Hantavirus : un second bateau confiné à Bordeaux, 80 malades, 1 mort, que sait-on ?

Publié par Edouard Korvaul
le 13/05/2026
virus bateau de croisière
Istock
Photo d'illustration
Un paquebot de croisière est placé à l'isolement à Bordeaux ce mercredi 13 mai après le signalement de 80 malades et d'un décès suspect. Voici ce que l'on sait.

Le navire "Ambition" se retrouve bloqué au port, déclenchant une alerte majeure en Gironde. Alors que l'inquiétude grandit face au récent épisode d'hantavirus sur un autres bateaux, les autorités sanitaires se mobilisent activement pour identifier l'agent pathogène en cause. L'intervention nocturne et exceptionnelle d'une équipe médicale héliportée par le SMUR souligne l'importance accordée à cette urgence sanitaire en milieu clos. Un norovirus pourrait être en cause, il provoque des désordres digestifs assimilés à une gastro-entérite.

Bateau de croisière bloqué à Bordeaux : urgence sanitaire pour 1700 passagers et membres d’équipage

Le navire de la compagnie Ambassador Cruise Line a achevé son périple européen de manière abrupte. Parti des Îles Shetland le 6 mai, il a fini par accoster à Bordeaux le 12 mai, après plusieurs escales au Royaume-Uni et en Bretagne. Très vite, selon les informations relayées par BFM TV, les autorités ont recensé environ 80 personnes symptomatiques, parmi les vacanciers et le personnel, souffrant de vomissements soudains, de diarrhées et d'épisodes de fièvre.

Face au risque immédiat de propagation, la préfecture a ordonné la suspension stricte de tout débarquement. Cette mesure de sécurité concerne très exactement 1 233 passagers et 514 membres d'équipage, afin d'éviter les interactions dangereuses avec la population bordelaise. La situation s'est malheureusement assombrie avec l'annonce d'un décès suspect survenu le 11 mai. Bien qu'un arrêt cardiaque soit évoqué pour ce passager nonagénaire, l'apparition de troubles digestifs sévères dans les 24 heures précédant sa mort maintient le doute sur un lien direct avec l'épidémie.

Il faut distinguer le norovirus de l'hantavirus

Les équipes d'infectiologie du CHU de Bordeaux, dépêchées sur le navire, privilégient l'hypothèse d'une infection virale classique de type gastro-entérite aiguë. L'ARS Nouvelle-Aquitaine affirme publiquement qu'aucun élément scientifique ne permet de relier cet épisode aux cas d'hantavirus récemment détectés sur le navire MV Hondius, en dépit de la grande proximité temporelle des événements.

Pour endiguer la contamination, les patients touchés restent isolés dans leurs cabines. La consigne sanitaire internationale impose un confinement strict d'une durée minimale de 48 heures après la disparition totale des symptômes. Actuellement, les résultats du laboratoire de virologie sont très attendus pour vérifier s'il s'agit bien d'un norovirus, un agent infectieux extrêmement redoutable dans les espaces confinés.

Les navires sont propices aux flambées virales !

La promiscuité inhérente aux grands bateaux de croisière crée un environnement hautement favorable à la circulation accélérée des virus. L'Agence Régionale de Santé rappelle d'ailleurs que ces flambées infectieuses sont "régulièrement rencontrées" lors des longs voyages maritimes. À titre d'exemple, le Caribbean Princess a subi un sort tout à fait similaire la semaine dernière dans la région des Caraïbes, avec près de 160 personnes contaminées.

D'après les experts des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), les norovirus provoquent la très grande majorité de ces épidémies embarquées. Leur exceptionnelle résistance sur les surfaces matérielles et dans les zones de restauration facilite grandement la transmission entre les touristes.

 

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