Sclérose en plaques (SEP) : une nouvelle voie de traitement découverte... le sport !

Publié par Edouard Korvaul
le 26/05/2026
sclérose en plaques
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L'exercice physique améliore-t-il les symptômes de la sclérose en plaques ? Une étude majeure publiée dans Nature Metabolism identifie l'irisine, une hormone produite durant l'effort, comme un agent neuroprotecteur capable de freiner la perte neuronale et donc la maladie.

L'activité physique est régulièrement conseillée aux patients souffrant de sclérose en plaques pour améliorer leur quotidien et leur endurance. Mais les mécanismes biologiques exacts permettant au sport d'atténuer l'évolution de cette maladie neurodégénérative restaient en grande partie inexpliqués. Une récente avancée médicale vient d'élucider ce mystère, révélant une voie inédite pour lutter contre la perte neuronale.

L'irisine, une molécule qui relie l'exercice à la santé cérébrale

Une vaste collaboration internationale menée par le Mass General Brigham aux États-Unis et le Centre médical universitaire de Hambourg-Eppendorf en Allemagne a mis en lumière une molécule spécifique. Selon leur étude publiée dans Nature Metabolism, l'irisine s'avère être la clé du processus. Cette hormone, forme sécrétée de la protéine FNDC5, est générée par nos muscles squelettiques lors d'un effort aérobique. Elle possède la faculté exceptionnelle de traverser la barrière hémato-encéphalique pour atteindre directement le cerveau.

Les chercheurs démontrent ce rôle essentiel en étudiant des souris modèles génétiquement dépourvues de cette hormone. Chez ces animaux, les effets protecteurs de l'activité physique sur la sclérose en plaques disparaissent entièrement. L'espoir de transposer ces données est immense, car la structure de l'irisine est identique à 100 % chez l'humain et le rongeur.

Une protection du système nerveux central via l’activité physique

Les expériences menées au cours de cette étude révèlent une diminution notable des atteintes physiques. L'administration d'irisine améliore significativement la récupération des fonctions motrices après un pic de sévérité de la pathologie. Les analyses montrent que cette molécule préserve les neurones de la destruction dans trois régions touchées : la moelle épinière, la rétine et l'hippocampe, siège de la mémoire.

Ce traitement maintient la densité des connexions synaptiques et parvient à restaurer l'énergie cellulaire des neurones moteurs, en ciblant particulièrement l'activité du complexe mitochondrial IV. Les auteurs de l'étude s'en réjouissent : “Ce qui est particulièrement passionnant, c’est qu’une molécule induite par l’exercice puisse protéger directement les neurones dans un modèle murin de sclérose en plaques, révélant ainsi un mécanisme fondamentalement nouveau par lequel l’exercice peut influencer la neurodégénérescence dans la SEP” indique ainsi la Dre Sina C. Rosenkranz, auteure et responsable du groupe Interventions comportementales à l’Institut de neuro-immunologie et de sclérose en plaques (INIMS) de l’Université du Kentucky à Edwardsville aux Etats-Unis.

Une action directe et indépendante de l'immunité : la grande nouveauté pour de prochains traitements

La majorité des traitements prescrits aujourd'hui contre la sclérose en plaques se concentrent sur le système immunitaire afin de juguler l'inflammation. L'irisine opère de manière totalement différente en garantissant la survie directe des cellules du cerveau. L'hormone cible spécifiquement les récepteurs αV/β5 présents sur les neurones moteurs de la moelle épinière. Cette liaison déclenche un programme génétique de protection interne.

L'équipe scientifique écarte ainsi la piste anti-inflammatoire et précise : “Il est intéressant de noter que, dans la présente étude, nous n’avons pas constaté d’effet suppresseur direct de l’irisine sur l’immunité périphérique, mais plutôt des effets neuroprotecteurs directs”, a déclaré de son côté a déclaré la Dre Ruxandra F. Sîrbulescu, co-auteure principale de l’étude et neuro-immunologiste au Mass General Brigham Neuroscience Institute.

De nouvelles thérapies pour la SEP progressive

Cette percée médicale ouvre des perspectives thérapeutiques pour les formes progressives de la pathologie. Jusqu'à présent, les options capables d'enrayer la dégénérescence à ce stade s'avèrent très restreintes. L'irisine représente désormais une cible de choix pour l'élaboration de futurs médicaments capables de reproduire artificiellement les bienfaits de l'effort physique.

Les chercheurs affirment : “Nous sommes optimistes quant au fait que notre étude ouvre la voie à de nouveaux développements thérapeutiques pour l'irisine, notamment dans le traitement de la sclérose en plaques progressive. Nos résultats confortent l'hypothèse selon laquelle l'irisine peut contribuer à protéger les neurones dans le contexte de plusieurs types de maladies neurodégénératives.”

Néanmoins, il rappellent également que l'hormone n'explique qu'une partie des bénéfices globaux du sport sur l'organisme. De futures études cliniques menées chez les patients s'imposent pour confirmer ces résultats prometteurs avant d'envisager un nouveau standard de soins.

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  • Rosenkranz, S.C., da Rocha, J.F., Moreira, L. et al. The exercise hormone irisin has neuroprotective effects in a mouse model of multiple sclerosis. Nat Metab (2026). https://doi.org/10.1038/s42255-026-01527-7
  • Communiqué de presse
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