Insuffisance cardiaque : l’alcool serait un déclencheur si vous portez le mauvais gène

Publié le 28 Mai 2018 à 11h45 par Rédaction Medisite
Des chercheurs britanniques ont découvert l’existence d’un lien entre l’insuffisance cardiaque, la consommation d’alcool et le fait de porter une version défectueuse d’un gène. Explications.

© Adobe StockComment l’alcool peut-il jouer un rôle dans l’insuffisance cardiaque ? Des chercheurs spécialisés en cardiologie et en génétique de plusieurs universités, dont l’Imperial College de Londres, le Royal Brompton Hospital et le MRC London Institute of Medical Sciences (Royaume-Uni) ont découvert l’existence d’un lien entre la santé du cœur, la consommation d’alcool et un certain gène responsable de la fabrication de la protéine Titine. Ils publient leur étude dans le Journal of the American College of Cardiology.

13,5% des patients portent une version défectueuse du gène

Ces scientifiques se sont intéressés aux versions défectueuses du gène Titine, portées par 100 personnes sur 600 000 au Royaume-Uni (soit 0,017%). Selon les chercheurs, l’alcool, même en petite quantité, pourrait interagir avec la version mutée de ce gène et accélérer l’insuffisance cardiaque. Pour arriver à ce constat, ils ont étudié le gène Titine de 141 patients souffrant d’une insuffisance cardiaque liée à l’alcool appelée cardiomyopathie alcoolique. Résultat : 13,5% de ces personnes portait une version erronée du gène, un pourcentage bien supérieur à celui de la population générale. "Ces résultats suggèrent que cette maladie n’est pas simplement le résultat d’un empoisonnement à l’alcool, mais résulte d’une prédisposition génétique – et que d’autres membres de la famille peuvent également être à risque" précise le docteur James Ware, co-auteur de l’étude, cité dans un communiqué de l’Imperial College de Londres.

Alcool, médicaments, stress et virus

Cette découverte pourrait conduire à une meilleure prise en charge de l’insuffisance cardiaque liée à l’alcool, notamment grâce à des tests génétiques pour détecter une éventuelle mutation sur ce gène précis, à la prise en compte de l’histoire médicale familiale et à des échographies cardiaques. Mais l’alcool pourrait ne pas être le seul déclencheur de maladie du cœur chez les personnes possédant une prédisposition génétique. Le docteur Paul Barton, également co-auteur de l’étude s’interroge dans le communiqué universitaire : "Les mutations de la titine prédisposent-elles les gens à l'insuffisance cardiaque lorsqu'ils sont exposés à d'autres choses qui stressent le cœur, comme les médicaments contre le cancer ou certaines infections virales ? C’est quelque chose que nous cherchons activement à résoudre."

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