvent très difficile, être aidant, ce n’est pas devoir sacrifier sa propre santé. Au risque de ne plus être en mesure de remplir votre rôle. Demander du relais, prendre du temps pour soi et accepter de souffler ne signifie pas abandonner son proche, mais se donner les moyens durables de continuer à l'aider.
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Haut Conseil de la santé publique (HCSP) — Actualité et dossier en santé publique (ADSP), n° 109 : « Les proches aidants ou des solidarités en action », article de Joël Ankri, déc. 2019, p. 20-23.