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Biomécanique

Parmi les régions du corps les moins réussies du créateur, siège en très bonne place la rotule, au niveau du genou. C’est un os en forme de galet qui s’interpose entre le muscle de la cuisse (le quadriceps) et le tendon rotulien qui s’attache plus bas sur la jambe (le tibia).


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Le but de ce système est de reporter un peu vers l’avant l’attache du muscle (le tendon) afin d’augmenter sa force. C’est le même principe qui vous permet de fermer avec plus de force une porte quand vous appuyez du coté de la poignée plutôt que près des gonds. L’inconvénient est que pour cela la rotule glisse par son cartilage sur le reste du genou, en particulier sur la partie constituée par le fémur, et frotte à ce niveau. Cela survient dès que vous commencez à plier le genou. Par contre quand la jambe est allongée, bien droite, la rotule se trouve en position haute et n’est pas douloureuse. cela explique les symptômes dont se plaignent les patients : « j’ai mal au genou quand je suis au cinéma, au restaurant, dans l’avion, j’éprouve alors le besoin irrépressible d’allonger ma jambe, ça craque et j’ai mal en particulier au moment ou je me lève ». Ces exemples illustrent le fait qu’en position fléchie, la rotule est plaquée contre le genou réveillant ainsi les douleurs.


Cela s’appelle d’ailleurs en médecine le signe du cinéma. Lorsqu’on se relève, l’effort de contraction du muscle de la cuisse est maximum, comme dans les escaliers, et la rotule vient alors puissamment frotter vers l’arrière, source des douleurs. Une dame m’a récemment dit d’ailleurs en consultation qu’elle montait et descendait toute la journée les escaliers à son travail ; je n’ai pas osé lui demander ce qu’elle faisait exactement ! On se rend compte que cela n’a rien à voir avec le poids du corps, qui lui, passe verticalement en arrière au niveau du reste du genou, c’est à dire le fémur et le tibia. Nous verrons cela plus loin. Bien entendu la position la pire que l’on pourrait imaginer est celle ou le genou est très fléchi, et que de plus le poids du corps écrase la rotule contre le genou. En fait c’est la situation que représente la position à genoux ; c’est pour cela que l’on appelle parfois cette pathologie la maladie des carreleurs. On conseille alors (plombiers, jardiniers...) de ne plier qu’un genou , de garder l’autre jambe allongée et d’alterner les positions, et ou s’acheter un petit coussin en mousse polyuréthane, pour se mettre à genoux.

Comment éviter les douleurs ?

Pour cela il faut éviter au possible la position fléchie, par exemple mettre un petit repose-pied sous son bureau, et poser son talon dessus. Dans l’avion ou au cinéma il est préférable de s’asseoir du côté de la rangée centrale pour pouvoir allonger la jambe. Il faut éviter les escaliers et les terrains en descente comme les pentes de garage, proscrire absolument la position à genoux ou à quatre pattes. Le plus difficile est d’y penser. Il s’agit d’une sorte d’hygiène de vie qui permet de tout faire dans la vie courante, sans solliciter la région douloureuse. Rapidement un patient bien informé pourra éviter la plupart des situations à risque sans même s’en rendre compte.

Quels sont les principes du traitement ?

En cas de crise le traitement est palliatif : des anti-inflammatoires, des antalgiques.

Mais le vrai traitement consiste à modifier les conditions de travail du genou, en agissant sur le seul élément susceptible de se transformer : le muscle. Le renforcement du quadriceps, muscle de la cuisse, est essentiel. Cela demande un travail quotidien et prolongé pendant au moins 3 mois. Le but est de diminuer les forces de frottement de la rotule en modifiant sa trajectoire pendant la flexion. Le résultat ne peut être acquis et rester durable qu’en cas d’acquisition réelle de masse musculaire, et tous les sportifs savent que ce travail est long. On peut le suivre en mesurant le diamètre du muscle 15 cm au dessus de la rotule grâce à un mètre de couturière. Cela est motivant de suivre ses progrès. On ne peut par définition guérir puisqu’on ne peut pas faire régénérer le cartilage. Le plus simple consiste à s’allonger à plat dos sur son lit et à faire des battements en décollant le talon, la jambe bien droite. On ne peut malheureusement pas faire travailler la cuisse autrement que le genou bien droit en extension car les mouvements de flexion extension alternatifs font monter et descendre la rotule et aggravent l’usure du cartilage. Il faut faire au moins deux cent battements par jour pour que cela soit efficace. La nage régulière est un excellent exercice. Il faut bien sûr pratiquer le crawl, puisque les genoux sont en extension, et pas la brasse à cause des mouvements alternatifs en flexion et en extension. C’est le même problème pour la pratique du vélo dont les mouvements répétés du genou provoquent une montée et descente de la rotule et une accélération de l’usure.

Existe t’il des médicaments pour le cartilage ?

Certains médicaments sont disponibles, mais sont peu utiles pour les grosses articulations. Ils sont plus efficaces par exemple pour l’arthrose des doigts.

Peut-on compter sur la greffe de cartilage ?

Celle-ci hélas n’est pas de pratique courante. Des études concernant les cultures cellulaires sont en cours, certaines greffes sont rarement possibles en prélevant sur le patient lui-même.

Faut-il faire de la réeducation ?

Oui, certainement le kinésithérapeute est utile dans la prise en charge de cette pathologie, autant pour surveiller la qualité des mouvements à produire, et accompagner le patient pendant cette longue période, en général de 3 mois. Bien souvent les conseils compris au départ sont oubliés et « une remise dans le droit chemin », régulière utile.

En revanche la fréquence des séances, ne doit pas être trop élevée, pour ne pas fatiguer trop vite le patient. En effet l’effort à fournir est en général de trois mois. Trois séances par semaine semblent être un maximum. Elles ne remplacent d’ailleurs en rien le travail personnel.

Quelle est la place de la chirurgie ?

Celle-ci est rarement indiquée, et doit toujours être précédée d’une rééducation de bonne qualité suffisamment prolongée. Celle-ci est assez efficace dans la grande majorité des cas. Le principe général de la chirurgie est de diminuer les forces qui s’exercent sur le cartilage de la rotule. Les deux interventions les plus souvent réalisées sont les suivantes : la section d’un formation fibreuse appelée aileron rotulien à la partie extérieure du genou, et le déplacement vers l’intérieur de l’attache osseuse du tendon rotulien. Cela améliore dans les deux cas la qualité de la trajectoire de la rotule lors de mouvements du genou. Le scanner avec des prises de mesures spéciales aide à choisir la meilleure intervention.

Conclusion

Les douleurs rotuliennes sont très fréquentes. Une bonne compréhension des circonstances de déclenchement, ainsi qu’une musculation de bonne qualité sont suffisants en général pour soulager le patient.
La chirurgie est réservée aux rares échecs de la rééducation.

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