Sleeve gastrectomie : 6 médecins suspendus suite à la mort d’une patiente

Publié le 22 Février 2018 par Chloé Parisse, journaliste santé
Le conseil régional de l'Ordre des médecins Centre-Val de Loire vient de sanctionner 6 médecins suite au décès d'une patiente lors d'une sleeve gastrectomie en août 2016, rapporte le journal l'Echo Républicain.
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© Adobe StockUne opération qui a mal tourné. Six médecins viennent d'être interdits d'exercice par le conseil régional de l'Ordre des médecins Centre-Val de Loire. Une décision prise à la suite du décès d'une jeune femme en août 2016 opérée pour une sleeve gastrectomie selon l'Echo Républicain.

Sleeve gastrectomie : une opération plutôt courante

Fanny Arnoult, âgée de 25 ans au moment du drame, était mère de deux garçons, selon le journal l'Echo Républicain. La jeune femme vivait dans l’agglomération de Chartres et travaillait à la clinique Saint-François, en tant qu’agent de stérilisation rapporte le journal. Le 17 août 2016, elle décède à l'hôpital Ambroise-Paré à Boulogne dans les Hauts-de-Seine, soi 28 jours après avoir subi une sleeve gastrectomie à la clinique Saint-François, à Mainvilliers. Une opération plutôt courante en chirurgie de l'obésité consistant à enlever une grande partie de l'estomac.

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Des allers-retours aux urgences et un médecin en vacances

Une enquête de la chambre disciplinaire du conseil de l’ordre des médecins relate les faits. Opérée le 20 juillet 2016, Fanny Arnoult commence à se plaindre de douleurs abdominales et à l’épaule deux jours après l'intervention. La jeune femme décide donc de se rendre aux urgences de la clinique Saint-François, à Mainvilliers, dans la nuit du 22 au 23 juillet. Le médecin qui la reçoit lui prescrit des antalgiques et la renvoie chez elle. Les douleurs étant de plus en plus fortes, elle retourne de nouveau aux urgences dans la matinée. Cette fois, un autre médecin lui diagnostique un pneumopéritoine et un épanchement modéré entre le rectum et l’utérus puis décide de la renvoyer chez elle.

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Souffrant toujours autant, la jeune femme se rend aux urgences de l’hôpital de Chartres la nuit d'après, le 24 juillet, où elle est opérée en urgence par son chirurgien. A la demande du spécialiste, un gastro-entérologue lui pose une prothèse œsophagienne. Elle sort de la clinique le 29 juillet. Le 16 août, elle revient à la clinique Saint-François où elle trouve le bloc opératoire fermé pour travaux. On la transfert donc sur le site de la clinique du Bon Secours, à Chartres. La mère de la victime explique au journal : "Ma fille allait de plus en plus mal. Le chirurgien était parti en vacances. J’étais en contact avec lui par téléphone".

Des manquements déontologiques qui l'ont conduit à la mort

Six médecins qui l’ont opérée ou suivie ont été sanctionnés par le conseil de l’ordre des médecins qui leur reproche des "manquements déontologiques" et d’avoir "gravement sous-estimé les complications présentées par la patiente et ainsi lui faire perdre une chance d’échapper à l’aggravation fatale de son état" rapporte le journal l'Echo Républicain. Les sanctions sont l'interdiction d’exercer la médecine allant d'un mois avec sursis et jusqu'à six mois dont trois mois avec sursis. Les médecins ont fait appel de la décision, cette affaire n'est donc pas terminée.

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