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Jambe rouge, gonflée, douloureuse, de nombreuses personnes souffrent de phlébite. En France, entre 50 et 100 000 phlébites, et 40 000 embolies pulmonaires surviendraient chaque année. L’embolie pulmonaire peut aboutir au décès de 10 à 20 000 personnes par an.

La phlébite profonde peut causer une embolie pulmonaire

"Une phlébite profonde correspond à l’apparition d’un caillot dans une veine profonde des membres inférieurs par opposition avec une phlébite superficielle qui touche le réseau veineux superficiel", détaille le Docteur Ariel Toledano, médecin vasculaire, auteur du Guide pratique de la maladie veineuse thromboembolique, paru aux éditions Med-Line. Dans la grande majorité des cas, la phlébite se forme dans une veine des jambes.

Le risque principal reste que le caillot se détache et arrive dans la circulation sanguine. En obstruant les vaisseaux, il peut alors causer une embolie pulmonaire. Certains signes doivent pousser rapidement à consulter un médecin : une douleur au mollet, une zone gonflée, dont la coloration change. La zone du caillot sanguin est également souvent chaude. Contrairement aux idées reçues, les hommes aussi peuvent être à risque et souffrir d’une phlébite.

Afin de poser le diagnostic, le médecin procédera à un examen clinique et un interrogatoire. Certaines personnes sont davantage à risque que d’autres de souffrir d’une phlébite. Les facteurs de risque peuvent être transitoires ou permanents. Il convient d’en parler avec son médecin traitant afin de déterminer s’il n’est pas possible d’agir sur certains symptômes.

Phlébite profonde : des facteurs de risque permanents

Certains facteurs de risques existent de manière permanente. "C’est le cas d’un trouble de la coagulation, d’une insuffisance veineuse chronique, d’une insuffisance cardiaque, d’un cancer ou d’une obésité (IMC>30)", détaille le Dr Toledano.

Le spécialiste rappelle également que certains médicaments peuvent constituer un facteur de risque de phlébites comme la contraception œstroprogestative, le THM (traitement hormonal de la ménopause, les médicaments utilisés dans les stimulations ovariennes ainsi que certaines chimiothérapies.

Les personnes ayant déjà été victime d’une phlébite doivent faire l’objet d’une surveillance accrue. "Un antécédent personnel de phlébite ou d’embolie pulmonaire constitue un facteur de risque avec un ratio de 7,9", précise le médecin.

Phlébite profonde : des facteurs de risque transitoires

L’âge constitue un risque progressivement croissant. En effet, l’avancée en âge favorise l’apparition d’une phlébite. Par ailleurs, certaines périodes de la vie sont également davantage à risque que d’autres. Il y a d’autres évènements dont il faut se méfier.

"Parmi les transitoires, il y a un acte chirurgical, une immobilisation, la pose d’un plâtre, un effort violent, un voyage avec long trajet en position assise, la grossesse multiplie le risque de cinq fois", détaille l’auteur du Guide pratique de la maladie veineuse thromboembolique.

Pour éviter l’apparition d’une phlébite, il est important de repérer chaque situation à risque et de proposer une prévention parfaitement adaptée à chaque personne. "Les recommandations générales sont le port d’une contention élastique, d’éviter la sédentarité, d’être en mouvement, de marcher, boire de l’eau suffisamment pour éviter la déshydratation. Dans certaines situations, il pourra être nécessaire de prescrire un anticoagulant toutes les 24 heures tant qu’une situation à risque persiste", recommande le Dr Toledano.

Attention à la formation des caillots sanguins

Chez certaines personnes, il existe des facteurs de risque favorisant la formation des caillots dans le sang.

"Il s’agit par exemple de situations apparaissant au cours de cancers, de dysglobulinémies, de syndromes myéloprolifératifs ou de certaines maladies inflammatoires, au cours de troubles de la coagulation qu’on appelle thrombophilie", décrit le médecin vasculaire.

Avant d’ajouter : "Il existe des thrombophilies constitutionnelles comme les déficits en protéine C ou S, les mutations des facteurs V et II, l’hyperhomocystéinémie. Parmi les thrombophilies acquises, on peut citer principalement le syndrome des antiphospholipides, un syndrome néphrotique, ou encore un antécédent familial de phlébite".

Sources

Merci au Dr Ariel Toledano, médecin vasculaire, auteur du Guide pratique de la maladie veineuse thromboembolique, paru aux éditions Med-Line. 

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