Ce médicament réduit de 50 % le risque de développer un Covid Long

Publié par Edouard Korvaul
le 17/06/2026
covid long
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Une nouvelle étude confirme que la metformine, un traitement peu coûteux, réduit de moitié le risque de développer un Covid long lorsqu'elle est administrée pendant la phase aiguë de l'infection.

Le Covid-19 continue de laisser des traces durables chez de nombreux patients dont le quotidien peut être lourdement impacté par des séquelles variées.
La recherche de traitements préventifs est toujours d’actualité, car ces formes sévères n’ont pas disparu même si le Covid touche moins de malades ces dernières années. Face à l'émergence de nouveaux variants, la communauté médicale se tourne activement vers des molécules existantes et éprouvées pour tenter de limiter ces séquelles post-infectieuses.

Le Covid long reste un défi de santé publique

Aux États-Unis, on estime qu'environ 7 % des adultes ont souffert de séquelles post-aiguës liées au SARS-CoV-2. Malgré une immunité grandissante, acquise grâce à la vaccination et aux infections passées, le besoin de thérapies préventives efficaces demeure pressant. Pour répondre à cette urgence, les scientifiques s'intéressent à la metformine, un antidiabétique courant et très accessible financièrement. Ce choix s'explique aisément : cette molécule, étudiée dès le début du XXe siècle pour ses propriétés antivirales, se distingue par sa capacité à freiner l'inflammation et à réduire la charge virale.

L'essai ACTIV-6 valide la méthode sur 3 000 patients

Pour prouver cette efficacité, les chercheurs ont mené un essai clinique de phase 3 extrêmement rigoureux, baptisé ACTIV-6. Selon cette étude publiée dans la revue Clinical Infectious Diseases ce mois de juin 2026, cette analyse en quadruple aveugle et contrôlée par placebo a suivi 2 983 adultes de plus de 30 ans. Ces volontaires présentaient des symptômes modérés et ont reçu soit un placebo, soit de la metformine sur quatorze jours. Le traitement débutait dans les sept jours suivant l'infection. Fait intéressant, 83 % des participants possédaient déjà une immunité partielle, ce qui rend ces résultats parfaitement applicables à notre situation épidémiologique actuelle.

Une réduction de moitié des diagnostics de Covid long

Les conclusions issues de ce suivi s'avèrent très encourageantes. Six mois après la contamination, le risque de recevoir un diagnostic de Covid long établi par un médecin s'élevait à seulement 0,56 % dans le groupe metformine, contre 1,17 % pour le groupe placebo. Ce traitement précoce permet donc de diviser par deux la probabilité de souffrir de cette complication. Bien que le critère principal, basé sur la simple présence de symptômes auto-déclarés, n'ait pas atteint un seuil de supériorité statistique absolu, la balance globale indique un allègement net du fardeau ressenti. De surcroît, aucun effet indésirable grave, comme une hypoglycémie sévère, n'a été recensé.

Comment la molécule protège la barrière intestinale

L'action de cet antidiabétique repose sur des mécanismes physiologiques précis. Lors de l'infection, le virus active systématiquement la protéine mTOR, ce qui fragilise la fonction épithéliale de l'intestin. La metformine intervient pour bloquer cette protéine, préservant l'intégrité de la barrière intestinale et freinant l'inflammation générale. Ces données inédites, soulignées dans un communiqué de l'Université du Minnesota, viennent confirmer les travaux antérieurs de l'étude COVID-OUT. Désormais, les scientifiques prévoient d'analyser les prélèvements biologiques de la phase aiguë pour vérifier si une telle protection s'applique à d'autres infections virales.

Quelques limites à prendre en considération

Malgré cet enthousiasme, les auteurs de la publication soulignent plusieurs réserves méthodologiques. Près de 20 % des patients inclus n'ont pas achevé le suivi à long terme, ce qui pourrait altérer la précision des données récoltées. Par ailleurs, l'évaluation reposait sur des questionnaires ponctuels, alors que la récupération se révèle souvent fluctuante. Les symptômes se montraient parfois paradoxalement plus intenses au cent-vingtième jour qu'au quatre-vingt-dixième. Enfin, la majorité des participations s'est déroulée sous la dominance du variant JN.1, soulevant la question de la pérennité de cette efficacité face aux futures mutations du virus.

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  • Carolyn T Bramante, Thomas G Stewart, David R Boulware, Matthew W McCarthy, Yue Gao, Russell L Rothman, Ahmad Mourad, Florence Thicklin, Jonathan B Cohen, Idania T Garcia del Sol, Nirav S Shah, Manisha Mehta, Orlando Quintero Cardona, Jake Scott, Adit A Ginde, Mario Castro, Dushyantha Jayaweera, Mark Sulkowski, Nina Gentile, Kathleen McTigue, G Michael Felker, Sean Collins, Sarah E Dunsmore, Stacey J Adam, Christopher J Lindsell, Adrian F Hernandez, Susanna Naggie, for the Accelerating COVID-19 Therapeutic Interventions and Vaccines (ACTIV)-6 Study Group and Investigators , Metformin on the Presence of COVID-19 Symptoms 6 Months after Infection: The ACTIV-6 Randomized Clinical Trial, Clinical Infectious Diseases, 2026;, ciag335, https://doi.org/10.1093/cid/ciag335
  • Communiqué de presse
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