Hantavirus : quelles similitudes avec le début de la pandémie du Covid ?

Publié par S. Coucke-Haddad
le 11/05/2026
hantavirus et Covid-19
Istock
Photo d'illustration
L’alerte sanitaire déclenchée à bord du navire de croisière MV Hondius en mai 2026 et la hausse des cas d’hantavirus en Amérique du Sud réveillent le spectre de la Covid-19. Les situations sont-elles vraiment similaires ? On fait le point.

Vous pouvez difficilement être passé à côté de cette information qui fait le Une de tous les médias ces derniers jours : la contamination par un hantavirus d’une partie de passagers d’un bateau de croisière. Cette situation n’est pas sans rappeler le début de la pandémie du Covid-19 qui a mis à l’arrêt l’ensemble de la planète il y a 6 ans. 

Face au spectre d'une nouvelle pandémie, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a dû réagir dans l'urgence et tente de rassurer. La communauté scientifique a toutefois immédiatement dressé des parallèles avec l'émergence du SARS-CoV-2 en 2019, tout en cherchant à évaluer le risque réel d'une nouvelle crise sanitaire globale.

Hantavirus : des débuts d'épidémie aux airs de déjà-vu

Comme le SARS-CoV-2, les hantavirus sont des agents pathogènes zoonotiques qui se transmettent de l'animal à l'homme, impliquant principalement des rongeurs. Lors des premières infections, les symptômes initiaux comme la fièvre et les douleurs musculaires créent une confusion avec une grippe sévère, rappelant fortement les premiers diagnostics de 2019. Dans sa forme pulmonaire, l'hantavirus déclenche une détresse respiratoire aiguë extrêmement rapide. Ces pneumonies soudaines s'apparentent inévitablement aux cas critiques observés lors de la pandémie de 2020.


C’est pourquoi l’'annonce récente de décès sur un navire reliant l'Amérique du Sud à l'Afrique a suscité une onde de choc mondiale, poussant l'OMS à exiger une surveillance renforcée. La France, touchée puisque cinq Français se trouvaient à bord du navire, a pris des mesures fortes de quarantaine dès la nuit dernière et avant que les personnes potentiellement contaminées reviennent dans l'Hexagone.

Foyer sud-américain et éclosion maritime : ce que l'on sait

En haute mer, le navire MV Hondius a été le théâtre d'une contamination fulgurante avec huit passagers infectés et trois décès dans les premiers jours de l’épidémie. D’autres personnes, qui auraient pu être contaminées sur le bateau mais aussi dans les avions transportant les passagers, ont depuis développé des symptômes, et notamment une des Françaises qui fait partie des rapatriés.

Les analyses ont révélé l'implication de la souche Andes, la seule variante connue capable d'une transmission interhumaine. Selon l'Organisation panaméricaine de la santé, le virus présente un taux de létalité effrayant, estimé entre 25 % et 40 %, surpassant largement celui du variant initial de la Covid-19. Cette crise s'inscrit dans un contexte régional sous tension, avec 229 cas et 59 décès signalés en 2025 à travers huit pays d'Amérique du Sud.

Pourquoi l'hantavirus n'est pas un nouveau Covid-19 ?

Malgré ces similitudes inquiétantes, le mode de propagation diffère, et ce point est essentiel. Alors que la maladie de 2019 se diffusait par de simples aérosols dans l’air, la souche Andes nécessite des contacts étroits et prolongés pour contaminer une autre personne. Par conséquent, son taux de reproduction reste limité et ne permet pas de maintenir des chaînes de transmission communautaires à l'échelle mondiale.


De plus, la quasi-totalité des malades développent des formes sévères, c’est un atout dans la mesure où la transmission asymptomatique est alors marginale et les mesures d'isolement rapides sont plus faciles à mettre en place. Les autorités sanitaires soulignent également une barrière physique stricte : le réservoir naturel du virus est un rongeur spécifique au sous-continent sud-américain, ce qui limite le risque d'importation massive.

Hantavirus : un héritage sanitaire issu de la crise de 2020

On a appris de la pandémie du Covid. Face à l'alerte du MV Hondius, les leçons tirées des années précédentes ont permis de déployer des protocoles de réponse en un temps record. Les mesures d'isolement strict, le traçage minutieux des contacts et le rapatriement sécurisé vers des centres de quarantaine ont été activés en quelques jours. Le diagnostic différentiel a bénéficié des progrès techniques, avec l'utilisation de tests PCR spécifiques et d'un séquençage génomique rapide pour identifier la souche incriminée sur le navire.


Toutefois, d'après le Centre National de Référence de l'Institut Pasteur, la prise en charge médicale se heurte à une réalité sévère : il n'existe aucun vaccin ni traitement antiviral validé à ce jour. Les soins reposent exclusivement sur un soutien respiratoire intensif, obligeant toute personne présentant des symptômes grippaux après un voyage en Amérique du Sud à consulter immédiatement un service d'urgence.

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