Franche-Comté : un aide-soignant en Ehpad force les résidents à lui faire une fellation

En juin dernier, un aide-soignant avait été mis en garde à vue pour avoir agressé sexuellement plusieurs résidents de l’Ehpad d’Héricourt (Haute-Saône). Aujourd’hui, neuf autres victimes viennent d’être ajoutées au dossier. L’accusé a été entendu par le juge d’instruction hier après-midi.

L’enquête a débuté l’été dernier. Le 25 juin 2019, un aide-soignant exerçant au sein de l’Ephad d’Héricourt, a été interpellé et placé en garde à vue pour avoir agressé sexuellement plusieurs résidents, âgés de 80 ans et plus.

Aujourd’hui, le procureur de la République de Haute-Saône a dévoilé que l’accusé aurait sévit dans d’autres établissements francs-comtois. Ils sont situés à Valdoie, Belfort, Rougemont-le-Château et Désandans, communes qui se trouvent dans le Pays de Montbéliard. Au total, neuf cas supplémentaires ont été ajoutés au dossier. D’après les informations relayées par France Info, les victimes sont atteintes de la maladie d’Alzheimer.

L’aide-soignant, âgé de 60 ans, les aurait forcés à lui faire une fellation lors des toilettes. Selon la loi du 5 août 2018, cet acte est considéré comme un viol.

Des victimes, entre 16 et 94 ans

L’accusé, dont on ne connaît actuellement pas l’identité, ne s’est pas contenté d’agresser les résidents. Les autorités ont enquêté dans le passé de l'aide-soignant. L’enquête, qui n’est pas terminée, compte neuf nouvelles victimes. Depuis juin, on recense donc 13 victimes. Les autres cas ont été découverts par l’Agence régionale de Santé à la demande de la Police Judiciaire (PJ) de Besançon. À chaque fois, l’aide-soignant utilise le même procédé, ce qui lui vaut le surnom de "serial agresseur sexuel des Ehpad".

En 2013, il est accusé d’attouchements sexuels à Valdoie (Territoire de Belfort) sur une jeune adolescente, stagiaire de 16 ans. En 2014, il se serait attaqué à un autre membre du personnel soignant à la Miotte Belfort. La même année, il aurait agressé sexuellement deux personnes âgées résidentes à Rougemont le Château (Territoire de Belfort). Enfin, en 2019, trois victimes parmi le personnel et deux personnes âgées de 87 et 94 ans sont recensées à l’Ehpad de Desandans (Doubs), en plus des actes commis à Héricourt.

Selon les nombreux témoignages, l’aide-soignant procédait toujours de la même manière : lors de la toilette des résidentes. Aujourd’hui, l’accusé nie toujours les faits.

Aucune plainte déposée : l’affaire était toujours "réglée" en interne

Emmanuel Dupic, procureur de la République de Vesoul (70) n’a pas caché son désarroi face à une telle affaire. En effet, aucune plainte n’avait jamais été déposée : l’affaire a toujours été traitée en interne. L’aide-soignant était licencié ou finissait par quitter son poste de son plein gré. Mais au vu de la pénurie de personnel que rencontre ce secteur d’activité, il retrouvait rapidement un emploi dans des établissements voisins.

En clair, les enquêteurs s’attendent à trouver d’autres victimes, encore inconnues à ce jour. Pour le moment, le parcours professionnel de l’aide-soignant été passé au peigne fin depuis 2013, mais uniquement en Franche-Comté. Rien ne dit qu’il n’ait pas fait d’autres victimes dans d’autres régions françaises.

L’accusé a été entendu par le juge d’instruction hier après-midi. D’après le droit français, il encourt jusqu’à 7 ans de prison et 100 000 euros d’amende.

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