Warfarine : l'erreur à éviter qui augmente le risque d’AVC

Une étude britannique révèle que les patients ayant un rythme cardiaque anormal seraient exposés à un risque élevé de subir un AVC et auraient besoin de continuer leur traitement à base d'anticoagulants, même après que leur rythme cardiaque soit revenu à la normale.
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Les chercheurs anglais de l'Université de Birmingham révèlent que les personnes atteintes de fibrillation auriculaire seraient susceptibles de développer des caillots sanguins et de souffrir d'AVC, même après que leur rythme cardiaque soit revenu à la normale. Les scientifiques insistent sur la nécessité de poursuivre le traitement à base d'anticoagulants.

Fibrillation auriculaire : un risque d'AVC plus élevé quand elle est "résolue"

Comme la tachycardie et la bradycardie, la fibrillation auriculaire est une forme d’arythmie. Caractérisée par un cœur qui bat vite de façon irrégulière, elle constitue le trouble du rythme cardiaque le plus fréquent. Elle est généralement passagère et concerne principalement les personnes âgées de plus de 60 ans ayant déjà des troubles cardiaques (hypertension notamment).

Des scientifiques de l'Université de Birmingham expliquent dans un communiqué que pour éviter les accidents vasculaires cérébraux : "Il est important pour les personnes souffrant de fibrillation auriculaire de prendre des médicaments pour prévenir la coagulation du sang. Parfois, la fibrillation auriculaire semble disparaître et le cœur reprend son rythme normal, la condition peut alors être considérée comme 'résolue' ".

Les chercheurs ont donc analysé environ 50 000 dossiers de patients en provenance de 640 cabinets de médecins généralistes au Royaume-Uni, comprenant des sujets âgés de 18 ans ou plus. Le but était de comparer la fréquence des AVC chez trois groupes de personnes : ceux qui souffraient de fibrillation auriculaire au moment de l'étude, ceux dont les données indiquaient que la fibrillation auriculaire avait disparu et ceux qui n'avaient jamais eu de fibrillation auriculaire.

Le Dr Nicola Adderley, un des auteurs de l'étude, a déclaré dans un communiqué : "Nous avons constaté que les AVC étaient moins fréquents chez les personnes qui n'avaient jamais eu de fibrillation auriculaire et beaucoup plus fréquents chez les personnes dont la fibrillation auriculaire avait été résolue" avant d'ajouter : "Par conséquent, nous pouvons conclure que les personnes ayant une fibrillation auriculaire résolue continuent de présenter un risque élevé d'AVC".

Des médicaments pour prévenir la coagulation du sang

Les chercheurs se sont également focalisés sur le traitement des patients. Ils ont remarqué que les personnes ayant une fibrillation auriculaire continuent à recevoir les médicaments contre la formation d'un caillot sanguin dont elles ont besoin, comme la warfarine (Coumadine®). Cependant, la grande majorité des personnes dont la fibrillation auriculaire a été "résolue" n'en ont pas.

Le Dr Krish Nirantharakumar, principal auteur de l'étude, a déclaré dans le communiqué : "Nos recherches démontrent que même si les personnes présentant une fibrillation auriculaire résolue continuent à courir un risque élevé d'AVC, elles ne reçoivent pas leurs médicaments préventifs". Il poursuit : "Nous avons constaté avec inquiétude que le problème semble se généraliser, nos recherches montrant qu'un nombre croissant de personnes ont déclaré que la fibrillation auriculaire était résolue et qu'il est fort improbable qu'on leur administre des médicaments pour prévenir les AVC". Pour les scientifiques, on ne peut jamais considérer que la fibrillation auriculaire a disparu, il faut donc poursuivre les traitements anticoagulants pour prévenir le risque d'AVC.

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mots-clés : Anticoagulant
Source(s):

University of Birmingham, Patients who have had an irregular heart beat can't ever be considered 'cured', say researchers, 10 mai 2018
The BMJ, Risk of stroke and transient ischaemic attack in patients with a diagnosis of resolved atrial fibrillation: retrospective cohort studies, 9 mai 2018