Faux cancer infantile : une mère de famille condamnée pour avoir drogué et tondu son fils

Publié par S. Coucke-Haddad
le 02/05/2026
mère de famille avec son fils atteint de cancer
New Planet Media
Photo d'illustration
Une mère de famille a été condamnée à plus de quatre ans de prison pour avoir simulé le cancer de son fils de six ans afin de détourner des dons. Une affaire qui choque l’opinion et qui ne doit pas être confondue avec le syndrome de Münchhausen par procuration.

Elle avait besoin d’argent. Pour rendre son mensonge parfaitement crédible, Michelle Bodzsar, une mère de 45 ans habitant en Australie a infligé un véritable calvaire à son fils de six ans. Elle a pu manipuler les apparences sans éveiller les soupçons : en feignant la maladie grave de son propre enfant, cette femme a trompé tout son entourage, abusant de la bienveillance générale pour récolter des milliers de dollars.

Une mise en scène cruelle pour simuler la maladie

Michelle Bodzsar a rasé intégralement les cheveux ainsi que les sourcils de son enfant, tout en lui bandant les mains et la tête pour imiter les marques d'une pathologie lourde. Le jeune garçon se retrouvait contraint d'utiliser un fauteuil roulant au quotidien. Ses activités normales étaient drastiquement limitées pour convaincre les proches qu'il subissait des séances de radiothérapie épuisantes. La supercherie a même poussé cette femme à imposer l'administration forcée de traitements, utilisant des analgésiques et des compléments alimentaires inutiles pour provoquer un état de fatigue et de malaise réel chez la jeune victime.

L'engrenage de l'escroquerie : du mensonge au luxe

L'escroquerie débute juste après un événement banal : une visite de routine chez un ophtalmologue suite à un petit accident de trampoline. Dès la sortie du cabinet, l'Australienne annonce à l'école et à sa propre famille que son enfant souffre d'un cancer de l'œil. Elle prétend qu'il présente trois tumeurs sur le nerf optique. 

Surfant sur la compassion, elle amasse entre 7 000 et 60 000 dollars de dons censés financer des soins médicaux intenses. En réalité, ces sommes ont permis de régler des dettes de jeu contractées pendant la pandémie de Covid-19 et de s'offrir un train de vie très aisé. La justice évoque une volonté effrénée de posséder les dernières marques à la mode. La mère n'hésitait pas à manipuler les réseaux sociaux, publiant régulièrement des photos de l'enfant tondu pour maximiser les revenus, utilisant sa prétendue souffrance comme un redoutable argument marketing.

Un verdict sévère face à une tromperie calculée

Le tribunal de district d'Adélaïde a fermement tranché en condamnant l'accusée à quatre ans, trois mois et vingt jours de prison. La justice a estimé que cette manipulation était cruelle, calculée et manipulatrice, balayant l'argument de la défense qui plaidait un trouble de la personnalité borderline. Au total, la mère a été reconnue coupable de dix chefs d'accusation pour tromperie et d'un autre pour actes pouvant causer des dommages physiques ou psychiques à un enfant

Le père de la victime, totalement mis hors de cause durant l'enquête, a expliqué au tribunal que ses enfants sont aujourd'hui profondément traumatisés. Il indique qu'ils refusent désormais de prendre le moindre traitement, craignant les conséquences des médicaments. La victime aura besoin d'un suivi au long cours pour espérer surmonter cette trahison maternelle.

Pourquoi ce n'est pas un syndrome de Münchhausen par procuration

Si l'affaire fait immédiatement penser au syndrome de Münchhausen par procuration, les juges n’ont pas été dupes. Michelle Bodzsar a agi par pure malhonnêteté, sans être atteinte de ce syndrome. Pour rappel, cette pathologie, qui consiste effectivement à simuler une maladie chez son enfant, implique une recherche d'attention ou le désir d'apparaître comme un parent dévoué, sans attente de gain matériel.


Dès lors qu'un mobile externe tel que l'argent motive l'acte, la qualification bascule vers la simulation criminelle. Dans ce dossier australien, la motivation première restait financière, il n’y a aucun doute. D’autant que la préméditation sur plusieurs mois et la structure même de fraude soulignent la pleine conscience du crime commis par l'accusée. Elle savait parfaitement ce qu’elle faisait. Par ailleurs, de telles escroqueries nuisent gravement aux véritables familles malades, en instillant la méfiance chez les donateurs. 

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