Son mal de gorge était en fait une infection mangeuse de chair

Publié le 19 Juillet 2019 à 14h48 par Pauline Capmas-Delarue, journaliste santé
Traitée par des antibiotiques pour ce qu’elle pensait être une amygdalite, cette jeune femme a frôlé la mort à cause d’un abcès infecté qui lui rongeait la chair et les tissus du cou.
Istock

Dix interventions chirurgicales et une greffe de peau, c’est ce qu’a dû subir une londonienne de 32 ans, pour ce qu’elle pensait être une simple amygdalite. La jeune femme souffrait en réalité d’un abcès infecté qui lui rongeait la chair, et risquait d’atteindre son cœur s’il continuait à se propager.

D’abord traitée pour une amygdalite, on lui découvre un problème beaucoup plus grave

Retour au mois de mars. Stacey Raymond se rend chez son médecin généraliste, se plaignant de maux de gorge. Ce dernier diagnostique une amygdalite et lui prescrit cinq jours d’antibiotiques. “Mon épouse Michél a remarqué un gonflement dans mon cou, que nous pensions être des ganglions gonflés à cause de l’amygdalite”, indique la jeune anglaise à la presse britannique.

Le traitement est pourtant loin de faire effet, et le simple fait de manger ou de boire devient presque insupportable pour elle. Un autre médecin lui conseille de se rendre aux urgences, soupçonnant un abcès. “L’urgentiste ORL qui m’a admis a semblé reconnaître un abcès périamygdalien dans mon cou, qui devait être drainé”, rapporte Stacey. Il s’agit d’une infection bactérienne, souvent causée par une amygdalite non-traitée.

Les médecins tentent des traitements par intraveineuses, lui administrent des antibiotiques et des analgésiques, mais elle ne guérit toujours pas. “Le lundi 1er avril, mon état s’est aggravé, et les rougeurs sur ma peau ont commencé à se déplacer de mon cou vers mon bras gauche”, relate la jeune femme. “On m’a envoyé passer un scanner, qui suggérait une migration du pus vers mon bras. On a aussi découvert qu’il y avait du liquide dans l’un de mes poumons”.

Son mal de gorge était en fait une infection mangeuse de chair

La jeune femme souffre d’un abcès parapharyngé

Le diagnostic d’abcès périamygdalien est finalement écarté, et remplacé par celui d’abcès parapharyngé, qui a tendance à apparaître plus profondément, autour des muscles du cou. Ces derniers nécessitent un diagnostic rapide, et peuvent être fatals en raison des complications qu’ils entraînent.

“Le personnel a pris conscience de la gravité de la maladie, et j’ai été transférée dans un autre hôpital, avec une équipe d’experts en chirurgie cardiothoracique”, explique Mme Raymond. Admise en unité de soins intensifs, la londonienne est à nouveau opérée pour vider l’abcès. “Quand je me suis réveillé le lendemain, je me sentais tellement mieux. La douleur avait disparu et je me suis sentie à nouveau moi-même”.

La bactérie commence à devenir nécrosante et lui ronger la chair

Malheureusement, la nuit suivante, son état rechute. “Ma femme a remarqué que mon cou était rouge, et que la rougeur s'étendait plus bas sur mon bras gauche”. Du pus commence à s’écouler d’une petite coupure à sa gorge. “La bactérie était devenue nécrosante, et détruisait rapidement mes tissus et mes muscles”.

Les médecins la maintiennent sous sédatifs et l’intubent, jusqu’à une nouvelle opération qui dure plus de quatre heures. Ils doivent, en effet, faire attention à ne pas endommager de nerfs dans cette région.

À ce stade, la famille de Stacey est prévenue de s’attendre au pire. “Ils ont informé ma famille que mes chances de survie étaient presque nulles si la bactérie pénétrait dans mon cœur”.

Stacey doit subir une greffe de peau, pour combler un trou béant sur son cou

Heureusement, l’infection est contenue avant d’atteindre le muscle cardiaque, mais la jeune femme doit passer au bloc tous les jours, afin de vérifier que le processus est sous contrôle, et pour nettoyer davantage de pus et de tissus infectés.

Ces opérations lui laissent un trou béant au niveau du cou et de la clavicule, qui nécessite une surveillance pointue pendant plus d’un mois. Après deux semaines en soins intensifs, Stacey est donc transférée dans une chambre privée, où elle reste en observation. Début mai, elle subit une greffe de peau au niveau du cou, avec du tissu prélevé sur sa cuisse droite.

“Pendant longtemps, j’ai dû rester allongée sur le dos et utiliser ma main ou celle de quelqu’un d’autre pour soutenir ma tête lorsque je m’asseyais”, explique la londonienne. Cette dernière a d’ailleurs toujours du mal à bouger sa nuque, et souffre encore de raideurs dans cette zone. Elle doit également s’habituer à sa cicatrice, mais son pronostic vital n’est plus engagé.

“Grâce à cette expérience traumatisante, je suis une meilleure personne”

Cette histoire, qui aurait pu très mal tourner, a même changé sa vision de la vie. “Je vois tout de manière plus positive et même si cela semble fou, cette expérience traumatisante est la meilleure chose qui me soit arrivée ; grâce à elle, et je suis une meilleure personne. Elle m’a apprise à quel point je suis forte, à quel point je suis aimée”, conclut Stacey, qui exprime sa gratitude envers les médecins qui lui ont sauvé la vie.

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